Canadiens de Montréal

Prust s'en va, Kassian arrive

Jean-François Chaumont / Agence QMI

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Le directeur général du Canadien de Montréal, Marc Bergevin, n’avait pas les millions de dollars nécessaires pour se lancer à la course des «gros noms» sur le marché des joueurs autonomes. Dans un tel contexte, il a choisi une autre option: celle d’une transaction.

En ce 1er juillet, journée de magasinage dans la Ligue nationale (LNH), Bergevin a cédé l’ailier gauche Brandon Prust aux Canucks de Vancouver contre l’ailier droit Zack Kassian et un choix de cinquième tour au repêchage de 2016.

Il y a des aspects positifs à ce pacte, mais aussi un bon nombre de doutes. Commençons par le bon côté de la médaille.

Sur le plan financier, le Canadien a réalisé une opération intéressante en économisant 750 000 $. Kassian gagnera 2 millions $ cette saison, mais il en coûtera 1,75 million $ sur le plafond salarial. Prust, quant à lui, touchera un salaire de 2 millions $, mais il prendra 2,5 millions $ de l’enveloppe salariale des Canucks.

Il y a aussi l’âge qui représente un facteur important. À 24 ans, Kassian a sept ans de moins que Prust. En théorie, il devrait lui rester plus d’essence dans le réservoir. Ce n’est toutefois pas une garantie, puisque le gros ailier droit de 6 pi 3 po et 214 lb se battait contre de sérieux maux de dos la saison dernière.

Un immense potentiel

Repêché au premier tour par les Sabres de Buffalo en 2009 (13e au total), Kassian portait les couleurs des Canucks depuis trois ans. Il avait pris le chemin de Vancouver en échange d’un autre grand espoir à cette époque, Cody Hodgson.

Alexandre Burrows a partagé le même vestiaire que Kassian lors des trois dernières saisons en Colombie-Britannique. En entrevue, il a dressé un bilan réaliste de la nouvelle acquisition du CH.

«Zack a un potentiel énorme, a-t-il dit. Il a tous les outils. Il est gros, il patine bien, il a de bonnes mains, il a un bon flair offensif. Il a ce qu’il faut pour devenir un ailier de puissance. Un jour, il pourrait marquer 25 buts dans la LNH.»

«Pour obtenir du succès, il aura besoin de liberté de la part de son entraîneur, a-t-il poursuivi. Il y a deux ans, John Tortorella lui jouait dans la tête. Il voulait qu’il lance la rondelle en fond de territoire, qu’il frappe et qu’il jette les gants. C’est un gros ailier, mais il préfère le jeu en finesse. Il aime fabriquer des jeux dans la zone neutre.»

Et les moins...

Le ciel n’est toutefois pas uniquement bleu dans le cas de Kassian.

«Il manque un peu de constance de match en match, a admis Burrows. Dans les deux dernières années, il a eu des blessures au dos. Il arrivait à l'aréna avec deux grosses balles de tennis dans le bas du dos. Ça lui poussait dans le dos. Ça lui enlevait sa mobilité. Il avait de la misère à patiner. Il a consulté plusieurs médecins et thérapeutes pour son dos.»

«Il est généralement discipliné, mais ça lui arrive parfois que les fils se touchent, a enchaîné l’ailier des Canucks. À cet instant, il devient dangereux.»

En conférence de presse à Vancouver, le directeur général Jim Benning a noté la même faiblesse au sujet du nouveau numéro 8 du Tricolore.

«Il peut être un attaquant en puissance quand il est à son sommet, mais il ne se présente pas toujours, a-t-il mentionné. Après le départ de Kevin Bieksa pour Anaheim, nous ressentions le besoin d’ajouter de la robustesse et un joueur plus constant, c’est ce que nous obtenons avec Prust.»

À l’extérieur de la patinoire, Kassian ne traîne pas la réputation d’un ange. Les journalistes attitrés à la couverture des Canucks ont d’ailleurs abordé ce sujet avec Benning.

«Il a plus quitté notre équipe en raison de son manque de constance», a répliqué le directeur général.

Un bon coéquipier

À Montréal, Prust a toujours été décrit comme un coéquipier exemplaire. Il était un joueur aimé et respecté de ses pairs. À ce sujet, Kassian devrait rapidement faire sa place. C’est du moins l’opinion de Burrows.

«C'est un clown, il est drôle, a affirmé Burrows. C'est vraiment une bonne personne. Il a le cœur à la bonne place.»