Crédit : USA Today Sports

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Le petit gars de Gaspé

Publié | Mis à jour

Au repêchage de 2012 à Pittsburgh, Cédric Paquette ne disait pratiquement pas un seul mot d’anglais. Assis derrière un petit lutrin et avec son chandail et sa casquette du Lightning de Tampa Bay, le jeune homme originaire de Gaspé cherchait une façon d’exprimer son bonheur dans la langue de Shakespeare.
 
Encerclé par une petite poignée de journalistes de Tampa dans la zone réservée aux médias, Paquette n’arrivait pas à répondre aux questions en anglais. Mais son sourire illustrait mieux sa joie. Quelques minutes plus tôt, le Lightning l’avait réclamé au quatrième tour avec le 101e choix au total.
 
Cette scène résume parfaitement le chemin qu’il a parcouru.
 
«Pour vrai, on dirait que j’ai vieilli de 10 ans depuis ce jour à Pittsburgh, a raconté Paquette en entrevue au Journal de Montréal, à quelques heures du sixième match contre les Rangers au Amalie Arena. À cette époque, j’étais un gars vraiment timide et réservé. Je trouvais ça gros comme événement. J’avais de la difficulté à saisir tout ce qui se déroulait.
 
«Depuis trois ans, je peux dire que tout se passe rapidement, a-t-il poursuivi. J’ai suivi la bonne route puisque j’ai déjà atteint mon objectif de jouer dans la LNH depuis la fin de la dernière saison. Je pensais honnêtement avoir besoin de plus de temps pour y arriver.»
 
Les sacrifices des parents
 
Plus jeune, Paquette ne s’imaginait pas nécessairement sur une glace de la LNH. Le rêve semblait inatteignable, surtout en raison de l’éloignement géographique.
 
«J’ai joué dans un calibre A jusqu’au niveau bantam, a-t-il affirmé. Avant l’âge de 14 ans, c’était impossible pour moi de jouer au niveau AA. J’aurais été obligé de déménager à Rivière-du-Loup, une ville à cinq heures de route de Gaspé. Mes parents n’avaient pas assez d’argent pour me permettre de vivre en pension.
 
«J’ai choisi d’attendre dans les rangs midgets pour partir de la maison, a-t-il continué. J’avais 15 ans, j’ai joué à Mont-Joli, une ville à quatre heures de chez moi. Mon père Vital et ma mère Francine ont trouvé une façon de payer pour moi. Aujourd’hui, je n’ai même pas les bons mots pour exprimer tous les sacrifices que mes parents ont faits pour moi. Depuis que je joue à Tampa, je tente de les gâter un peu.»
 
Endurer la douleur
 
Auteur de 19 points (12 buts, sept aides) en 64 matchs à sa première saison complète avec le Lightning, Paquette joue un rôle plus effacé sur le plan offensif depuis le début des séries. L’ancien de l’Armada de Blainville-Boisbriand a récolté seulement un but en 17 matchs.
 
Il a toutefois gagné l’admiration de Jon Cooper et de Steven Stamkos pour son courage et son jeu en infériorité numérique. Après le cinquième match face aux Rangers, Stamkos a même parlé de lui en conférence de presse.
 
«C’est toujours agréable quand ton entraîneur et ton capitaine disent de bons mots à ton sujet, a-t-il dit. Je me sacrifie pour l’équipe, je veux tellement gagner.»
 
Au cinquième match, Paquette a bloqué un puissant tir de Derick Brassard avec sa main droite. Il ne s’agissait pas de son premier «bobo» depuis le début des séries, lui qui avait manqué un match au deuxième tour contre le Canadien de Montréal.
 
«J’ai déjà joué blessé au cours des dernières années, mais je n’ai jamais enduré autant de blessures, a-t-il admis. Ce n’est pas juste une, c’est plusieurs malaises. Je suis assez magané, mais je ne changerais pas ma façon de jouer. Je bloquerai encore des tirs, s’il le faut.»
 
Blessé à la main droite, Paquette a finalement déclaré forfait, mardi, pour le sixième match contre les Rangers.