Coupe Memorial 2015

Un dernier au revoir pour le vieux Colisée

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As, Remparts, Nordiques, Citadelles et Rafales ont partagé la même scène pour la dernière fois, mercredi à Québec, pour dire «au revoir» à leur Colisée, qui les a accueillis dans leurs bons comme dans leurs mauvais moments.

À l’initiative des Remparts, une cinquantaine de hockeyeurs ayant chaussé les patins sur la patinoire de l’aréna de Limoilou à toutes les époques depuis son ouverture, il y a 66 ans, ont participé à une soirée de retrouvailles. Ils ont ensuite été présentés à la foule avec une vidéo relatant les grands rendez-vous sportifs et culturels de la place.

Chez les Chouinard, la soirée rebrassait bien des souvenirs. Deux générations ont profité du Colisée, que ce soit dans sa première forme ou dans l’actuelle. Après avoir fait la pluie et le beau temps chez les Remparts à la fin des années 1990, Éric Chouinard, fils de Guy, a ensuite endossé l’uniforme des Citadelles, à l’époque le club-école du Canadien.

«Ç’a une grande signification pour toute la famille, a lancé le patineur de 34 ans qui poursuit sa carrière en France l’hiver, tout en profitant des charmes de Cap-Rouge l’été. Je me rappelle les belles années qu’on a eues ici. On avait une équipe où les joueurs étaient très proches les uns des autres. Le tournoi (de la Coupe Memorial) est bien intéressant, le junior a changé.»

Aucune larme

Même si le Colisée représente pratiquement la moitié de son existence, Martin Madden, qui a notamment dirigé les Remparts, puis occupé le poste de directeur général des Nordiques, ne versera pas de larmes pour autant quand les portes de l’édifice se verrouilleront à jamais.

«Je ne suis pas quelqu’un de sentimental, a-t-il expliqué. Si tu veux progresser, il y a des choses qui vont changer. Depuis que les Nordiques sont partis, l’arrivée d’une nouvelle bâtisse revenait toujours. Moi, étant un amateur de courses de chevaux, que la nouvelle bâtisse soit sur le site de l’hippodrome, ça m’a frappé. Je ne suis pas une personne nostalgique. J’accepte la situation.»

Le Canadien curieux

Signe de l’intérêt des équipes de la LNH à l’égard du Centre Vidéotron, le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, et d’autres membres de l’organisation ont été vus à la sortie d’une visite privée du nouvel amphithéâtre, mercredi.

«Le Tigre» s’ennuiera de l’identité du Colisée

Michel Bergeron est revenu pour l’une des dernières fois dans sa «maison d’hiver» et un lot de souvenirs a refait surface dans sa mémoire.

L’ancien entraîneur des Nordiques aura un pincement au cœur quand le Colisée croulera sous le pic des démolisseurs d’ici quelques mois, une bâtisse qui, à ses yeux, possédait une âme propre à elle.

«Ce que j’aime du Colisée, c’est son identité, a-t-il émis. À l’époque, chaque amphithéâtre avait son identité, que ce soit le Forum de Montréal, le Garden de Boston, le Stadium de Chicago ou l’Auditorium de Buffalo. Le Colisée avait 10 000 places, puis on a réussi à le transformer en amphithéâtre de 15 000 places. C’est extraordinaire! Quand je pense qu’on va le démolir, (...) ça sentait le hockey et c’était confortable. Aujourd’hui, tous les amphithéâtres se ressemblent.»

Des premières inoubliables

Bergeron se rappelle encore très bien sa première visite derrière le banc du vétuste aréna. Une dégelée de 7-0 subie contre les Remparts lorsqu’il se trouvait à la barre des Draveurs de Trois-Rivières. Avec les Nordiques, son entrée en scène s’était soldée par un verdict nul de 3-3 contre les Canucks de Vancouver.

«Toutes les fois que je reviens ici, je fais le tour des couloirs. Ce sont des souvenirs extraordinaires. Puis, quand je vérifie si la balustrade que j’avais fait poser derrière mon banc pour mieux voir l’action y est encore. (...) Elle est encore là, avec des entraîneurs plus grands.»

Employé de la première heure des bureaux permanents de la LHJMQ au Colisée à la fin de la décennie 1970, le commissaire Gilles Courteau a raconté une anecdote savoureuse au sujet du mythique endroit.

«Après les matchs, on invitait l’entraîneur adverse à manger du poulet. Mais quand ça s’était mal passé avec les officiels, on fermait la porte et on s’en allait!»

Bien que Courteau soit emballé à l’idée que son circuit bénéficie d’installations modernes au Centre Vidéotron à compter de septembre, il ne sera pas insensible à la fermeture du Colisée.

«Ça va laisser un grand trou.»