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Bonsoir... il a écrit!

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Rodger Brulotte n’a jamais voulu écrire un livre. Toutefois, un certain Jean Béliveau lui répétait souvent qu’il le devrait. Au lendemain de la mort du légendaire ex-joueur du Canadien de Montréal, l’analyste de baseball s’est mis à l’écriture. Et c’est comme ça qu’est né «Bonsoir...».

Ce livre n’est pas une biographie, tient-il à souligner.

«Je répondais toujours à Jean Béliveau que ça ne me tentait pas, mais il disait que je devais laisser derrière l’histoire des Expos. Ce n’est donc pas mon histoire, parce que pour avoir une biographie, il faut que tu aies fait quelque chose dans le monde. Moi, je n’ai rien fait, à part du baseball! Alors, c’est de ça dont je parle», a-t-il dit, lundi soir, durant le lancement.

Plusieurs personnalités du monde du sports étaient d’ailleurs présentes à cet événement. Et évidemment, comme la vedette de la soirée connaît tout le monde, il était bien difficile de la garder pour une entrevue. Celle-ci a donc été interrompue plus d’une fois, pour que l’auteur puisse aller saluer ses nombreux amis. Du Rodger Brulotte tout craché!

Son livre se veut donc plus anecdotique. On y retrouve des histoires, souvent comiques, sur des gérants et joueurs des Expos qu’il a côtoyés pendant tant d’années. Bien sûr, le départ de «Nos Amours» est aussi évoqué, ainsi que les raisons qui ont mené au déménagement de l’équipe à Washington.

Youppi!, sa fierté

S’il y a une chose dont il est fier, c’est l’existence de Youppi!. Dans le livre, il raconte comment ce célèbre personnage est né. C’est Roger D. Landry et lui qui ont mené à la création de l’ancienne mascotte des Expos, devenue celle du Canadien. Youppi!, ce n’est pas leur bébé; c’est encore plus que ça, insiste-t-il.

«Youppi!, c’est une tradition qui est là pour toujours au Québec. C’est la chose la plus importante qu’on a faite. On a aidé des enfants malades, réuni des familles. Le père Noël est là le 25 décembre. Youppi! est là les 364 autres jours! De par son impact, c’est ma plus grande fierté», a-t-il admis.

La théorie des «six degrés de séparation» estime que chaque personne sur le globe n’est qu’à six poignées de main de n’importe qui. Cependant, dans le cas du chroniqueur sportif, il n’y a souvent qu’un degré qui le sépare de plusieurs personnalités influentes!

Rencontrer un président des États-Unis, c’est plutôt rare. Rodger Brulotte – ou le petit gars des Loisirs Saint-Eusèbe, comme il se plaît à le répéter – en a plutôt rencontré cinq.

«Le baseball m’a donné une chance, celle que les gens viennent me voir. Je suis choyé. Quand j’ai rencontré les présidents des États-Unis, je me suis présenté et aussitôt que j’ai dit "Expos", tout s’est ouvert», a-t-il confié.

Le baseball lui a aussi permis de rencontrer des vedettes du cinéma et de nombreux politiciens du Québec et du Canada.

Tout partout

La chronique de Rodger Brulotte dans le Journal de Montréal s’intitule «Tout partout en ville», mais à la lecture de son livre, on réalise qu’il est «tout partout», point.

Puisqu’il a voyagé aux quatre coins de l’Amérique du temps des Expos, il a également été témoin de quelques drames, qu’il relate dans son livre.

Il était à San Francisco pour la Série mondiale lorsqu’un puissant tremblement de terre a détruit une partie de la ville en 1989. Il se trouvait à Denver la journée où la fusillade de Columbine a eu lieu. Et il était également sur la galerie de presse lorsque l’arbitre John McSherry s’est écroulé, foudroyé par un arrêt cardiaque en plein match.

Mais il y a aussi eu de très beaux moments, qui ont donné lieu à de grandes amitiés. Parmi eux, les débuts de la carrière de Céline Dion, qui a d’ailleurs chanté les hymnes nationaux avant les matchs inauguraux des Expos pendant quelques années. La chanteuse et son mari René Angélil sont devenus depuis très proches du coloré analyste.

D’ailleurs, le célèbre couple a réussi à émouvoir Rodger Brulotte aux larmes lors de son lancement en lui envoyant un bouquet de fleurs accompagné d’un message touchant, pour lui démontrer à quel point ils étaient fiers de lui.