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En route vers le Super Bowl

Les Seahawks, une espèce en voie de disparition

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À l’approche d’une deuxième présence de suite en finale de la conférence nationale, les Seahawks de Seattle miseront encore sur une recette à l’ancienne face aux Packers de Green Bay.

En dépit des règlements visant à mousser artificiellement les statistiques offensives aujourd’hui, la défensive à Seattle continue de s’établir parmi les meilleures de tous les temps.

Certaines unités défensives légendaires comme celles des Steelers de Pittsburgh de 1976 ou des Bears de Chicago de 1985 montrent des statistiques plus impressionnantes.

Les Jack Lambert, Deacon Jones et autres légendes d’une époque révolue inspiraient peut-être davantage la terreur, mais les Seahawks n’évoluent plus dans une ère où des plaqués dignes de prises de lutte leur vaudraient des documentaires héroïques de NFL Films.

«Le sport est joué différemment. De la façon dont le football se pratique maintenant, toutes les règles en couverture de passe et les autres pour protéger les quarts-arrière et receveurs, nous rendent la vie difficile.

Les compliments de «Mean» Joe

«Aujourd’hui, on ne peut même pas porter la main au casque. À l’époque, tu pouvais arracher une oreille ou dévisser la tête d’un joueur! Je regardais des images de Dick Butkus l’autre jour et je me disais que ce type ne toucherait à aucun de ses chèques de paye aujourd’hui à cause des amendes. Tout est différent. Ils étaient les meilleurs à leur époque et nous sommes les meilleurs aujourd’hui. Il y aura toujours une compétition à cet effet», a bien résumé l’ailier défensif Michael Bennett.

Récemment, un monument du célèbre rideau de fer des Steelers, «Mean» Joe Greene, mentionnait que les Seahawks formaient une espèce en voie de disparition et qu’ils étaient l’unique équipe divertissante dans la NFL. Le compliment a réjoui le volubile demi de coin Richard Sherman, qui a abordé la question mercredi.

«C’est gros, venant d’un si grand joueur! Nous nous faisons une fierté de jouer à l’ancienne, mais à notre époque, c’est difficile», a-t-il soupiré.

«Même en nous pliant à tous les règlements, on finit par en briser quelques-uns parce que dans le feu de l’action, on frappe trop haut, parce qu’un joueur de ligne accroche le casque du quart-arrière avec son ongle... Aujourd’hui, si on souffle sur quelqu’un trop fort, on peut se faire éjecter du match», a-t-il réagi.

Les meilleurs?

Dans ce contexte, même si les Seahawks présentent des statistiques défensives moins saisissantes que les pionniers qui les ont précédés pour marquer l’histoire du sport, ils se voient en haut du piédestal.

«Les Steelers des années 1970 misaient sur le facteur intimidation en frappant les quarts-arrière à grands coups de cordes à linge. Je ne sais pas, honnêtement, si on peut se comparer. Si vous nous regardez jouer aujourd’hui et que vous regardez les grandes équipes de l’époque, vous ne reconnaîtrez jamais le même sport», a indiqué Sherman.

Si plusieurs joueurs d’aujourd’hui rêvent des règlements plus souples de jadis, permettant aux défensives d’être plus terrorisantes, il y a tout de même un prix de consolation.

«Est-ce que j’aurais préféré jouer à cette époque? Non, ils n’étaient pas assez payés!», a tranché Bennett.