Ottawa Senators vs Montreal Canadiens

Crédit : Tony Caldwell/Ottawa Sun

Canadiens de Montréal

Bobby Ryan, le marqueur en panne

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L’attaquant des Sénateurs d’Ottawa Bobby Ryan n’a pas marqué à ses 15 derniers matchs. Il a touché la cible une seule fois à ses 23 plus récentes rencontres. On parle d’une léthargie monstre pour un joueur qui a paraphé une prolongation de contrat de sept ans et 50,75 millions $, soit une moyenne annuelle de 7,25 millions $.

Si le dilemme entre choisir Craig Anderson ou Andrew Hammond comme gardien partant suscite plus les passions dans la capitale nationale, les déboires de Ryan expliquent possiblement encore mieux ce retard de 3-0 dans la série face au Canadien de Montréal.

À la veille du quatrième match, l’Américain a eu le courage d’affronter les médias, mardi, après un entraînement au complexe sportif des Sénateurs, situé à quelques mètres seulement du Centre Canadian Tire.

«Quand tu es sur l’un des premiers trios, des chances, ce n’est pas assez, a-t-il rappelé. Lorsque tu es un attaquant des premiers trios, que l’équipe compte sur ta production et que tu ne produis pas, la pression monte. Mais aucune pression n’est plus forte que celle que nous nous imposons les trois (Milan Michalek, Mika Zibanejad et Ryan).»

Un combat mental

Jamais, Ryan n’avait traversé une période aussi sombre. Avant cette saison, sa plus longue sécheresse sans but était de 12 matchs. Elle remontait à sa première année dans la Ligue nationale en 2007-2008 à Anaheim. À cette époque, il faisait la navette entre les Pirates de Portland et les Ducks.

«C’est mentalement dur, a reconnu Ryan. Je crois avoir regardé chaque rencontre quatre ou cinq fois pour voir où je peux générer plus d’attaque. Les coéquipiers ont été bons. Il ne nous reste pas beaucoup de temps pour renverser la tendance. Quand ça fait près de 25 parties, ça commence à peser sur toi. Mais je me suis dit la semaine dernière que tout le monde se fout de ce qui se passe à ce stade de l’année si tu marques le gros but. Et tu espères ensuite un effet domino. »

Aucun marqueur naturel

L’entraîneur-chef des Sénateurs, Dave Cameron, a lancé une petite phrase lourde de sens au beau milieu de sa conférence de presse.

«Je ne veux pas manquer de respect à aucun de mes joueurs, mais je ne sais pas si nous misons sur un pur marqueur au sein de notre groupe », a-t-il affirmé.

Auteur de quatre saisons de 30 buts et plus avec les Ducks, Ryan a pourtant l’étiquette d’un marqueur depuis longtemps. Bryan Murray et les «Sens» le payent également comme sa capacité à loger la rondelle dans le filet adverse.

Cette saison, les Sénateurs ont compté sur cinq marqueurs de plus de 20 buts : Mike Hoffman (27), Mark Stone (26), Kyle Turris (24), Erik Karlsson (21) et Mika Zibanejad (20).

Ryan, lui, a fini l’année avec 18 buts et 54 points en 78 affrontements.

Devant la meute de journalistes, Ryan n’a pas eu peur de dire qu’il a travaillé récemment avec une psychologue sportive. Il lui reste toutefois très peu de temps pour sortir de sa misère.