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En route vers le Super Bowl

Russell Wilson, monsieur janvier

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Des quarts-arrière du carré d’as, il y a Tom Brady, le vétéran célébré. Il y a Aaron Rodgers, qui héritera sans doute du titre de joueur le plus utile. Il y a le prodige Andrew Luck, déjà canonisé. Et il y a Russell Wilson, qui malgré un Super Bowl et un flegme remarquable sous pression, n’a pas droit au même respect.

Puisque la défensive est la principale responsable des succès de l’équipe et que l’attaque est avant tout orientée vers la course, Wilson passe derrière la parade à la veille d’affronter les Packers de Green Bay, dimanche, en finale de la conférence nationale.

«Je pense qu’il ne reçoit pas tout le mérite qu’il devrait avoir, parce que nous ne sommes pas une attaque qui passe si souvent le ballon.

«Il ne cadre pas dans le moule des traditionnels quarts-arrière de concession. Tout ce qu’il fait dans notre offensive, il le fait bien, autant en prenant de bonnes décisions lorsque vient le temps de courir qu’en protégeant bien le ballon. Avec lui, un jeu n’est jamais mort», a souligné son receveur de prédilection, Doug Baldwin.

La visualisation

Wilson a beau recevoir peu d’amour, les faits sont là. Depuis 2012, il a orchestré 14 poussées victorieuses au quatrième quart ou en prolongation, un sommet dans la NFL.

En six matchs de séries, il compte cinq victoires contre une défaite, avec neuf passes de touchés contre seulement une interception. Son coefficient d’efficacité de 109,6 est le plus haut de l’histoire en séries, devant Rodgers, Bart Starr, Kurt Warner et Drew Brees.

«Sois tu vis pour de tels moments ou tu tombes quand ils surviennent. Depuis mon enfance, je visualise ces moments. Je me suis imaginé vivre une situation de quatrième essai et sept verges à faire, tous les troisièmes essais, les situations près de la zone des buts. Je me suis vu tellement de fois dans ces situations que je crois toujours que le succès viendra pour moi», a indiqué Wilson.

Sur mesure pour gagner

Le début de carrière de Wilson ressemble étrangement à celui de Tom Brady, qui avait remporté deux fois le Super Bowl à ses trois premières saisons, sans présenter des statistiques extravagantes. À l’époque, certains se demandaient aussi si Brady n’était pas simplement le produit d’un bon système d’équipe. Et pourtant...

«Comme pour tout grand compétiteur, les matchs des éliminatoires font ressortir le meilleur de Russell», a fait valoir l’entraîneur-chef Pete Carroll.

«Il se prépare constamment pour ce genre de moments. Il s’est placé dans ces situations souvent et il a gagné partout où il a joué», a pour sa part affirmé le coordonnateur offensif Darrell Bevell.

En moyenne, depuis son arrivée dans la NFL, en 2012, Wilson lance chaque saison pour 3316 verges et 24 passes de touché, des chiffres modestes chez les quarts-arrière d’aujourd’hui. Mais on ne compte plus ses victoires cruciales quand l’enjeu est énorme.

«Je retire beaucoup de fierté de ça. Tous les grands joueurs doivent réussir sous pression. Tu dois sauter sur ces moments et pas les fuir», estime-t-il.