Crédit : Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBE

LHJMQ

Une décennie plus tard, Laperrière se souvient encore de Slade

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«Je le constate, ça peut être très long avant d’obtenir une deuxième occasion de participer au tournoi de la Coupe Memorial...»

Entraineur-adjoint à Patrick Roy chez les Remparts de Québec lors de la conquête du gros trophée par les Diables rouges, en mai 2006, au Colisée de Moncton, Martin Laperrière seconde Philippe Boucher depuis deux ans. «Je suis très heureux surtout que cette fois, le tournoi est disputé à la maison. On sent l’engouement. En 2006, nous avions passé 21 jours à Moncton.»

Contrairement aux guerres d’usure d’une série au meilleur de sept parties, la ronde préliminaire se limite à trois parties, dont deux devant des adversaires inconnus des autres ligues. Le temps pour les ajustements est donc limité à son minimum. «On a fait du vidéo durant les 48 dernières heures. Les systèmes de jeu (des adversaires) ne sont pas compliqués, mais ils sont très bien appliqués. Qu’importe, ce n’est pas le temps de tout changer de notre côté.»

Une étincelle

Si les flèches décochées par Patrick Roy en direction du gardien Josh Tordjman avaient défrayé les manches, Laperrière attribue à un autre homme masqué le réveil des Remparts à Moncton. «Malgré une défaite de 3-2, nous avions disputé un premier match impeccable face aux Petes de Peterborough. À notre deuxième partie, Vancouver menait par 2-0 en première période quand, durant une pause télé, leur gardien Dustin Slade est passé devant notre banc en lançant : Hey! Les boys, vais-je recevoir quelques lancers? Nos gars étaient furieux et nous avons ensuite remporté le match par 6-3. Encore aujourd’hui, je remercie Slade pour coup de pouce inespéré.»

À l’exemple des entraineurs et joueurs de la LHJMQ qui grinchent des dents en prêtant l’oreille aux prédictions et louanges à la gloire et puissance des champions de la WHL et de l’OHL depuis quelques jours, Laperrière puise dans le passé très récent pour défaire ces préjugés.

« Dans ce tournoi, chaque match est un match suicide et le vent peut tourner à la moindre occasion. L’an dernier, tout le monde avait misé son argent sur la victoire du Storm de Guelph!»

Et les monarques de l’Ontario avaient plié l’échine, en finale, face aux Oil Kings d’Edmonton. Ces derniers avaient eu besoin d'aller en troisième période de prolongation pour vaincre, en demi-finale, les Foreurs de Val-d'Or.

«Personnellement, d’être les underdogs, ça fait bien mon affaire, a enchainé l’entraineur en chef de l’Océanic de Rimouski, Serge Beausoleil.

«En même temps, la LHJMQ n’a à souffrir d’aucun complexe par rapport au calibre que l’on offre. Ce sont toutes d’excellentes équipes. Le Canada est un leader mondial chez les juniors, et nous, on n’a pas à être intimidé.

«On a encore, en tant que collectivité, à s’affranchir de bien des choses au niveau historique. Mais pour ce qui est du hockey on est capable de livrer la marchandise.»

 

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Des vedettes instantanées

Actif au tournoi de la Coupe Memorial chez les Broncos de Swift Current en mai 1989, Dan Lambert constate que cet événement national a pris de l’envergure depuis son époque. Même si quatre équipes sont toujours enrôlées, la faune médiatique a pris de l’embonpoint.

«C’est pas mal plus axé sur la télé. Tout va en accéléré dans le monde médiatique», affirme l'entraineur en chef des Rockets de Kelowna.

«Les joueurs sont quasiment des vedettes avant d’accéder à la Ligue nationale de hockey. Bien des jeunes ne sont pas préparés mentalement pour ça. Ils doivent apprendre rapidement», a mentionné Lambert qui sous les couleurs des Broncos avait défait les hôtes, les Blades de Saskatoon, en prolongation (4-3) lors de la finale du tournoi.

Immersion rapide

Son homologue des Remparts Philippe Boucher, qui a patiné sous les couleurs du Titan de Laval en 1993 à Sault Ste. Marie, constate que la compétition a débordé des activités sur glace.

«L’aspect médiatique, l’envergure du tournoi, cela a changé énormément. C’est le même trophée et la même importance pour les joueurs, mais à mon époque nous n’arrivions pas au tournoi avec des clubs dotés de la même profondeur (que ceux de l’OHL et de la WHL). Nous étions un peu intimidés.

«Je me souviens quand nous sommes débarqués à l’hôtel tout le monde parlait en anglais et pour certains de mes coéquipiers, c’était la première fois qu’ils sortaient du Québec. Depuis, on a prouvé que les clubs de la LHJMQ pouvaient rivaliser avec n’importe qui», rappelle Boucher qui avait débuté cette saison chez les Sabres de Buffalo dans la LNH.

Excitation palpable

Vérification faite, le niveau d’excitation généré parmi les joueurs quelques heures avant le match inaugural était palpable vendredi matin. Le défenseur Raphaël Maheux l’a avoué. «Je suis très excité, je ne devrais pas être capable de dormir cet après-midi. J’ai très hâte de jouer», a dit le résident de Beauport qui à l’exemple de ses coéquipiers, s’est pointé devant les médias rasé de près. «J’ai vu des gars se raser la barbe et je les ai imités. J’étais un peu tanné.»