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Kucherov modelé à Rouyn-Noranda

Publié | Mis à jour

Nikita Kucherov n’a pas oublié son passage avec les Huskies de Rouyn-Noranda. À sa seule saison dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec, il a croisé sur son chemin André Tourigny. Une rencontre déterminante pour l’un des membres du trio baptisé des «Triplets» du Lightning de Tampa Bay.

À quelques heures du deuxième match de la série face au Canadien de Montréal, Kucherov détachait tranquillement ses patins dans le petit vestiaire de l’équipe adverse au Centre Bell. Son regard s’est soudainement illuminé quand l’auteur de ces lignes lui a demandé de décrire son séjour à Rouyn-Noranda en 2012-2013.

«Je me souviens que nous avions énormément de plaisir. Je formais un bon duo avec Sven Andrighetto, s’est-il rappelé. Là-bas, il n’y avait pas beaucoup de choses à faire à l’extérieur du hockey. On se concentrait sur notre sport.

«À mes débuts avec les Huskies, je jouais pratiquement juste dans un seul territoire, a-t-il poursuivi. J’ai vraiment aimé André comme entraîneur. Il m’a enseigné l’art du jeu défensif. J’ai aussi compris la réalité du style de jeu en Amérique du Nord avec lui. C’était de grosses étapes pour moi. Je dois beaucoup de mes succès aujourd’hui à André et aux Huskies.»

Au sommet pour les plus et moins

Il y a deux ans, Tourigny recevait régulièrement l’appel de Julien BriseBois, l’adjoint du directeur général du Lightning, Steve Yzerman. BriseBois lui posait toujours des questions sur son jeu défensif.

«À son arrivée à Rouyn-Noranda, j’avais établi un plan avec le Lightning, a affirmé Tourigny en entrevue téléphonique avec Le Journal de Montréal. Nikita n’avait pas beaucoup de notions défensives, mais il était un formidable élève. Je me rappelle lui avoir montré des vidéos de replis défensifs des joueurs du Lightning. Dès le lendemain, il cherchait à recréer les mêmes jeux à l’entraînement ou lors d’un match.

«Il n’y a jamais eu de doute sur son potentiel offensif, a-t-il poursuivi. Mais on voulait s’assurer qu’il se développe comme un joueur complet. Et c’est exactement ce qu’il a fait.»

À sa deuxième saison à Tampa, Kucherov a fait un bond de géant, passant d’une récolte de 18 à 65 points. Jon Cooper a eu la main heureuse en l’utilisant à l’aile droite en compagnie de Tyler Johnson et d’Ondrej Palat.

Le Moscovite a également partagé le premier rang de la Ligue nationale de hockey avec Max Pacioretty grâce à un dossier de plus-38. Un exploit peu banal pour un joueur qui ne connaissait pas les rudiments du jeu dans son propre territoire.

Sujet pratiquement tabou

Le nom de Kucherov évoque possiblement de mauvais souvenirs à Québec. Au début de la saison 2012-2013, il a porté les couleurs des Remparts pour six rencontres. Il n’y avait pas de place pour lui au pays de Patrick Roy. Les Remparts misaient déjà sur deux autres joueurs européens avec Mikhaïl Grigorenko et Nick Sorensen.

Avec un Européen en trop à Québec, Roy a échangé Kucherov aux Huskies.

«Je n’ai jamais été furieux de cet échange, a expliqué Kucherov deux ans plus tard. Les plans avaient été chamboulés en raison du lock-out. Au départ, les Remparts croyaient que Grigorenko passerait l’année à Buffalo. Nick Sorensen avait 17 ans et c’était son année d’admissibilité pour le repêchage.»

Un an après cette transaction, Roy a fait le saut derrière le banc de l’Avalanche. Par un drôle de hasard, Tourigny, qui avait accueilli Kucherov, l’a suivi au Colorado.

«On n’a jamais vraiment reparlé de cette transaction, a dit Tourigny, qui occupe toujours un poste d’adjoint à Roy avec l’Avalanche. En séries, nous avions affronté les Remparts au deuxième tour. Au cinquième et dernier match de la série, Nikita avait marqué trois buts et récolté trois passes dans un gain de 6-1. En troisième période, je l’avais gardé au banc pour environ les 12 dernières minutes. Je ne voulais pas humilier Patrick. Et Nikita comprenait ma décision!»