New York Rangers v New Jersey Devils - Game Six

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LNH

Rangers en 7, Blackhawks en 6

Publié | Mis à jour

De toutes les analyses possibles en vue des finales d’association des séries de la LNH, la meilleure est probablement celle d’un joueur qui a vécu le bal du printemps de l’intérieur.

Mike Rupp a pris part aux séries avec les Devils du New Jersey, les Penguins de Pittsburgh, les Rangers de New York et le Wild du Minnesota. Aujourd’hui, le joueur autonome sans compensation vous offre ses prédictions d’un point de vue très intéressant, anecdotes à l’appui, dans une chronique du blogue The Players’ Tribune.

Rupp commence son analyse avec un bel hommage à son défunt ancien entraîneur-chef Pat Burns, du temps où il portait l’uniforme des Devils du New Jersey.

Pour la chronique complète en anglais, c’est ici.

«J’étais assis dans le vestiaire quelques heures avant le match numéro 4 de la finale de la coupe Stanley. Je parlais de nachos quand Pat Burns a fait son entrée. J’étais une recrue qui n’avait jamais joué un match des séries, alors mon but était de ne nuire à personne. Je parlais avec un autre joueur de soutien, un healthy scratch, à propos de la nourriture que nous allions manger sur la galerie de presse. C’est là que Burns m’a interpellé.

Burns : "Rupp, viens ici."

Je le rejoins et il se place très près de mon visage.

Burns : "Rupp, est-ce que tu es sorti hier soir?"

Moi : "Quoi? Non, coach. Aucune chance."

Il se rapproche. Nous sommes nez à nez.

Burns : "Est-ce que tu es sorti hier?"

Moi : "Coach, non. Je ne suis pas ce genre de gars. Je ne ferais jamais ça."

Burns : "Je vais te le demander une autre fois."

Je commence à capoter. De quoi parle-t-il? J’étais au lit à 23h.

Burns : "Rupp, es-tu sorti hier soir?"

Moi : "Coach, je le jure, je ne suis pas sorti hier soir."

Il me tape sur la poitrine.

Burns : "OK, enfile ton équipement. Tu joues ce soir."

C’était un geste brillant de sa part. J’étais tellement sous le choc après la conversation que je n’avais même pas le temps d’être nerveux pendant que je mettais mes épaulettes. S’il m’avait dit la veille que je jouerais, je n’aurais pas fermé l’œil. Burns était exceptionnel.

[...]

RANGERS DE NEW YORK c. LIGHTNING DE TAMPA BAY

Mon instinct :

«Le cliché est bien vrai : les Rangers trouvent le moyen de gagner. Ils ont la meilleure mentalité de A à Z dans toute la LNH. Ils n’ont pas trouvé leur rythme de croisière contre les Penguins de Pittsburgh et les Capitals de Washington lors des deux premiers tours, mais ont quand même trouvé le moyen de l’emporter. La capacité d’adaptation est une habileté collective que très peu d’équipes de la LNH ont.

D’un autre côté, Tampa Bay regorge de jeune talent et je suis un grand partisan de leur entraîneur-chef, Jon Cooper. Il est un des esprits les plus affûtés de la ligue et a transformé ses deux premiers trios en le meilleur contingent de la LNH. Quand un kid de 21 ans comme Nikita Kucherov compte six buts dans une série contre les Canadiens de Montréal, tu sais que Cooper tire les bonnes ficelles. Par ailleurs, je ne choisirais personne d’autre que Ryan Callahan pour aller à la guerre.»

À surveiller :

«Le joueur de centre du Lightning Tyler Johnson est un monstre mais, d’un autre côté, les Rangers ont tellement de profondeur en défense que Marc Staal est leur numéro 3. Si j’étais les Rangers, je roulerais toutes mes lignes et fatiguerais le Lightning.

Deux des meilleurs buteurs de la LNH participent à cette série et chacun d’eux ont été plutôt silencieux jusqu’à maintenant. Steven Stamkos a marqué trois buts en 13 matchs, Rick Nash deux en 12. Prédire l’issue de cette série est ardu parce que l’un ou l’autre de ces gars peut exploser et faire peser la balance d’un côté ou de l’autre.

Par ailleurs, pensez à ceci : si les Rangers battent le Lightning, Ryan McDonagh et Dan Girardi auront survécu à Sidney Crosby, Alexander Ovechkin et Stamkos, coup sur coup. Il faudrait considérer une telle performance comme l’une des meilleures de l’histoire des séries, non?

Le héros :

«Je pense que cette série durera sept matchs et, dans une série qui dure sept matchs, tu dois regarder du côté des gardiens. Henrik Lundqvist montre un dossier de 10-0 quand les Rangers font face à l’élimination au Madison Square Garden et ce sont eux qui ont l’avantage de la patinoire. J’aime Ben Bishop. C’est extrêmement difficile de battre un gardien de 6 pi 7 po qui peut couvrir autant d’espace devant le filet même en mode papillon.»

Les vainqueurs :

«Rangers en 7.»

DUCKS D’ANAHEIM c. BLACKHAWKS DE CHICAGO

Mon instinct :

«Mon Dieu, que les Blackhawks sont bons! Quel travail de Corey Crawford! Les gardiens prennent leur travail très au sérieux. J’ai déjà vu des gars se lever dans le vestiaire et s’excuser à tous leurs coéquipiers. Crawford a été confiné au banc pendant le premier tour, pour finalement ne concéder que sept buts en quatre matchs au deuxième tour contre le Wild du Minnesota; cela en dit long sur lui.

Pour Anaheim, tout repose sur les épaules de Corey Perry. Quand je pense au prototype du joueur de hockey canadien, je pense à Perry. Tu ne peux pas l’ébranler comme les autres vedettes, parce qu’il va se battre contre toi. Il se fout de qui tu es. Je n’en peux plus d’attendre de les voir, lui et Ryan Getzlaf, affronter Jonathan Toews et Jonathan Toews pendant deux semaines. C’est beaucoup trop de rivalité pour une seule patinoire. Pauvres arbitres. Jeez

À surveiller :

Les Ducks vont devoir jouer la possession de rondelle, parce que quand je regarde leur effectif, je vois des problèmes au sein de leurs troisième et quatrième trios. Chicago a le luxe de compter sur Patrick Sharp sur le troisième trio et sur Andrew Shaw sur le quatrième. Si tu joues est-ouest contre ces gars, tu vas perdre.

La clé, c’est que les Ducks sont énormes et les défenseurs des Blackhawks ne le sont pas. Si je suis Bruce Boudreau, l’entraîneur-chef des Ducks, je dis à mes gars de dégager la rondelle, puis d’attendre que Johnny Oduya et Duncan Keith mettent de la pression. Puis, tu te sers de ton corps pour éviter leurs mises en échec, foncer au filet et faire des dommages. Voilà la recette pour Anaheim. On va savoir où cette série ira après les premières 20 minutes. Si Anaheim essaie de faire de belles petites passes, Chicago va gagner. Si Getzlaf et Perry confinent Chicago derrière leur filet pendant de longues séquences, Anaheim a une chance.»

Le héros :

«Attendez que Bryan Bickell soit Bryan Bickell. Ce gars élève toujours son niveau de jeu quand les Hawks en ont besoin. Je lis souvent des trucs ces jours-ci qui débattent de l’existence ou non d’un joueur clutch. Je peux vous dire une chose : quand un match des séries est égal en troisième période, certains gars veulent absolument la rondelle; ils en meurent d’envie. Tu peux le voir sur leur visage. Certains joueurs du top 10 de la LNH disparaissent à ce moment précis. Les Blackhawks ont un nombre fou de joueurs qui regardent le cadran avec 40 secondes à jouer au match et se disent : "Mettez-moi sur la maudite glace, coach! "»

Les vainqueurs :

«Blackhawks en 6. Dans 10 ans, je pense qu’on parlera de Jonathan Toews comme le joueur le plus accompli depuis Wayne Gretzky.»