Football universitaire RSEQ

L’arbre généalogique du football québécois

L’arbre généalogique du football québécois

Charles-Antoine Sinotte

Publié 18 septembre 2015
Mis à jour 18 septembre 2015
La percée de Laurent Duvernay-Tardif dans la NFL est un autre témoignage de la pépinière de talent qu’est devenu le Québec. La province a fait des pas de géants depuis une vingtaine d’années. Si les joueurs québécois dans les rangs professionnels sont cités pour démontrer l’effervescence du sport, on oublie souvent le travail des entraîneurs québécois. La majorité d’entre eux ont d’ailleurs un lien particulier.
 
Ce samedi 14h, vous verrez en action deux des meilleures équipes au pays. Le Vert & Or (9e au pays) se rend au Cepsum pour affronter les Carabins (4e au pays). La plupart des entraîneurs sur les lignes de côtés auront en commun un homme : Jacques Dussault.
 
L’ancien entraîneur des Alouettes, des Concordes, de la Machine, des Iron Masks de Cannes, des Carabins, des Spartiates du Vieux-Montréal, des Mounties de Mount Allison, de l’Académie les Estacades, et j’en passe, a eu un impact de près ou de loin sur nombre d’entres eux. Pour plusieurs, il leur a offert une première chance.
 
De son propre aveu, l’ouverture qu’a eue Dussault à faire confiance à de jeunes entraîneurs provient de ses premières expériences dans le milieu.
 
Originaire de Québec, il a décidé de quitter sa ville natale en 1969 pour se rendre à Trois-Rivières. Il a ensuite poursuivi sa route du côté des Universités d’Ottawa, McGill et d’Albany State (NCAA) avant de se faire une place chez les Alouettes en 1981. À chacun de ses arrêts, il était un peu le mouton noir de la troupe.
 
Le milieu du football était en quelque sorte une chasse gardée à son arrivée à Trois-Rivières. À Ottawa et à McGill il a dû faire sa place avec un anglais approximatif. À Albany State, le football canadien ne résonnait pas tellement chez ses nouveaux collègues. De retour à Montréal, il devenait le premier entraîneur québécois avec les Alouettes.
 
À chacune de ces occasions, c’est son acharnement, son intelligence et son éthique de travail qui lui ont ouvert les portes et non ses expériences antérieures. Il a tracé son chemin à la dure.
 
Ce samedi au CEPSUM
 
Ce sont les mêmes caractéristiques qu’il a vues en David Lessard, entraîneur-chef actuel du Vert & Or, lorsqu’il lui a offert un poste avec les Carabins comme responsables des porteurs de ballon et de la vidéo. Le programme des Carabins venait de renaître. Lessard avait à peine 23 ans. À l’époque, les deux comptaient d’ailleurs sur un jeune porteur de ballon du nom de Mathieu Pronovost, aujourd’hui coordonnateur à l’attaque à Sherbrooke.
 
Même scénario lorsqu’on regarde le personnel 2015 des Carabins. Lors de son passage à la tête du programme du Vieux-Montréal, Dussault comptait notamment sur Fabrice Raymond, actuel entraîneur des demis défensifs des Bleus.
 
À la recommandation de Dussault, les Carabins ont offert à Jean-Alexandre Boucher d’assister les secondeurs ainsi que les unités spéciales pour la saison. Il était le co-coordonnateur défensif de l’Académie les Estacades lorsque Dussault a amené le programme en première division juvénile.
 
Si la ligne à l’attaque des Carabins est devenue une force depuis 2 ans, c’est en partie grâce à son entraîneur Tony Addona. L’ancien entraîneur-chef et directeur des sports de l’Université Bishop’s avait été identifié en 1993 comme un candidat de choix de Jacques Dussault lorsque ce dernier a formé la première édition de l’équipe provinciale junior de football.
 
C’est pour les mêmes raisons que Dussault s’était rendu à l’époque Chez Pietro à Montréal pour discuter avec un jeune entraîneur de 26 ans. Il était alors tombé sous le charme d’un certain Danny Maciocia. Il lui avait aussi offert un poste avec l’équipe du Québec.
 
Dussault et Maciocia se sont ensuite retrouvés avec les Cougars de St-Leonard. Leur quart-arrière de l’époque était un certain Marco Iadeluca, coordonnateur à l’attaque des Carabins depuis 2011. Dussault avait d’ailleurs embauché son jeune cousin, Adamo Iadeluca, comme porteur d’eau. Le cadet de la famille fait aujourd’hui aussi partie du personnel entraîneur à l’Université de Montréal.
 
L’association entre Dussault et Maciocia s’est poursuivie à trois reprises avec les Iron Masks de Cannes en France, les Alouettes de Montréal et les Carabins.
 
La dernière expérience fut de courte durée. Après avoir accepté le poste de premier coordonnateur offensif des Carabins suite à la renaissance de l’équipe, Macioca avait dû revenir sur sa décision puisque les Eskimos d’Edmonton lui avaient offert le même poste.
 
L’édition 2002 des Carabins devenait d’ailleurs la première au Québec à embaucher un entraîneur spécialisé pour les botteurs. Denis Boisclair amorçait ainsi son association avec les Carabins qui dure d’ailleurs depuis maintenant 14 saisons.
 
Une empreinte sur la ligue
 
Si les Carabins et le Vert & Or comptent sur plusieurs protégés de Jacques Dussault, son lègue est bien plus vaste.
 
En plus d’avoir identifié Addona et Maciocia comme jeunes entraîneurs prometteurs lors des débuts des équipes du Québec, Dussault avait fait de même avec Glen Constantin et Carl Brennan, respectivement entraîneur-chef et entraîneur de la ligne à l’attaque du Rouge et Or. Leur collègue à l’Université Laval, Spiro Feradouros, faisait lui partie du personnel de Dussault avec les Carabins.
 
Feradouros partageait à l’époque le vestiaire des Carabins avec Frédéric Cousineau, Ted Karabatsos, Jean-Vincent Posy-Audette et André Bolduc. Les 2 premiers sont maintenant avec les Stingers de Concordia, les 2 derniers avec les Alouettes de Montréal. Ils avaient tous été embauchés par Dussault. Frédéric est d’ailleurs le grand frère du quart de 5e année des Carabins Gabriel Cousineau.
 
Celui qui est maintenant analyste des matchs des Alouettes à la radio a même influencé l’attaque des Gaiters de Bishop’s lors de son passage dans les Maritimes. Brent Bailey, coordonnateur offensif de l’équipe depuis 3 ans, était le quart-arrière de Dussault avec les Mounties de Mount Allison à la fin des années 80.
 
Lorsqu’on lui parle de la fierté de voir ses ‘’protégés’’ avoir du succès, Jacques Dussault prend plutôt le temps de les remercier pour l’avoir forcé à rester actuel, en le mettant au défi toute sa carrière.
 
Son objectif était simplement d’offrir quelque chose qui n’était pas disponible au Québec lorsqu’il a lui-même voulu faire du football, sa profession. On peut dire que c’est mission accomplie.
 
En traçant l’arbre généalogique du football actuel au Québec on se doit de rendre hommage à celui qu’on surnomme Le Coach.
 
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