Super Bowl XLIX

Lynch, vedette du jour malgré lui

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Ce n’est pas nouveau, Marshawn Lynch est un homme de peu de mots et il a de nouveau fait honneur à sa réputation à la journée des médias, en marge du Super Bowl.

Jusqu’où la NFL doit-elle contraindre ce réfractaire à se délier la langue?

Tous les joueurs sont tenus de s’entretenir avec les médias une fois par semaine, sous peine de lourdes amendes. Lynch, qui a horreur de ce devoir imposé, répond habituellement la même chose à toutes les questions qui lui sont posées.

Pourtant, mardi, il était encore, et largement, le joueur le plus demandé avec des dizaines de journalistes plantés devant son podium.

«Je vous donnerai la même réponse à toutes vos questions, donc allez-y», a-t-il d’abord lancé, avant de répondre 30 fois en cinq petites minutes qu’il n’était là que pour ne pas recevoir d’amende.

Une farce

Le tout devient une véritable farce perpétuée par les médias qui s’obstinent. Mardi, une rumeur lancée par le réseau ESPN voulait que la ligue pige jusqu’à 500 000 $ dans son compte en banque.

«Certains joueurs n’aiment pas parler aux médias. C’est une décision qui devrait être personnelle. C’est inapproprié de lui enlever autant d’argent juste parce qu’il ne veut pas parler. Personne ne devrait y être obligé», l’a défendu le receveur Jermaine Kearse.

Pas de solution

Le problème de fond est que la Ligue a besoin des médias pour toujours vendre davantage son produit, une stratégie qui lui rapporte des milliards. À l’inverse, les médias ont besoin des joueurs vedettes pour vendre le produit.

«Je pense personnellement que la Ligue devrait permettre aux équipes de désigner seulement quelques joueurs qui sont à l’aise de parler aux médias. Ça devient difficile chaque semaine de se retrouver avec des dizaines de micros dans le visage et d’essayer d’être informatif même si ce sont toujours les mêmes questions», a fait valoir le demi de coin des Patriots et ancien coéquipier de Lynch à Seattle, Brandon Browner.

Celui qui est réserviste de Lynch, Robert Turbin, croit que son coéquipier doit demeurer un animal bien à part.

«Les règles ne veulent rien dire pour lui, sauf qu’il est le premier à se soucier de tout le monde. Personne ne devrait se faire une opinion de lui à propos de l’image qu’il laisse dans les médias ou du fait qu’il rate des réunions d’équipe», a-t-il dit.

À Disneyland?

Mardi, certains journalistes en sont même venus à se demander si Lynch prononcerait le fameux: «Je m’en vais à Disneyland», comme le veut la tradition, s’il devait être nommé joueur le plus utile du Super Bowl.

«On ne sait jamais avec lui. Il pourrait aussi bien dire: je m’en retourne à Oakland!» a rigolé l’entraîneur-chef Pete Carroll.