Impact

Klopas, le bouc émissaire

Klopas, le bouc émissaire

Fréderic Lord

Publié 30 août 2015
Mis à jour 30 août 2015

«Notre problème, c’est qu’on s’enflamme trop dans les bons moments et qu’on plonge au fond du baril à chaque mauvaise performance.»

La citation est d’un joueur du XI montréalais.

Est-ce qu’encore une fois, l’émotion a pris le dessus?

En ce dimanche matin, l’Impact se réveille au septième rang de l’Association de l’est de la MLS. À un point du sixième et dernier rang qui donne accès aux séries... avec quatre matchs en main.

Trop tôt pour appuyer sur le bouton panique?

Les faits

Depuis un moment du côté du club, on nous répète que les décisions techniques sont prises «en collégialité». C’est-à-dire que toutes décisions ayant à trait au secteur sportif sont discutées en comité, en groupe.

«Personne n’impose rien à personne», nous a assuré un membre de l’organisation.

De l’extérieur, on peut confirmer ceci : Adam Braz et Nick De Santis assistent quotidiennement aux entraînements. Ils sont à même de juger du travail abattu dans les entraînements.

Les réunions sont nombreuses après ceux-ci et Mauro Biello et Enzo Concina et y sont toujours conviés. En ce sens, s’il y a des ajustements technico tactiques à apporter, on peut spéculer que l’ensemble du personnel technique tient la barre et que les rectificatifs peuvent être faits illico presto.

Donc, la faillite de Klopas n’est pas d’un point de vue technique? Ses changements en cours de match? Ça aussi, on doit en parler régulièrement, non?

L’objectif

À la fin 2014, après une année catastrophique, on semblait avoir demandé à Frank Klopas de redresser la barre.

Pourquoi est-il resté en place après une si mauvaise saison alors que d’autres avaient payé cher leurs approximations ou leurs résultats en demi-teintes? À ce jour, la question reste entière.

Mais demeure un fait : en étant confirmé entraîneur et directeur du personnel des joueurs – autre titre sibyllin dont le club a le secret – Klopas a reçu la mission de rebâtir les fondations de l’équipe première?

Donc, si on suit toujours, se charger en partie du recrutement et d’établir les grandes lignes de cette fameuse «philosophie» dont les commentateurs ont amplement parlé ces dernières semaines.

A-t-il embrassé cette tâche en «comité» où s’est-il retiré dans un couvent dans la région de Lanaudière pour y penser seul dans son coin?

Personnellement, je n’ai jamais entendu Klopas prononcer le nom «Saint-Jean-de-Matha».

Qui voulait quoi?

En fait, qui a tenu ces dernières années le volant de cette équipe? Qui s’est occupé du recrutement des joueurs?

En décembre dernier, ça semblait être Klopas.

À ce moment, Braz n’était pas revenu dans le giron du club et on était encore un peu gêné de dire que De Santis était engagé dans le côté sportif du club (ceci dit, est-ce que le terme « Relations internationales » inclut les États-Unis?).

Au début août, à la dernière journée de la fenêtre des transferts, on a demandé à Klopas en mêlée de presse s’il fallait s’attendre à d’autres transactions. Réponse : «Ce n’est pas à moi qu’il faut demander.»

À qui donc? Au directeur technique recrue?

Est-ce qu’on demande au jeune Anthony Jackson-Hamel de porter l’équipe sur ses épaules? Non!

Est-ce la même réflexion pour les employés de bureau du bleu-blanc-noir?

À ce point-ci, il semble que Klopas soumettait une liste de demandes pour ses partenaires du «comité».

Et quel était son souhait premier, répété ad nauseam pendant les semaines qui ont précédé?

Un attaquant!!!

En vertu des défis qu’on a lancés à Klopas en début d’année (redresser la barre, asseoir la philosophie du club, etc., etc.), ne serait-il pas juste de lui laisser l’occasion d’insérer Didier Drogba sur sa feuille de match pour voir de quoi il se chauffe avec un #9 digne de ce nom?

Semble que non. En fait, Klopas ne pourra tirer de bénéfices de la plus grosse signature de l’histoire du club.

Surpris? Rappelez-vous le communiqué de presse annonçant l’arrivée de l’Ivroirien. Est-ce qu’il était mentionné? Non, Braz et De Santis étaient ceux qui avaient annoncé cette bonne nouvelle aux partisans.

Et si ça avait mal tourné, on aurait envoyé Richard Legendre.

La suite des choses

Est-ce que Mauro Biello peut stabiliser la barque pour le bleu-blanc-noir?

Considérant toujours qu’on travaille en comité, faut-il en comprendre qu’il n’a pas été en mesure de faire valoir ses opinions avec les quatre (!?!) entraîneurs qu’il a assistés?

Est-ce que Marc Dos Santos, Jesse Marsch, Marco Schällibaum et Frank Klopas étaient à ce point bornés dans leurs idées?

Il semble aussi que Biello était responsable des phases de jeu arrêtées au club. Si tel est le cas, son bilan est assez médiocre.

Avons-nous besoin de rappeler qu’en 2014, l’Impact a réussi l’exploit de ne pas marquer dans ce genre de situation et qu’il est toujours dans le dernier tiers des clubs de la MLS à ce chapitre en 2015?

Biello est une légende du club. Chaque employé, chaque joueur, voire chaque partisan lui doit, à ce titre, un immense respect.

En fait, je dirais la même chose à propos de Patrice Bernier...

Faire mieux?

Au final, Biello a beau jeu.

Certes, sa prise en charge du club risque d’alléger l’atmosphère... pour le moment. Biello est (et a toujours été) une personne appréciée par les joueurs et les différents intervenants du milieu, moi le premier.

Quel sera son objectif? Êtres des séries? Il faudrait être bien maladroit pour rater une qualification à ce moment-ci.

Bref, Biello est dans une position quasi parfaite pour obtenir un certain succès au cours des prochains mois, si ce n’est qu’avec le retour de Nacho Piatti et l’arrivée définitive de Drogba.

Par contre, l’impression qui se dégage de cette décision, c’est qu’il ne fera qu’assurer l’intérim d’ici le prochain entraîneur en 2016.

À ce moment, saura-t-il retrouver une place dans les réunions techniques de l’équipe?

Parce qu’il est resté toutes ces années, malgré vents et marées, assistant entraîneur pour assurer stabilité et continuité au sein du club, c’est bien ça?

Allez, on continue.