Kovalev vs Pascal

Pascal-Kovalev : la tension monte

Agence QMI / Mathieu Boulay

Publié | Mis à jour

Le respect a fait place à la haine entre Sergey Kovalev et Jean Pascal après leur conférence de presse qui s’est déroulée mercredi au Centre Bell.

Les deux boxeurs, qui feront les frais de la finale de samedi, se sont frotté les oreilles pour la première fois à l’occasion du face-à-face.

Kovalev, qui portait une casquette blanche avec un logo de son surnom («Krusher»), s’est approché du Québécois pour la prise de photos et de séquences vidéo. Il était tellement près de son adversaire que sa visière a effleuré le nez de Pascal (29-2-1, 17 K.-O.).

Celui-ci n’a pas apprécié du tout et a tenté d’enlever la casquette au Russe. Ce dernier l’a poussé d’un geste brusque. Séparés par leur promoteur respectif, ils se sont lancé quelques insultes, mais ça n’a pas été plus loin.

«Tu ne me touches pas», a dit un Kovalev (26-0-1, 23 K.-O.) avec un visage qui n’entendait pas à rire.

Pascal a insisté pour que le champion unifié des mi-lourds retire son chapeau afin d'avoir une nouvelle occasion de regarder son opposant dans les yeux. Toutefois, le Russe n’a rien voulu savoir. La reprise s’est conclue par une poignée de main.

On a senti que les deux pugilistes tentaient déjà de s’imposer même s’ils ne sont pas encore ensemble dans le ring. La guerre psychologique est maintenant bien installée.

Bédard et Duva nerveux

Pendant la scène, les promoteurs Jean Bédard et Kathy Duva sont devenus nerveux et il faut les comprendre.

Si Kovalev ou Pascal avait subi une blessure au visage, ils auraient pu dire adieu à leur soirée tant attendue. Heureusement, leurs deux protégés ont fait preuve de sagesse.

Bédard, qui en est à son premier combat dans le camp de Pascal, a poussé un soupir de soulagement.

«Ce qui est difficile avec Jean, c’est qu’on ne sait jamais ce qu’il va faire, a indiqué le patron d’InterBox. Par contre, avant la conférence de presse, son équipe prépare toujours des scénarios pour aller chercher des avantages psychologiques avant le combat.»

Pascal: un combat sans lendemain

Pascal est conscient qu’il jouera gros contre Kovalev, samedi soir. Pour lui, ce n’est rien de moins qu’un septième match de la finale de la coupe Stanley.

«C’est un combat sans lendemain, a déclaré l’ancien champion du monde WBC des mi-lourds.

«Au hockey, les Européens sont bons en saison régulière, mais ils ont de la misère quand ça compte. Pour notre duel, je veux amener Kovalev dans les séries.»

Il sait qu’il devra tout donner pour sortir vainqueur.

«Il me faudra du coeur, des couilles et du courage, a ajouté Pascal. Ça tombe bien, j’ai de grosses couilles!»

Lors de son discours, le Québécois n’a pas été très loquace face au groupe situé de l’autre côté de la scène. Par la suite, après une remarque de Duva à l’endroit de son équipe, il a été plus incisif.

Il faut savoir que Kovalev comprend seulement une partie des propos de ses adversaires et qu’il est difficile de percer sa carapace psychologique. Même Bernard Hopkins n’a pas réussi à le faire.

Kovalev fidèle à ses habitudes

Comme il fallait s’y attendre, Kovalev n’a pas tenté de se lancer dans une guerre verbale avec Pascal. Même quand celui-ci lui a tendu des pièges, «Krusher» n’a pas bronché.

«Il y aura beaucoup d’action samedi soir et Pascal est un adversaire très dur, a-t-il déclaré. Je ne ferai pas de prédiction, car tout peut arriver.

«Ce combat est important pour moi, car c’est une étape de plus dans ma carrière. J’ai l’intention de prouver mon talent dans ce grand aréna.»

Les combats préliminaires du gala seront diffusés par la chaîne TVA Sports 2, samedi soir. Le duel entre Pascal et Kovalev sera présenté au réseau HBO.