Championnat mondial junior 2015

Groulx, un mauvais choix?

Groulx, un mauvais choix?

Paul Rivard

Publié 05 janvier 2015
Mis à jour 05 janvier 2015

Le Canada est à nouveau champion mondial de hockey junior. Comme lors de ces cinq années consécutives, en 2005, 2006, 2007, 2008 et 2009.

Et, surtout, après ce long passage à vide de cinq années, en 2010, 2011, 2012, 2013 et 2014

Le Canada est donc à nouveau maître du monde. Et malgré la présence de Benoit Groulx comme entraîneur-chef.

Comment ça, MALGRÉ la présence de Benoit Groulx?

Je vous étonne en écrivant que l’entraîneur-chef Benoit Groulx ne mérite pas de crédit, après avoir mené notre pays aux grands honneurs, fort de sept victoires consécutives, assorties d’une production de 39 buts contre seulement neuf filets accordés à leurs adversaires?

Mais ce n’est pas moi qui le dis.

C’est Gare Joyce, un journaliste anglophone, qui l’a écrit une grosse semaine avant qu’on ne passe la médaille au cou des joueurs drapés de rouge et à celui de Groulx lui-même. Le regrette-t-il? Probablement pas puisqu’il n’aime visiblement pas l’entraîneur québécois et il l’a exprimé clairement. L’aime-t-il un peu plus maintenant? Personne ne le sait, à moins qu’il ne rédige rapidement son mea culpa.

Oui, 29 décembre dernier, Joyce écrivait cet article, alléguant que Benoit Groulx n’était pas le bon homme pour redonner au Canada ce titre précieux de champion du monde.

Stuff de junior

«Estomaqué!» écrit Joyce, à propos de la nomination de Groulx, comme assistant l’an dernier, puis comme entraîneur-chef cette année. «Et je ne suis pas le seul...», ajoutait-il en mentionnant que Groulx avait de nombreux détracteurs. Un entraîneur de type bully, mentionnait-il dans son article. Vous savez, ce type d’homme un peu caractériel qui tente de tirer le meilleur des jeunes athlètes en les brusquant, les invectivant et même en les menaçant de punitions.

Ce qu’on appelait à l’époque, du stuff de junior.

Ainsi, je le répète, Gare Joyce a écrit que Benoit Groulx n’était pas le bon fit pour diriger cette équipe. Lorsque notre brillant analyste a fait ce constat, la semaine dernière, le Canada avait pourtant remporté ses deux premiers matchs préliminaires avec un total de 12 buts, grâce à des victoires de 8-0 (Slovaquie), et de 4-0 (Allemagne). Mais il ne s’agissait pas d’une opposition significative, pouvait-on supposer.

Quelques heures après la mise en ligne de cette opinion de Joyce, le Canada remportait son premier vrai test, 4-1, contre les Finlandais. Deux jours plus tard, l’équipe canadienne complétait son tournoi préliminaire avec un gain de 5-3 devant les Américains.

Et Groulx de le faire mentir

Hockey Canada
Crédit photo : Agence QMI

Bilan : Quatre victoires en autant de matchs préliminaires... 21 buts contre 4. Mais bon... ça ne voulait rien dire, puisqu’il s’agissait seulement des préliminaires.  Et la victoire en quart-de-finale, 8-0, face au Danemark, non plus probablement. Il fallait une médaille.

La victoire de 5-1 contre les Slovaques, en demi-finale pouvait-elle faire réfléchir notre perspicace journaliste torontois? Pas plus. C’était la médaille et rien d’autre qu’il fallait pour lui prouver qu’il s’était (peut-être...) trompé.

Oh, bien sûr, il pourra toujours dire que Groulx n’a impressionné personne lorsque ses jeunes ont bousillé une priorité de 5-1, au milieu de la finale, accordant trois buts en trois minutes.

Et pourtant. Le Canada a gagné. Malgré un coach qui ne «fittait» pas.

Non. Il n’y a pas grand chose à ajouter.

Je n’ai pas de problème avec les analyses des connaisseurs, lorsqu’ils peuvent s’appuyer sur des résultats probants et étaler les preuves de ce qu’ils avancent. Mais écrire ça après seulement deux rencontres préliminaires?

La vérité, c’est qu’un  journaliste a voulu sortir l’article-choc, probablement en espérant qu’une déconfiture canadienne lui donnerait le plus spectaculaire  «j’vous l’avais pourtant dit!».

Mais bon... il pourra maintenant se pratiquer à dire, en français : «J’m’ai trompé!»

«Pouet...pouet...pouet... !»

Et Benoit Groulx, lui, chante plutôt :

«Na-na-naaaa-naHey-hey-heeeeyyyGoodbye!!! »

<<STORY SLUG>>
Crédit photo : Agence QMI