Crédit : DIDIER DEBUSSCHERE/JOURNAL DE QUÉBEC/AGENCE QMI

Coupe Memorial 2015

Un pari gagnant

Un pari gagnant

Mikaël Lalancette

Publié 20 mai 2015
Mis à jour 20 mai 2015

L’Océanic de Rimouski vient de remporter l’une des meilleures finales de la Coupe du Président de l’histoire.

Une série de sept matchs très intenses dont trois qui ont été tranchés en prolongation. L’ultime rencontre a été endiablée. Je n’ai pas le souvenir d’une meilleure période de hockey junior que la première période de prolongation de ce match.

Un des acteurs de ce duel enlevant a été le gardien Philippe Desrosiers. Le gardien de l’Océanic a tenu le fort devant les attaques répétées des Remparts dans les 60 premières minutes.

L’entraîneur-chef Serge Beausoleil avait une décision difficile à prendre lundi matin.

Il devait donner le filet à Desrosiers, qui avait été solide en renfort dans le match numéro 6, ou à Louis-Philip Guindon qui avait mené l’Océanic jusqu'en grande finale.

Le genre de décision qu’aucun entraîneur ne veut avoir à prendre à l’aube d’un septième match d’une telle importance.

En coulisses, plusieurs hommes de hockey croyaient que Beausoleil opterait pour Guindon, le plus régulier des deux depuis sa venue à Rimouski.

C’était aussi l’opinion de plusieurs collègues et partisans, surpris par le choix de Desrosiers.

Ce dernier a été brillant, repoussant les salves répétées des Remparts. Il a permis à l’Océanic de respirer quand l’équipe ne connaissait pas le début de rencontre espéré.

Desrosiers a terminé le match avec 47 arrêts.

On a vu la forte réaction de Beausoleil quand il a vu son gardien de but soulever la coupe du Président. Ce choix de deuxième tour dans la Ligue nationale de hockey venait de passer des mois difficiles.

L’Océanic avait décidé d’acquérir Guindon par voie de transaction en décembre dernier. L’équipe comptait dorénavant deux gardiens numéro un, un système d’alternance difficile au hockey.

Certains entraîneurs y croient, d’autres pas. La marge d’erreur est élevée, la gestion difficile, le risque de diviser est omniprésent. Particulièrement en séries.

La décision de Beausoleil a été payante. On se souviendra de l’Océanic comme les champions de 2015.

L’alternance a été une réussite et elle aurait été impossible si les deux principaux intéressés n’avaient pas été deux bons gars.

Deux jeunes passionnés qui veulent gagner et qui se sont encouragés mutuellement. Ils peuvent tous les deux être fiers, ils ont tous les deux mérité cette coupe du Président.

En entrevue au Journal de Québec, le pilote de l’Océanic a expliqué sa décision d’opter pour Desrosiers.

«Oui, c’était un pari risqué. Son parcours en séries a ressemblé à un chemin de gravier. Philippe n’a jamais baissé la tête, même quand il a été remplacé contre Gatineau et Val-d’Or. Malgré l’adversité, il est demeuré un excellent coéquipier autant pour Louis-Philip Guindon que pour le reste de ses coéquipiers.

«Lorsque je l’ai rencontré lundi matin avant de prendre ma décision, je lui ai dit qu’il était pour moi un bien meilleur gardien puisqu’il a appris beaucoup de cette expérience. Guindon nous a fait avancer en séries, mais c’est Desrosiers qui nous a fait gagner la coupe.»

Ce sera une situation intéressante à surveiller au tournoi de la Coupe Memorial.

Desrosiers a possiblement mérité le poste de partant pour la rencontre de samedi contre les Generals d'Oshawa, mais il est probable qu’on revoit Guindon un jour ou l’autre dans le tournoi.

C’est la beauté d’avoir deux excellents gardiens et de pouvoir essayer de faire changer le vent de côté. C'est encore plus vrai au hockey junior.

Dans une dizaine de jours, Beausoleil aura peut-être d'autres décisions encore plus difficiles à prendre. On ne sait jamais.

À suivre!