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Pool : les 10 joueurs les plus surévalués pour la saison 2015-16

Matt Larkin / The Hockey News

Publié | Mis à jour

La saison des pools de hockey approche à grands pas et pour vous aider dans votre préparation, voici la liste des joueurs surévalués.

L’an dernier, j’avais surnommé ce groupe «les joueurs à éviter». Cela a mené à une mauvaise compréhension voulant qu’ils soient tous de mauvais joueurs. Je ne voulais pas dire qu’ils étaient des incapables. Je voulais seulement indiquer qu’ils étaient souvent repêchés beaucoup trop tôt par rapport à leur véritable valeur.

Malgré tout, les critiques des lecteurs ont été entendues. Pour éviter toute confusion, nous allons qualifier les membres de ce top 10 de joueurs «surévalués» et non de joueurs à éviter.

Dans un pool, je définis un choix surestimé selon deux critères :

1- Les joueurs dont la production ne correspond pas à leur rang de sélection

2- Les joueurs qui sont choisis devant des athlètes qui produiront davantage qu’eux

Avec cela en tête, passons en revue les joueurs que je considère risqués, c’est-à-dire qu’ils vous rapporteront moins que ce que vous avez investi en eux. Rappelez-vous qu’il ne s’agit que d’un pool et que cette liste ne reflète pas nécessairement leur valeur dans le monde réel.

10 – Darnell Nurse

Il n’y a rien de mal à choisir Nurse, un espoir alléchant des Oilers d’Edmonton à ligne bleue, dans un pool «keeper». C’est une très bonne idée en fait. Dans un repêchage traditionnel par contre, soyez très prudents. Nurse a plusieurs prises contre lui. (a) C’est un colosse de 6 pi 6 po et les défenseurs de cette taille ont besoin de temps pour développer leur talent. Ce fut le cas avec Ed Jovanovski, Chris Pronger et Zdeno Chara, par exemple. (b) Les Oilers possèdent déjà beaucoup de défenseurs établis dans la LNH, comme Andrej Sekera, Justin Schultz, Andrew Ference, Mark Fayne, Nikita Nikitin, Oscar Klefbom et le nouveau venu Eric Gryba. Nurse et la recrue Griffin Reinhart les surpasseront probablement tous un jour, mais il y a beaucoup de joueurs devant eux en ce moment. Simplement faire l’équipe serait une grande victoire pour Nurse.

9- Chris Kunitz

Kunitz est encore très respecté parmi les poolers. Évidemment, ils s’attendent à ce qu’il performe à plein régime en compagnie de Sidney Crosby et fasse partie d’un trio redoutable avec Phil Kessel. Cela pourrait bien arriver et Kunitz pourrait rebondir de belle façon en 2015-2016. Mais à ce stade de sa carrière, il est un joueur dépendant de ses compagnons de trio, ce qui est à éviter. À la minute où il sera relégué au deuxième ou troisième trio, sa valeur chutera dramatiquement. Il n’est pas certain non plus qu’il fasse partie des six meilleurs attaquants des Penguins, ce qui lui permettrait d’évoluer avec Crosby ou Evgeni Malkin. Kunitz aura 36 ans au début de la saison et sa production de buts a décliné de 35 à 17 l’an dernier. Cela ne pourrait être qu’un incident de parcours, mais il est plus probable qu’il ait amorcé son déclin.

8- Andrew Hammond

Je ne comprends décidément pas. Non seulement Hammond se retrouve-t-il dans certains classements devant des gardiens partants comme Cam Talbot, Jonathan Bernier et Petr Mrazek, mais il devance aussi son coéquipier Craig Anderson. Le «Hamburglar» a été exceptionnel la saison dernière, menant les Sénateurs d’Ottawa en séries, mais Anderson a regagné son poste de numéro un en séries. Le fait que le directeur général Bryan Murray ait  échangé l’auxiliaire Robin Lehner et conservé Anderson est une preuve que ce dernier aura la chance d’être le gardien partant. Il est inexcusable de choisir Hammond avant Anderson.  Faites vos devoirs. Ne choisissez pas Hammond, à moins qu’Anderson se blesse à nouveau.

La magie Hammond opère à nouveau - TVA Sports

7 – T.J. Brodie et Dennis Wideman

Les amateurs de pools semblent sous-estimer l’effet Dougie Hamilton à Calgary. Plus d’une fois, j’ai argumenté avec des partisans des Flames sur Twitter à propos de la véritable valeur de T.J. Brodie. Oui, il forme un duo intéressant avec Mark Giordano, mais Brodie n’était plus le même lorsque son compagnon s’est blessé. Il avait amassé 35 points en 61 matchs au moment où Giordano est tombé au combat. Après sa blessure? Six points en 20 parties. Oui, Giordano est de retour en santé et il sera probablement jumelé à nouveau à Brodie. Mais ce dernier semble dépendant des autres pour assurer sa production offensive. Il est un très bon défenseur, mais pas une véritable arme offensive à exploiter dans un pool. Lorsque Hamilton aura la chance de jouer avec Giordano, Brodie ne servira plus à grand-chose.

Restons à Calgary où les statistiques de Dennis Wideman ont été gonflées artificiellement la saison dernière. Sa récolte de 56 points semble incroyable, mais il a obtenu 19 points en autant de matchs lorsque Giordano s’est blessé et qu’il passait en moyenne 27 minutes sur la glace par rencontre. Wideman devrait retourner à sa production normale, soit environ 40 points.  C’est un choix intéressant, mais il ne devrait pas être sélectionné avant Andrei Markov, Torey Krug ou John Klinberg.

6 –Patrick Sharp

Sharp est un vrai gagnant et il a connu une carrière solide. Mais il a maintenant 33 ans et il a disputé en moyenne 17 matchs éliminatoires par année depuis la saison 2008-2009. Doit-on assumer qu’il produira assurément 30 buts en tant qu’ailier gauche de Jason Spezza? Je ne crois pas. Il est ridicule de constater qu’il est souvent choisi avant des joueurs comme Brandon Saad, Jaden Schwartz et Ondrej Palat.  Les meilleures années de Sharp sont derrière lui. Ne payez pas trop cher pour ses services.

5 – Patrick Marleau

Un autre vétéran ailier gauche nommé Patrick, mais trois ans plus vieux que Sharp. Marleau n’a pas raté un seul match à ses six dernières saisons et demeure dans les six meilleurs attaquants de son équipe. Mais lorsqu’à 36 ans, on passe de 33 à 19 buts, de 70 à 57 points et d’une équipe prétendante à la Coupe Stanley à une équipe qui ne participe pas aux séries, il est normal que notre valeur diminue. C’est un choix dangereux.

4 – Kari Lehtonen

Un classique parmi les choix irréfléchis. Je n’évite pas Lehtonen parce qu’il a connu une baisse de régime en 2014-2015, mais plutôt parce que sa propre équipe songe à limiter son nombre de départs. Le DG des Stars de Dallas Jim Nill a embauché Antti Niemi à 4,5 millions $ par année pour seconder Lehtonen et surmonter la fatigue due au voyagement. Malgré tout, plusieurs poolers choisissent Lehtonen avant plusieurs gardiens qui vont jouer plus que lui. Une mauvaise idée.

3 – Drew Doughty

Mark Streit, un vétéran de 37 ans, a obtenu plus de points que Doughty lors des quatre dernières saisons.  Doughty est classé au septième rang du classement des défenseurs alors que Streit est 27e.  Je ne vous dis pas de choisir Streit avant Doughty, mais soyez conscient qu’il y un  écart entre les talents réels d’un joueur et sa valeur dans un pool.  Je choisirais Doughty avant tous les autres défenseurs de la Terre si j’étais responsable d’une équipe de la LNH. Dans un pool par contre? Il est constamment surévalué. Doughty n’a pas franchi le cap des  50 points depuis la saison 2009-10, la seule fois de sa carrière. Streit y est parvenu trois fois.

Doughty marque d'un code régional différent - TVA Sports

2 – Ryan Miller

Sa récolte du trophée Vézina en 2010 et sa performance étincelante aux Jeux olympiques exercent toujours un attrait sur les poolers. Mais Miller n’est plus le même gardien depuis ce temps. Il a été correct lors de sa première saison avec les Canucks de Vancouver et une blessure au genou lui a coûté les six dernières semaines de la saison. À 35 ans, ces meilleures années sont derrière lui et les joueurs autour de lui ne sont plus aussi performants. Les victoires seront plus difficiles à accumuler et ses statistiques sont en déclin depuis plusieurs années. Voilà plusieurs points négatifs pour un joueur qui d’être choisi en même que Semyon Varlamov et Steve Mason.

1 – Keith Yandle

Keith Yandle a été un choix sous-estimé pendant des années. De 2009-10 à 2014-15, avec les Coyotes de l’Arizona, il a récolté en moyenne 10 buts et 50 points en 82 parties. En 40 matchs avec les Rangers, il a enfilé quatre buts et 22 points. Ces chiffres ne sont pas à dédaigner, mais Yandle doit maintenant partager son temps de glace avec la meilleure unité défensive de la ligue, qui comprend Ryan McDonagh, Dan Girardi, Marc Staal, Dan Boyle et Kevin Klein. Après avoir joué en moyenne 22 minutes par match avec les Coyotes, il a été limité à 19:56 minutes chez les «Blue Shirts», et 18:10 minutes en éliminatoires. Sa moyenne de 2,24 tirs au but était sa plus basse depuis 2009-10. Yandle n’est pas flop pour autant – il mène les Rangers pour le temps de jeu en supériorité numérique- mais ses services ne sont plus aussi essentiels que dans le passé, ce qui fait de lui un joueur surévalué. La production d’un joueur à 5 contre 5 est toujours plus stable que la production en avantage numérique et c’est un bien mauvais signe de voir que le temps de jeu de Yandle à force égale a diminué dramatiquement (trois minutes de moins à New York qu’en Arizona). Il ne sera pas dans une de mes équipes en 2015-16.

Article original de «The Hockey News»