Super Bowl XLIX

Le «Gronk», un animal en voie d’extinction

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Dans une ère de rectitude où toute forme de plaisir devient pratiquement proscrite dans la NFL, un résistant demeure. L’ailier rapproché Rob Gronkowski ne cache pas son penchant pour la fête, mais autant ce joyeux luron s’amuse, autant le travail acharné explique son rendement exceptionnel sur le terrain.

À Phoenix, les autobus envahissent les rues: pour les équipes, pour les médias, pour les commanditaires, il y en a partout.

Mais d’entre tous, un seul modèle rappelle que même s’il fait partie des meilleurs joueurs de la ligue, Gronkowski est encore un adolescent dans l’âme. Quelque part, caché des indiscrétions du public, l’«autobus des pécheurs», comme l’a affectueusement baptisé le joueur des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, est arrivé en ville. Les mauvais compagnons qui l’ont conduit du Massachusetts jusqu’en Arizona l’ont certainement empli de stimulants variés.

«Il y a toujours un fond de collégien dans chacun de nous. Qu’y a-t-il de mal à s’amuser une nuit ou deux?», a réagi Gronkowski sans se cacher.

Un travail sous-estimé

Au fil des ans, il y a eu les clichés de Gronkowski en compagnie de dames en tenues d’été, puis les clichés de soirées endiablées dans les bars. Si bien que pour le «Gronk», l’intimité d’un autobus de pécheurs n’est peut-être pas une vilaine idée.

«Les gens en font tout un plat, mais je pense que plusieurs sous-estiment à quel point il faut travailler durement à ce niveau. Certains s’imaginent qu’il n’y a que les matchs, mais il y a les entraînements, les réunions, les séances en gymnase, le temps consacré à soigner notre corps.

«De toute façon, avec l’entraîneur-chef et le quart-arrière de notre équipe, tu ne peux faire autrement que de rester humble et de travailler sans relâche. Tu peux bien t’amuser en dehors, mais tu dois toujours être prêt», a plaidé le costaud numéro 87.

Une passion renouvelée

Avant sa renaissance spectaculaire cet automne, le corps de Gronkowski semblait tomber en morceaux après de multiples opérations au bras, au dos et à la cheville. Il n’a d’ailleurs été qu’un leurre improductif lors du dernier Super Bowl des Patriots.

«À chaque fois que tu es privé de quelque chose pendant une période, tu l’apprécies encore plus quand tu la retrouves après-coup», a indiqué le pilote Bill Belichick, qui n’est pas du genre à lancer des fleurs à tous vents.

«Rob travaille avec enthousiasme et énergie. Tu n’as jamais besoin d’être sur son dos pour lui dire qu’il pourrait faire mieux. J’éprouve un grand respect pour sa façon de travailler», a-t-il poursuivi.

Même s’il domine la ligue à sa position, Gronkowski estime que les chiffres et les éloges ne voudront rien dire sans une victoire dimanche.

«C’est au Super Bowl que Bill (Belichick) et Tom (Brady) ont laissé leur héritage. C’est là que je peux amorcer le mien», a-t-il conclu.