LNH

La difficile conquête à la maison

Jean-François Chaumont / Le Journal de Montréal

Publié | Mis à jour

Henri Richard avait marqué deux buts. Jacques Lemaire avait obtenu un filet et une aide. Ken Dryden avait bloqué 31 tirs. Jean Béliveau soulevait la coupe Stanley pour une 10e fois à son dernier match dans la Ligue nationale de hockey (LNH). Le 18 mai 1971, le Canadien de Montréal avait brisé le cœur des partisans des Blackhawks de Chicago en l’emportant 3-2 au vieux Chicago Stadium lors du septième duel de la finale.

Depuis ce jour, les Hawks n’ont jamais eu l’occasion de brandir la coupe Stanley devant leur public. En 2013, ils ont bu du champagne dans la coupe lors du sixième match de la finale à Boston. Trois ans plus tôt, la bande à Jonathan Toews et Patrick Kane avait aussi célébré en territoire ennemi en éliminant les Flyers à Philadelphie, encore une fois lors d’une sixième rencontre.

La dernière conquête des Blackhawks à domicile remonte aussi loin qu’en 1938. Il y a de cela 77 ans. Même l’entraîneur-chef Joel Quenneville n’était pas né à cette date!

À la veille de ce sixième match contre le Lightning de Tampa Bay et avec une avance de 3-2 dans cette série, les Hawks restaient sensiblement calmes.

«Le but reste de gagner la coupe, ça ne fait aucune différence de finir une série à la maison ou sur la route, a mentionné Toews en conférence de presse, dimanche. À nos deux dernières conquêtes, nous avons réussi à gagner loin de Chicago. Nous avions bloqué toutes les distractions en nous concentrant uniquement sur le match. Nous aurons la même mentalité à notre prochaine rencontre.»

Le facteur expérience

Même si la coupe Stanley sera rangée dans une boîte quelque part dans le United Center et que des bouteilles de champagne reposeront au frais, Toews croit que ses coéquipiers et lui garderont sensiblement la même approche.

«C’est un peu plus difficile de ne pas y penser quand la coupe Stanley est dans l’édifice, mais nous avons assez d’expérience pour ne pas perdre notre concentration, a dit le capitaine des Blackhawks. Si nous ne pensons à rien d’autre que le match, nous aurons une bonne chance de gagner.»

«C’est pratiquement impossible de ne pas songer à l’enjeu, mais il faut essayer le plus possible de sortir ça de notre tête, a renchéri le défenseur Brent Seabrook. Il ne faut pas oublier que nous affrontons une très bonne équipe. Ce n’est pas un match comme les autres, mais nous devrons garder la même approche.»

Des rivaux coriaces

En bon capitaine, Toews a rappelé que son équipe n’a encore rien accompli.

«Le Lightning est une équipe redoutable, ils ont déjà signé de grosses victoires alors que la pression était grande, a ajouté le Franco-Manitobain. Je sais que Tampa jouera son meilleur match de la série. Nous devrons faire la même chose. À mes yeux, la prochaine partie représentera un véritable défi.»

Quenneville, quant à lui, ne passera pas la prochaine nuit à écrire un discours pour motiver ses joueurs.
«Mes discours n’ont jamais été bons, a lancé l’entraîneur-chef des Hawks. Je ne suis pas le meilleur avec les mots.»
11 ans plus tard

Si les Toews, Kane, Duncan Keith et Seabrook ont chacun trois bagues de la Coupe Stanley, Brad Richards visera un deuxième titre, mais un premier avec les Hawks. En 2004, Richards avait servi d’acteur-clé lors du triomphe du Lightning.

«À cette époque, j’étais encore jeune [24 ans] et je ne réalisais pas toute la magnitude d’une conquête de la Coupe Stanley, a rappelé Richards en français. Quand tu joues dans la LNH depuis 15 ans, tu sais que tes chances ne reviennent pas tous les ans. Je ne sais pas où je serai l’an prochain et je ne sais pas si dans deux ou trois ans je jouerai encore dans la LNH. Quand tu obtiens une chance, tu veux la saisir.»

Onze ans après son premier sacre, Richards aura maintenant l’occasion d’éliminer son ancienne équipe.