Canadiens de Montréal

Des airs de 1993?

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Patrick Roy était devant le filet quand les Canadiens de Montréal ont gagné leur dernière coupe Stanley, en 1993. Est-il l’heure de comparer le Roy de l’époque au Carey Price d’aujourd’hui?

D’anciens joueurs des Canadiens ont répondu à la question. Selon eux, il n’est pas futile d’aborder le sujet, mais il faut faire attention aux comparaisons boiteuses, même si les statistiques de Price ouvrent hors de tout doute la porte au rêve.

«Ce n’est pas très compliqué, la comparaison est devant le filet», affirme sans détour l’ancien gardien du CH Steve Penney.

«J’ai de la misère à concevoir que les Canadiens puissent perdre quatre matchs sur sept avec Carey Price devant le filet», statue pour sa part l’ex-attaquant Pierre Dagenais.

D’autres sont plus conservateurs quant à la valeur de la jeune vedette, toujours en comparaison avec Roy.

«Tu regardes les chiffres, oui, ils sont supérieurs à Roy, mais on ne pourra que juger une fois que les séries seront terminées», dit l’ancien attaquant Sergio Momesso.

«Patrick Roy, tu ne le remplaces pas tous les jours, dit Stéphane Richer. Quand ton nom est sur la coupe et que tu es le joueur par excellence, là, tu peux commencer à faire des comparaisons.»

Déjà fort de son statut de vedette, Price est en train de tout casser en saison régulière devant la cage des Canadiens.

Le jeune vétéran de 27 ans domine toutes les statistiques des gardiens de la LNH et se dirige allègrement vers le trophée Vézina : dossier de 40-15-4, moyenne de buts alloués de 1,86, taux d’efficacité de ,938 et neuf blanchissages.

En 1993, Roy avait terminé la campagne régulière avec une fiche de 31-25-5 (parties nulles), une moyenne de 3,20, un pourcentage d’arrêts de ,894 (le troisième plus faible de toute sa carrière) et seulement deux jeux blancs. Le gardien québécois, aujourd’hui entraîneur-chef de l’Avalanche du Colorado, avait raflé un seul prix à la toute fin, soit le trophée Conn Smythe remis au joueur par excellence des séries.

C’était une autre époque, bien sûr, où l’attaque fournissait davantage.

Plus que «Patch»

Parlant d’attaque, voilà l’aspect qui pourrait cruellement au Tricolore moderne en séries selon les anciens, tout comme un manque d’expérience peut-être, et ce, même si le CH compte sur des vétérans tels que Andrei Markov, Sergei Gonchar, Tomas Plekanec et, dans une moindre mesure, Manny Malhotra

«C’est une équipe qui est sensiblement pareille», note l’ancien gardien Richard Sévigny, mais elle a besoin «de plus que des buts de Max Pacioretty» pour être véritablement dangereuse, croit Momesso.

«Défensivement, ils jouent très bien, mais pour un gardien de but, ça prend des coussins, ajoute Sévigny. C’est une équipe dynamique, mais qui doit être opportuniste. C’était le cas en 1993. Nous avions gagné beaucoup de matchs après les trois périodes de temps réglementaire.»

«On avait des gars comme Denis Savard, Rob Ramage, Kirk Muller, Vincent Damphousse... Je ne pense pas qu’ils ont la même expérience cette année. Un match des séries, c’est comme deux matchs de la saison régulière. Faut que tu vives ces matchs pour comprendre», conclut Richer.