Baseball

Montréal investit 11 millions $ dans ses terrains de baseball

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La nouvelle politique du baseball dévoilée vendredi par le maire de Montréal Denis Coderre se traduira par des investissements de 11 millions $ sur trois ans et les arrondissements doivent arrêter de changer la vocation des terrains actuels.

Bien que le maire de Montréal ait demandé aux arrondissements de mettre un frein à la transformation des terrains de baseball en surface de jeu pour d’autres sports, ces changements semblent inévitables dans certains quartiers.

«Changez-moi pas les terrains, ceux qui sont pour la balle, on les garde», a averti le maire.

Les investissements annoncés serviront à la rénovation et la mise à niveau des éclairages des terrains.

Des investissements de taille

Au cours des trois prochaines années, la Ville investira 11 millions $ (2 millions $ en 2015, 4 millions $ en 2016 et 5 millions $ en 2017) pour la réfection des terrains de balles qui en ont le plus besoin, afin de permettre à un plus grand nombre de jeunes de découvrir cette discipline. Le maire Coderre croit que Montréal est une ville de baseball, et ce, à tous les niveaux.

«Le déclin du baseball à Montréal est chose du passé.»

Le politicien a par ailleurs souligné que les dirigeants du baseball majeur étaient déjà informés des démarches de la Ville. Développer la relève et la participation au baseball sont aussi des éléments placés au cœur de cet investissement majeur.

«La base même d’un sport, c’est sa relève. C’est le jeune qui, un soir d’été, s’en va dans un champ se lancer une balle. La passion, ça commence par la première fois que tu as une balle dans les mains et que tu la lances ou la reçois. On veut donner le goût de jouer, mais s’il n’y a pas de terrain, comment voulez-vous y arriver?», a ajouté M. Coderre.

Une bonne nouvelle

Du côté de Baseball Québec région Montréal, la nouvelle a évidemment été accueillie avec grand enthousiasme.

«C’est une belle affaire, car on manque de terrains. Avec ces investissements, on pourra continuer à voir le nombre d’inscriptions augmenter dans la région», a indiqué le président pour la métropole québécoise et de l’Association des sports de balles de Montréal, Jean Vauthier.

En 2014, on comptait sur environ 1800 joueurs dans les ligues mineures sur l’île. Si l’on inclut les circuits non fédérés et la balle-molle, ce nombre atteint les 10 000 joueurs.

«C’est la région qui a eu la plus grosse augmentation au Québec, avec 13 % par rapport à l’année précédente. On veut gagner ce titre encore cette année, alors qu’on vise une augmentation de participants de 10 à 15 %», a ajouté M. Vauthier.

Les arrondissements sont invités à soumettre leurs demandes pour des projets de réfection et les premiers travaux seront annoncés au printemps.

Offre diversifiée

Sans opposer un sport avec l’autre, Benoît Dorais, maire de l’arrondissement du Sud-Ouest, où on compte changer la vocation de trois des 10 terrains de baseball, estime que les quartiers doivent avant tout s’assurer d’avoir une offre diversifiée.

«D’un point de vue montréalais, c’est bien qu’on s’assure qu’il n’y ait pas une disparition de tous les terrains. Il faut avoir une cohérence et avoir une offre, mais en même temps il faut se coller sur les services à donner aux citoyens et eux, ils sont peut-être passés à d’autres sports comme le soccer», a expliqué M. Dorais.

L’an prochain, le parc Joe-Beef, dans Pointe-Saint-Charles, est appelé à transformer son terrain de baseball en un nouvel espace intergénérationnel où on trouvera aussi des aires de jeux pour enfants.

«On a sept terrains qui continueront à servir pour le baseball et qui ont besoin d’amour. On compte appliquer au programme annoncé par le maire pour les remettre à niveau», a souligné M. Dorais.

Actuellement, la Ville de Montréal estime qu’on compte plus de 160 terrains de baseball sur l’ensemble des 19 arrondissements.

«Nous savons que M. Coderre aime beaucoup le baseball, mais il ne devrait pas oublier les autres sports pour lesquels il y a une demande à la hausse. Si Denis Coderre était un partisan d’Harry Potter, sortirait-il une politique du quidditch?», a demandé Alain Vaillancourt, conseiller de Projet Montréal.

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Objectif: le Championnat mondial junior

La Ville de Montréal voit grand avec la réfection de ses terrains de balle et elle espère pouvoir éventuellement présenter le Championnat du monde de baseball junior.

Pour développer le talent des jeunes, il faut qu’ils se frottent aux meilleurs de leur sport. C’est dans cette optique que Denis Coderre espère présenter des événements d’importance comme le Championnat canadien ou mondial.

Mais pour y arriver, la Ville devra s’assurer d’avoir au moins deux terrains de dimensions internationales, ce qui n’est pas le cas actuellement.

«On n’a pas de terrain qui pourrait recevoir des compétitions nationales, en raison des dimensions et parce que l’infrastructure n’est pas assez belle. Quand on reçoit des gens en ce sens, ils nous disent que les terrains ne sont malheureusement pas adéquats. L’annonce va nous permettre d’avoir le Championnat mondial des moins de 18 ans et des Championnats canadiens dans des catégories un peu plus âgées», a souligné Maxime Lamarche, directeur général de Baseball Québec.

Coderre a également parlé de la possibilité de déménager une équipe senior - les Brewers de Sainte-Thérèse - au Parc Clémentine-De La Rousselière et de la présentation possible du Championnat provincial en 2017 dans l’arrondissement de Rivière-des-Prairies-Pointe-aux-Trembles.

Le maire a aussi mis un peu de pression - à la blague - en souhaitant qu’une équipe de sa ville remporte les grands honneurs lors des Jeux du Québec, qui auront lieu chez lui, en 2016.

Impact immédiat

À court terme, Baseball Québec assure que les terrains seront utilisés à leur pleine capacité dès qu’ils seront prêts.

«Ça aura un impact gigantesque. Plusieurs parcs sont très vieux. Il arrive qu’ils soient disponibles, mais les lumières ne fonctionnent pas. Les rénovations permettront de débloquer des plages horaires et les inscriptions de baseball pour la relève seront encore plus grandes», a ajouté M. Lamarche.

Pour ce qui est du programme sports-études, déjà bien implanté à l’École secondaire Édouard-Montpetit, il pourra lui aussi bénéficier de cette nouvelle politique.

«“Sky is the limit”! On est en train de retravailler nos ligues de haute performance en leur collaboration. On pourrait accueillir à l’automne des écoles secondaires, des collèges américains pour organiser des tournois à Montréal», a noté Maxime Lamarche.