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Sports divers

Des centaines de jeunes relèvent le défi

Etienne Bouchard / Agence QMI

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Malgré les nuages gris, la chaleur et la fatigue, environ 4500 jeunes de niveau secondaire, collégial et universitaire arboraient leur plus beau sourire, dimanche, au quai Jacques-Cartier du Vieux-Port: ils venaient de relever le Grand Défi Pierre Lavoie, une course à relais de 250 kilomètres reliant Québec à Montréal.

Pour tous ces participants issus de 125 institutions, il s’agissait d’une occasion de montrer à tous qu’ils sont eux aussi capables de grandes choses, tout en prenant leur santé en main. Preuve de l’attrait exercée par cette fête de l’activité physique, les organisateurs ont dû refuser 75 écoles, mais tous étaient largement satisfaits au terme de ce périple amorcé samedi.

«C’est une tribune formidable pour ces jeunes, qui sont en fait des ambassadeurs et l’avenir du Québec, a commenté le triathlonien Pierre Lavoie, l’instigateur de cet événement qui se poursuivra du 11 au 14 juin avec la présentation notamment d’un 1000 km cycliste. Pour leur vie future, c’est important, car ça contribue à leur estime de soi et ça leur enlève des barrières. Il faut aussi leur donner des modèles à suivre et des objectifs avec des événements qui les appellent.»

Toutefois, ces «athlètes» ne l’ont pas eu facile. La médaille qu’ils ont obtenue après leur exploit a été acquise au prix d’efforts indéniables.

«Leur entraînement s’est amorcé à l’automne et au début, certains n’arrivaient pas à faire 1 km; on a commencé avec de la marche et de la course, a expliqué le kinésiologue Jean-François Harvey, auteur du livre «Courir mieux» qui a supervisé la progression de ses protégés au fil des semaines. Mais après deux mois, on a vu le changement, car les jeunes s’adaptent rapidement.

«J’ai été impressionné par leur énergie et leur enthousiasme, mais pas surpris. Ils ont su repousser leurs limites et dans leurs yeux, on voit qu’il s’est passé quelque chose. (...) Et pour que ça continue, ils doivent éprouver du plaisir et non pas subir un entraînement. D’ailleurs, certains couraient par groupe de 100.»

Le goût de recommencer

Quant aux vedettes de la journée, elles étaient fières de leur parcours en dépit de la sueur déferlant sur leur front et souhaitent bien refaire le coup dès que possible.

«C’est une expérience inoubliable et on a réussi grâce à notre travail d’équipe. Même si c’était difficile, on a pu s’aider», a commenté Isyerid Sanchez, qui faisait partie du groupe de l’école Cavelier-De LaSalle, le premier à franchir la ligne d’arrivée.

«Je suis très fière d’elle, c’est mon plus beau cadeau pour la fête des Mères!» s’est pour sa part exclamée sa maman, Gisele Carmona.

«C’était plaisant, mais on avait de la misère pendant la nuit; il fallait rester éveillé et je lisais et écoutais de la musique pour ne pas m’endormir», a ajouté Cesar Sierra Menjivar, un coéquipier de Sanchez.

Une idée qui rejoint tout le monde

Grand allié de Lavoie et invité d’honneur de La Course, le comédien Guillaume Lemay-Thivierge croit que ce type d’initiative sert d’exemple à la population entière.

«Ça véhicule des bonnes valeurs et ça permet à tous de se dépasser. On doit justement éviter de tomber dans la sédentarité et la dynamique de non-action, a-t-il dit. Cette course crée un effet d’entraînement, car tous voudront embarquer et ne pas se retrouver seuls.»

Justement, cette brisure de l’isolement ne se manifeste pas uniquement à l’intérieur des écoles: elle se fait aussi au plan géographique. Des coureurs d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, et du Grand Nord ont été aperçus.

«Je disais à mes deux enfants qu’ils allaient en ressortir du positif et que leur vie allait changer. Je suis fière d’eux, parce qu’ils ont travaillé fort; depuis deux mois, ils se réveillent à 4 h 30 du matin tous les jours pour s’entraîner», a affirmé Marie-Ève Petiquay, qui vit dans la réserve amérindienne de Wemotaci, au nord de La Tuque, où se trouve l’école Nikanik.