Canadiens de Montréal

«Claude a tellement bien rempli son rôle» - Savard

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Appelé à commenter le décès de l’ancien entraîneur-chef des Canadiens de Montréal Claude «Piton» Ruel à LCN, lundi, Serge Savard a indiqué qu’il perdait plus qu'un ancien collègue. Il perd un ami.

«Il a été mon patron et j'ai été son patron. Je le connais aussi comme ami personnel. J’ai beaucoup voyagé avec lui», a raconté M. Savard.

«La dernière fois que je l’ai vu, c’était aux funérailles de Jean Béliveau. Cela faisait longtemps qu’on ne l’avait pas vu. Il me semblait en bonne santé. J’ai été surpris d’apprendre son décès ce matin.»

Selon l'ex-joueur devenu directeur général en 1983, Claude Ruel exemplifiait l'une des ressources les plus polyvalentes à travailler pour le Club de hockey Canadien. D'éclaireur à instructeur, il a mis l'épaule à la roue pour permettre à l'équipe de devenir une dynastie lors de deux décennies différentes.

«Il a tout fait dans l’organisation. Il a été éclaireur pendant plusieurs années. On lui donne le mérite pour la venue de Larry Robinson, qui a été un des meilleurs défenseurs de l’histoire», a expliqué M. Savard.

«Il a participé à deux des grandes décennies des Canadiens : les cinq coupes Stanley des années 50 et les six coupes Stanley des années 1970.»

Selon lui, son travail comme entraîneur adjoint à Scotty Bowman représente sa plus belle contribution à l'organisation.

«C’est réellement cette fonction qui l’a marqué et qu’il chapeautait le mieux.»

«Si vous parlez aux anciens joueurs, il a tellement bien rempli son rôle comme entraîneur adjoint à Scotty Bowman.»

Le baseball au lieu du hockey?

Claude Ruel s'est fait connaître dans l'organisation des Canadiens de Montréal, mais il aurait pu connaître une toute autre carrière.

Effectivement, à 15 ans, il sillonnait les patinoires comme défenseur du Canadien Junior l'hiver et portait les couleurs du Plateau Mont-Royal au sein de la Ligue de baseball Montréal Junior l'été.

«Claude était une vedette de baseball. Il aurait probablement pu faire carrière au baseball professionnel», a laissé entendre M. Savard.

À ses dires, Claude Ruel a aussi immortalisé une célèbre phrase : «il y en aura pas de facile», inspirée d'un grand du baseball.

«Je pense que ça vient de Yogi Berra, qui disait "ce n'est pas fini tant que la dernière balle n'est pas lancée"».

«Il nous aimait tellement» -Cournoyer

L’ex-capitaine des Canadiens Yvan Cournoyer est reconnaissant envers Claude Ruel.

Après l’avoir côtoyé chez les Canadiens juniors, il a retrouvé son mentor avec le grand club. C’est là qu’il a pu faire les ajustements nécessaires pour s’imposer comme un rouage important.

«Je vous assure que si j’ai atteint la Ligue nationale de hockey, c’est grâce à Claude», a confié Cournoyer à TVA Sports.

«Il se dévouait complètement au hockey. Il m’a montré comment réussir.»

Une autre des grandes qualités de Claude Ruel, selon Cournoyer, qui fut capitaine de 1975 à sa retraite en 1979, était son humilité.

Il a d’ailleurs remporté sa première coupe Stanley avec lui en 1969, exploit duquel il ne se vantait pas à l’époque.

«En 1969, on n’avait perdu que 19 parties dans la saison. Claude était humble. Il ne prenait pas le mérite à 100 pourcent. Il ne parlait pas trop.»

Comme Savard, Cournoyer décrit Ruel comme un homme passionné «qui n’arrêtait jamais de travailler». Il était tout simplement dévoué à la cause des jeunes.

«Claude aimait beaucoup ses joueurs. Il nous forçait à donner plus que notre 100 pourcent. Il a toujours été un homme d’enseignement.

«Il nous aimait tellement et il voulait tant qu’on réussisse. C’est pourquoi il nous poussait si fort.»

Le partisan no 1 d'Yvon Lambert

Selon l'ancien joueur YvonLambert, Claude Ruel était toujours très fier d’aider les jeunes à connaître du succès avec les Canadiens. En commençant par lui.

«Claude Ruel ne m’a jamais lâché. De 1971 jusqu’à sa retraite. Il a toujours été un partisan d’Yvon Lambert, a-t-il dit.

«Quand j’ai été échangé aux Canadiens, il ne m’a pas lâché. Il voulait que j’aie une belle carrière.»

«C'est "tough"» - Yvon Lambert - TVA Sports

Sur le plan des connaissances de hockey, il était une référence, insiste M. Lambert. Comme Serge Savard, l'ex numéro 11 l'avait vu aux funérailles de Jean Béliveau.

«Il était fier de nous voir. Il n’avait pas l’air d’un monsieur malade. Je suis donc très attristé d’apprendre cette nouvelle.»

«L’organisation vient de perdre un autre homme qui a donné beaucoup de son temps aux Canadiens de Montréal.»