La déception se lisait sur le visage des joueurs du Rouge et Or après la défaite contre les Carabins, samedi dernier.

Photo : La déception se lisait sur le visage des joueurs du Rouge et Or après la défaite contre les Carabins, samedi dernier. Crédit : Daniel Mallard/Agence QMI

Football universitaire RSEQ

La fin d’une dynastie?

La fin d’une dynastie?

Charles-Antoine Sinotte

Publié 18 novembre 2015
Mis à jour 18 novembre 2015

Pour la première fois de son histoire, le prestigieux programme du Rouge et Or de l’Université Laval vient de perdre deux Coupes Dunsmore consécutives.

Avant la défaite historique de 2014, le Rouge et Or avait gagné 11 Coupes Dunsmore consécutives et sept Coupes Vanier en 11 ans. On pouvait facilement parler d’une dynastie.

La domination du Rouge et Or peut s’expliquer de nombreuses façons. Sans tomber dans un long débat, l’élément primordial des nombreuses années de succès a été le recrutement. Le programme de l’Université Laval a su attirer les meilleurs joueurs de football des quatre coins de la province avec une offre incomparable.

Aucune autre université n’offrait une expérience académique, sportive et sociale aussi complète. Dans cette bataille du recrutement, la balance finissait toujours par pencher vers Québec.

Avec un grand nombre d’entraîneurs à temps plein, un encadrement de premier plan, des installations incomparables et une ambiance de match incroyable, le Rouge et Or était à des années-lumière des autres équipes.

Ça aura pris du temps, mais les autres universités ont finalement décidé de suivre la parade, en commençant par le programme de l’Université de Montréal, qui a revu sa façon de faire et a su offrir quelque chose de pratiquement aussi alléchant aux finissants collégiaux.

En plus d’avoir la mainmise sur les joueurs de Québec, le Rouge et Or est longtemps venu sortir un grand nombre de joueurs de Montréal. Pour la plupart, des joueurs qui ne souhaitaient pas absolument sortir de la métropole, mais qui voulaient vivre l’expérience unique du Rouge et Or.

Force est d’admettre que la donne a changé. Plusieurs d’entre eux ont plutôt penché pour les Carabins dans les dernières années.

En feuilletant la formation complète des Carabins, on se rend compte que 61 des 83 joueurs proviennent des cégeps de Montréal et des alentours.

Et les autres

Dans les deux dernières années, les programmes de Concordia et de McGill ont également décidé de suivre et ont fait un grand ménage. Les deux ont embauché de jeunes entraîneurs-chefs qui sont en train de réussir quelque chose qui n’avait pas été fait depuis le début des années 2000.

En effet, dans les derniers mois, ils ont réussi à s’asseoir à la même table que les Carabins et le Rouge et Or, et ainsi convaincre certains des meilleurs joueurs collégiaux. Encore là, le Rouge et Or continue de gagner plusieurs batailles de recrutement, mais ce n’est plus systématique comme cela a longtemps été le cas.

Malgré tout, le Rouge et Or n’a pas nécessairement à se remettre en question. Ce n’est pas tant qu’ils font moins bien les choses qu’avant, c’est plutôt les autres qui se battent maintenant à armes égales.

La préparation

La préparation et les plans de match du personnel du Rouge et Or étaient d’autres éléments qui permettaient ce règne depuis près de deux décennies. Le programme dominait ses adversaires à tous les points de vue : exécution, discipline, protection du ballon, positionnement sur le terrain, départs canons, ajustements en deuxième mi-temps, habilité à sceller la victoire en fin de match.

On avait rarement vu l’équipe faire autant d’erreurs que dans les deux dernières Coupes Dunsmore. Force est d’admettre que ce sont plutôt les Carabins qui ont eu l’avantage dans la majorité de ces catégories récemment.

Encore là, ce ne sont pas les entraîneurs de Québec qui ont échoué, mais plutôt ceux des Carabins qui ont remporté la bataille. L’Université de Montréal s’est dotée d’un personnel d’entraîneurs et de soutien capable de rivaliser avec la troupe de Constantin.

Si on ne risque plus de voir le programme du Rouge et Or dominer outrageusement année après année, il demeure quand même une puissance canadienne et n’est surtout pas à montrer du doigt pour la défaite de samedi dernier.

C’est en grande partie grâce à lui si les Carabins sont eux aussi devenus une des grandes organisations du football québécois et canadien. En développant la recette gagnante au football universitaire, le Rouge et Or a amené son sport à un autre niveau, mais a en quelque sorte mis fin à sa propre dynastie.

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