Canadiens de Montréal

Le train Smith-Pelly

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Il faut toujours une bonne dose de patience avant de juger de l’impact réel d’une transaction.

Devante Smith-Pelly en est la preuve. À ses premiers jours à Montréal, Smith-Pelly ne misait pas sur une légion de partisans et plusieurs d’entre eux regrettaient le départ de Jiri Sekac.

À ses 20 premiers matchs avec le Canadien, celui qu’on surnomme «DSP» n’a pas réinventé la roue avec trois points (1 but, 2 aides) et un dossier de -2. Il n’y a pas eu de lune de miel immédiate entre Michel Therrien et le gros ailier droit.

Therrien lui a reproché sa condition physique après une défaite contre les Sharks à San Jose le 2 mars et quelques semaines plus tard, il lui a indiqué le chemin de la passerelle de presse pour deux rencontres d’affilée, face aux Panthers de la Floride et au Lightning de Tampa Bay.

Depuis le début des séries, on assiste à un scénario différent avec Smith-Pelly. On voit enfin l’ailier en puissance que décrivait Marc Bergevin le jour de l’échange avec les Ducks. Utilisé à l’aile droite au sein du trio de David Desharnais, il n’a pas eu peur d’utiliser ses 220 lb. Après deux matchs, il a déjà neuf mises en échec, un sommet chez les attaquants du CH. Il a aussi servi une belle passe sur le but de P.K. Subban lors du deuxième match.

«Oui, je crois être sur le bon chemin, a dit Smith-Pelly peu de temps avant le départ de l’équipe pour Ottawa. J’avais joué seulement un style de hockey depuis mes débuts dans la LNH, je n’avais jamais connu un autre environnement que celui des Ducks.

«À mon arrivée avec le Canadien, j’ai pratiquement changé mon style de A à Z. Le Canadien mise énormément sur la vitesse, ce n’était pas le cas des Ducks. Depuis trois semaines, je me sens beaucoup mieux. J’ai le sentiment que je peux jouer à ma façon.»

Une seule pression

S’il a connu un lent départ avec sa nouvelle équipe, Smith-Pelly ne croit pas que c’était lié à la pression d’un plus gros marché.

«Ça ne me dérange pas de me retrouver sous les réflecteurs, a-t-il rappelé. Pour moi, la véritable pression reste celle que je me place moi-même sur mes épaules. Je ne me soucie pas de ce qu’on peut dire à l’extérieur. Je cherche juste à aider l’équipe.»

Échangé pour la première fois de sa carrière, l’Ontarien de 22 ans n’a pas comme principale mission de faire oublier Sekac.

«Je ne perds pas sommeil à regarder ce que l’autre joueur (Jiri Sekac) fait avec les Ducks, a-t-il dit. Je n’ai pas à savoir si les gens pensent qu’il s’agit d’une bonne transaction ou non. On m’a dit que Sekac était bien aimé des partisans du Canadien.»

Il y avait toutefois une nouvelle qui n’a pas échappé à l’ailier droit.

«Je sais que Sekac n’a pas joué au premier match des Ducks en séries, a souligné Smith-Pelly. J’ai encore des amis dans le vestiaire des Ducks et je me renseigne sur l’équipe. »

Un joueur simple

Dans un autre coin du vestiaire, Max Pacioretty a parlé de son partenaire de trio.

«C’est tellement difficile de sauter dans la mêlée en cours de saison, a expliqué Pacioretty. Quand tu te fais échanger à Montréal, il y a toujours de grandes attentes. Il a bien géré la situation. Je trouve qu’il s’améliore tous les jours. Il n’a pas un égo gigantesque, il se contente de bien faire son boulot.»

Si Therrien avait tenu des mots durs aux premiers jours de Smith-Pelly avec le Tricolore, il avait un discours complètement différent après deux matchs au premier tour des séries.

«Il se débrouille très bien présentement ! J’aime sa vitesse, il créé beaucoup d’espace pour ses partenaires et il fonce avec conviction au filet. Quand il est arrivé, il n’avait pas cette même explosion. Il faut lui donner beaucoup de crédit.»

«Quand on lance la rondelle derrière leurs défenseurs, ils savent que le train s’en vient», a enchaîné l’entraîneur en chef.

De bons mots pour Smith-Pelly et Petry - TVA Sports