Canadiens

Therrien en a ras le bol

Publié | Mis à jour

Michel Therrien en a ras le bol de voir certains adversaires prendre des libertés à l’endroit de Carey Price. Il a profité du point de presse suivant l’entraînement de son équipe pour livrer un message clair à la Ligue nationale de hockey.

«Il faut que ça arrête. Ce n’est pas normal que des joueurs se laissent tomber sur le gardien de but. C’est drôle, ce genre de joueurs-là ne tombent jamais dans la bande. Mais ils sont capables de tomber sur le gardien de but... qui, à l’occasion, risque une blessure.»

L’entraîneur du Canadien de Montréal est bien placé pour comprendre ce qu’une blessure à un gardien peut entraîner comme conséquence. On se rappellera que le Tricolore n’a plus été le même lors de la dernière finale de l’Association de l’Est, après que Chris Kreider eut sorti Price des séries éliminatoires en fonçant sur lui.

Le gardien vedette du Canadien a également dû s’absenter du jeu l’instant d’une rencontre, avant la pause du match des étoiles, en raison de raideurs au dos, gracieuseté d’un contact avec Matt Calvert des Blue Jackets de Columbus.

Alex Goligoski, des Stars de Dallas, Troy Brouwer, des Capitals de Washington, et Patrick Kaleta, des Sabres de Buffalo, sont récemment entrés en collision avec Price.

Un problème créé par la LNH

De ces quatre joueurs, Kaleta est le seul à avoir été invité à passer deux minutes sur le banc de punitions.

«Il est difficile de savoir quelle est la véritable définition d’obstruction sur le gardien, a indiqué Price. Ceci dit, c’est normal que les joueurs foncent au filet, car c’est là que la rondelle doit aller.»

«De plus, depuis qu’on a interdit l’accrochage et l’obstruction, c’est difficile pour les défenseurs de ralentir les ardeurs des attaquants adverses. Ils [la ligue] voulaient bien faire, mais elle a créé un autre problème», a ajouté Price, qui sera devant le filet pour affronter les Devils.

Bien que la situation devienne frustrante, Price a assuré que jamais il ne songeait à donner la réplique à son assaillant.

«Ce n’est pas mon travail de répliquer et je ne demande pas à mes coéquipiers de le faire non plus. Mon travail, c’est d’arrêter les rondelles. Et c’est strictement là-dessus que je dois me concentrer.»

Sanctions plus sévères

Jeudi, Brandon Prust a affirmé qu’il était difficile de voir son gardien se faire malmener sans chercher à le venger par crainte de mettre sa propre équipe dans le pétrin. Un comportement endossé par Therrien.

«C’est effectivement très difficile pour eux. Les gars ne veulent pas mettre l’équipe dans le trouble, mais ils veulent passer un message. Alors la ligne, on la trace où?»

D’ailleurs, l’entraîneur du Canadien n’en veut pas aux arbitres qui ne peuvent qu’appliquer le règlement en place. Voilà pourquoi il soutient que c’est aux décideurs de la ligue d’y voir.

«Aussi longtemps qu’on ne va décerner que des deux minutes, ça va continuer. Il faut que la ligue fasse quelque chose pour protéger les gardiens de but»,a-t-il fait valoir.

«Et il n’est pas seulement question de notre gardien de but. On constate que c’est une tendance à travers la ligue. Il faut que ça cesse et que la ligue agisse», a-t-il ajouté.

Le message est lancé. Reste à voir si d’autres entraîneurs joindront leur voix à celle de Therrien. Car si ce dernier fait cavalier seul, il serait surprenant que les grands penseurs daignent bouger le petit doigt.