Blue Jays - MLB

Une soirée magique pour Russell Martin

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Lorsque les 46 314 spectateurs se sont levés d’un seul trait pour applaudir à tout rompre Russell Martin à sa première présence au bâton, on se serait cru à un match des Expos lors des belles années de la concession.

Vous vous souvenez, lorsque le Stade olympique était rempli à craquer pour applaudir les exploits des Gary Carter, Andre Dawson, Tim Raines et compagnie au début des années 1980? Ou encore en 1994, avec les Larry Walker, Moises Alou, Marquis Grissom et autres.

La foule a réservé vendredi soir un vibrant accueil à Russell Martin, un produit local qui est devenu l’un des meilleurs receveurs des ligues majeures.

«Ça m’a beaucoup touché, a raconté le nouveau porte-couleurs des Blue Jays après le match. La foule m’a accordé plusieurs ovations. C’était malade. Je ne m’attendais pas à ça.

«J’avais tellement hâte de jouer au Stade olympique, a ajouté Martin. Mon rêve d’enfance s’est réalisé. Mes coéquipiers, et surtout les joueurs des Reds, étaient surpris de voir que les Montréalais m’aimaient à ce point...»

Frappant au deuxième rang, Martin a été retiré sur trois prises à sa première visite à la plaque. Il a été blanchi en trois présences au bâton, dans une défaite de 2-0 aux dépens des Reds de Cincinnati. Ce match préparatoire n’a duré que deux heures et neuf minutes.

«Dans mes rêves, ça se passait autrement. J’obtenais une couple de points produits!»

Il a versé des larmes

La performance de Martin au bâton n’a rien changé à cette soirée magique, chargée d’émotion. Tout a commencé lorsque son père âgé de 70 ans a joué les hymnes nationaux sur son saxophone.

«C’est venu me chercher, a-t-il dit. Il a joué avec son coeur et je n’ai pu retenir mes larmes à la fin.

«Oui, ce fut une journée très émotive. Je me suis senti comme un ''kid'', comme si je venais de disputer mon premier match dans les ligues majeures.»

Martin a effectué le trajet du centre-ville au Stade olympique en métro en compagnie de son père. C’était dans le cadre d’un documentaire qui sera présenté le mois prochain sur Sportsnet.

«Ça m’a rappelé de bons souvenirs, lorsque je prenais ce moyen de transport pour me rendre au stade avec lui.»

À peine quelques usagers du métro l’ont reconnu «C’est à cause de ma barbe de bûcheron!» a dit Martin en riant.

Le terrain, son refuge

Il reçoit plus d’attention médiatique que jamais depuis qu’il a signé ce contrat de cinq ans pour 82 millions l’automne dernier.

«Ça fait partie de mon travail de répondre aux demandes d’entrevue. Une fois que le match commence, le terrain devient mon refuge», a expliqué Martin.

Prêt à aider Montréal

Il a répété qu’il rêve ardemment de revoir une équipe à Montréal.

«Je suis prêt à aider de n’importe quelle façon. Si on veut en discuter avec moi, je serai tout oreille. Il y a beaucoup de Québécois qui s’ennuient du baseball.»

Martin s’attend à de belles choses des Blue Jays cette saison. On sait que l’équipe torontoise n’a participé à aucun match éliminatoire depuis la conquête de la Série mondiale en 1993.

«On mise sur une belle force de frappe, a-t-il commenté. Les gars qui me suivent dans le rôle des frappeurs, Jose Bautista, Edwin Encarnacion et Josh Donaldson, sont, selon moi, les meilleurs troisième, quatrième et cinquième frappeurs dans la ligue. La clé de nos succès sera cependant à la défensive. Il sera important de bien appuyer nos lanceurs.»