Tyler Johnson

Photo : Tyler Johnson Crédit : AFP

LNH

Johnson : c’était Tampa ou Chicago

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Il y a parfois de drôles de hasard dans la vie. Au mois de mars 2011, Tyler Johnson se faisait courtiser par une dizaine d’équipes de la Ligue nationale de hockey (LNH). Du nombre, il y avait le Lightning de Tampa Bay et les Blackhawks de Chicago.

Jamais repêché dans la LNH, Johnson a savouré sa revanche à sa dernière saison dans la Ligue junior de l’Ouest avec les Chiefs de Spokane. Deuxième marqueur du circuit à l’âge de 20 ans avec 115 points (53 buts, 62 passes), le joueur de centre américain s’est retrouvé au cœur d’un derby pour ses services.

«Il y avait six équipes qui m’offraient exactement le même contrat et quatre autres formations m’avaient fait une proposition un peu moins intéressante, avait-il expliqué lors d’une entrevue au Journal de Montréal au mois de mars dernier. À la fin, je jonglais entre les Blackhawks et le Lightning. J’avais regardé la profondeur des deux formations et j’estimais que j’avais plus de chances de réussir à Tampa. Je faisais aussi confiance à Steve Yzerman.»

Quatre ans après avoir dit oui à Yzerman, Johnson constitue l’un des acteurs clés du parcours du Lightning jusqu’en finale de la Coupe Stanley. Celui qui en théorie devait être trop petit pour atteindre la LNH trône même au sommet des buteurs et des marqueurs en séries avec ses 13 buts et 23 points.

Avant le début de cette finale, Johnson a reparlé de l’époque où il devait choisir sa destination.

«Je n’ai pas vraiment pensé à cette réalité, pour moi, il s’agit d’une histoire ancienne, a mentionné l’attaquant de 5 pi 9 po et 182 lb. Je ne sais pas si j’aurais suivi le même parcours si j’avais opté pour les Blackhawks à la place du Lightning. C’est toutefois assez drôle de constater qu’aujourd’hui, je me bats pour un championnat contre cette équipe. Quand tu prends un pas de recul, c’est vrai qu’il s’agit de tout un hasard.»

Le message d’Yzerman

Très franc dans ses réponses, Johnson a expliqué pourquoi il avait préféré de se joindre au Lightning à la place de l’équipe à Jonathan Toews et Patrick Kane.

«J’ai considéré plusieurs facteurs pour finalement choisir le Lightning, a-t-il dit. Je regardais mes options avec cette équipe à court terme et long terme. J’avais confiance en cette organisation et aux membres de la direction. J’ai vraiment été séduit quand j’ai reçu un appel de Steve Yzerman. C’était le plus gros argument pour me convaincre. Il avait aussi parlé à ma famille, il a agi avec beaucoup de classe. Je sentais qu’il voulait vraiment obtenir mes services.»

Johnson n’oubliera jamais sa conversation avec l’ancienne gloire des Red Wings de Detroit.

«Steve m’a dit plusieurs choses. Il m’avait admis qu’il ne m’avait pas vu jouer en personne, mais il se basait sur les rapports de ses recruteurs. Al Murray, le directeur du recrutement, lui avait dit de bonnes choses à mon sujet.»

«J’ai retenu un conseil de notre conversation: si tu travailles assez fort, tu finiras par obtenir ta chance. Il m’avait aussi rappelé qu’une fois que tu fais partie de l’organisation du Lightning, ton rang de repêchage n’a plus d’importance.

«Un choix de septième tour pourra faire son chemin, tout comme un choix de premier tour. Et un joueur qui n’a jamais été repêché, comme moi, aura la même chance.»

Johnson a finalement fait ses premiers pas à Tampa au mois de janvier 2013, près de deux ans après avoir signé un contrat de trois ans avec l’équipe.

Il aura joué 137 matchs dans la Ligue américaine à Norfolk et Syracuse avant de gagner son poste avec le Lightning. Et on connaît maintenant la suite de l’histoire.

Aucune blessure...

En quatre matchs contre les Hawks en finale, Johnson a obtenu deux points et présente un différentiel de +1. Depuis la deuxième rencontre, le numéro 9 a pris part à une seule mise en jeu.

Cette absence au cercle a fait naître des soupçons d’une blessure.

«Je suis correct», a-t-il répondu à ce sujet. Pourquoi, Jon Cooper mise-t-il sur Ondrej Palat pour cette tâche?

«Je ne suis pas très bon pour les mises en jeu, Ondrej est meilleur que moi, il me bat toujours lors des entraînements», a répliqué Johnson.

Si Johnson n’est pas un maître des mises en jeu à 49,7% en séries et 48,7% en saison, Palat l’est encore moins à 33,3% en séries et 28,6% en saison.