Championnat mondial junior 2015

L'espoir du CH et le mur Godla

Agence QMI / Joanie Godin

Publié | Mis à jour

Les Finlandais, champions en titre, ont subi un deuxième revers en deux matchs au Championnat mondial de hockey junior, cette fois par la marque de 2-1 face aux Slovaques, samedi.

De l’aveu même du gardien slovaque Denis Godla, cette performance «est le fait saillant de sa carrière jusqu’à maintenant». Ça résume bien l’allure du match, alors que la Slovaquie l’a emporté en ne dirigeant que 12 tirs vers le filet défendu par Juuse Saros.

L’expression «David contre Goliath» image bien la différence des forces des deux équipes sur papier. Mais sur la glace, «David» comptait sur un gardien de but intraitable... et qui a eu la collaboration de ses poteaux à quelques reprises.

«Mes coéquipiers m’ont beaucoup aidé, mais c’est à mes poteaux que je dis mon plus gros merci!», a dit Godla, qui a fini sa journée de travail avec 37 arrêts.

Le capitaine de la Finlande, Artturi Lehkonen, avait souligné après le duel de vendredi contre les États-Unis que son pays comptait sur les deux meilleurs gardiens du tournoi. Sauf que samedi, c’est la Slovaquie qui avait le plus performant, Godla multipliant les arrêts, souvent de façon spectaculaire.

En première période seulement, il a repoussé 15 rondelles et a notamment sauvé les meubles lors d’un cinq contre trois d’un peu plus d’une minute.

Seul Mikko Rantanen l’a battu, à 7:01 de la première période. Lors d’une contre-attaque, il a saisi la passe de Juuso Ikonen, qu’il avait d’abord reçue dans les patins, et décoché un tir précis, qui est passé sous le bras gauche de Godla.

Frustrations

Le héros du jour a fait rager plusieurs de ses adversaires. À lui seul, le jeune Jesse Puljujarvi aurait bien pu enfiler un tour du chapeau au cours des 20 premières minutes de jeu.

«Il a un talent extraordinaire et je sais qu’il est frustré. On a essayé de le calmer un peu, car quand la rondelle ne rentre pas, oui, c’est frustrant, mais il faut se concentrer sur sa prochaine présence sur la glace», a raconté Lehkonen.

L’entraîneur-chef Hannu Jortikka a lâché un long soupir lorsque les journalistes lui ont parlé des chances ratées du hockeyeur de 16 ans.

«C’est incroyable tout ce qu’il a eu», a-t-il dit, avant d’ajouter qu’il était de même pour tous ses joueurs.

«Leur gardien a bien joué, mais on a aussi eu toutes les misères du monde à marquer. On a raté tellement de filets ouverts.»

L’attaque à cinq de la Finlande est également à blâmer pour la défaite, ne produisant absolument rien en six avantages numériques. Frustré, Lehkonen?

«Oh oui. Parlez-m’en! Mon trio n’a marqué aucun but sur l’attaque massive en deux matchs. C’est fâchant, mais je crois qu’on doit peut-être simplifier nos jeux, envoyer la rondelle au filet, lancer de la ligne bleue pour espérer une déviation», a-t-il répondu.

Reway se démarque

Le capitaine de la Slovaquie, l’espoir du Canadien de Montréal Martin Reway, a préparé les deux buts des siens.

Sur le premier, marqué un peu plus de deux minutes après celui des Finlandais, Reway y est allé d’un tir de la pointe, que Peter Cehlarik a parfaitement fait dévier alors qu’il était placé devant la cage, en supériorité numérique.

Puis sur le but gagnant, inscrit en début de deuxième période, Reway, installé dans le cercle des mises en jeu, a refilé le disque à Holenda, qui a marqué d’un tir dans le haut de la lucarne. Il ne s’agissait que du septième lancer des Slovaques.

Malgré cela, Reway ne semblait pas du tout satisfait de sa performance.

«Mon jeu n’était pas très à point. J’ai commis des mauvais revirements et je n’ai pas couvert mon joueur sur le premier filet. Je dois être meilleur que ça, car ce n’était pas un bon match pour moi.»

Continuer à travailler

Après la défaite de 8-0 de la Slovaquie subie aux mains du Canada la veille, l’entraîneur-chef Ernest Bokros avait dit que son équipe n’avait rien démontré de son talent. Il faut croire qu’il n’avait pas tort, même si la performance des Slovaques a loin d’avoir été éclatante. La différence, c’est qu’ils ont connu un bien meilleur départ.

«On a joué dès la première minute et on n’a jamais perdu notre concentration. On savait ce qu’on avait à faire et on a suivi ce plan durant les 60 minutes de jeu. C’est bon pour nous, on s’est prouvé qu’on peut gagner, mais pour aller loin dans ce tournoi, il faut continuer à jouer comme ça. Si on le fait, rien n’est impossible», a conclu Reway.