Frédéric Dion

Photo : Frédéric Dion Crédit : PHOTO COURTOISIE

Sports divers

Frédéric Dion poursuit son aventure

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Frédéric Dion ne veut pas se contenter d’être le premier aventurier à avoir relié le centre de l’Antarctique et le pôle Sud géographique en solitaire, et ce, en un temps record de neuf jours. Il en veut toujours plus.

Le Québécois n’est pas rassasié et pour la deuxième fois depuis le début de son voyage en ski tracté par cerf-volant, il désire prolonger le plaisir. Dion partira donc à la poursuite d’un autre record mondial, celui d’être la première personne à compléter la traversée intégrale du continent jusqu’à Hercules Inlet en solo.

«Je me lance dans un autre 1130 kilomètres jusqu’à la côte de l’Antarctique, a-t-il confié en entrevue téléphonique, alors qu’il profitait d’une journée de repos en ce jour de Noël. J’aurai finalement traversé le continent par son centre. C’est un autre beau projet.»

Les défis ne semblent pas effrayer Dion, qui a déjà établi plusieurs marques mondiales depuis son départ le 10 novembre de la base russe de Novolazarevskaya. Le 15 décembre, il a été le premier homme à se rendre au pôle Sud d’inaccessibilité en solitaire et il l’a fait plus vite que d’autres groupes avant lui.

«C’est une belle étape de franchie, a-t-il dit. Mais plus j’avance et plus les vents sont forts et favorables et le terrain est de plus en plus beau. Je suis assez excité pour la suite.»

L’énergie n’est pas un problème pour le Mauricien et il lui reste de la nourriture pour 13 jours, durant lesquels il prévoit parcourir en moyenne 100 km par jour.

«Ça va bien au niveau psychologique et on dirait que j’ai pris de la forme depuis le début de l’aventure, alors je continue, a-t-il poursuivi. J’avais prévu être ici pour 65 jours et ça ne fait que 46, donc il me reste du temps et de l’énergie. Pourquoi ne pas allonger l’aventure?»

D’autres records dans la mire

D’ici la fin de son périple, Frédéric Dion pourrait écrire son nom dans l’histoire à quelques occasions.

«Je ne veux pas me créer des attentes, a-t-il préféré nuancer. En fait, je veux faire de mon mieux. À chaque journée, je vais essayer de ramasser le plus de vent possible avec mon cerf-volant et on verra où ça me mènera.»

La veille de Noël, l’homme de 37 ans a sillonné 121 km pour atteindre le pôle Sud géographique, son deuxième objectif. Au total, il a jusqu’à maintenant franchi 3041 km.

«Les 90 premiers kilomètres ont été faciles avec un bon vent, a-t-il raconté. Les 30 derniers ont été atroces, car je n’avais plus de vent, mais je ne voulais pas arrêter parce que j’étais rendu. Ç’a été très difficile, mais je savais que la récompense était là au bout. Il y avait des gens qui m’attendaient, j’avais un repas chaud et une tente chauffée. C’est le gros luxe comparé à tout ce que j’ai vécu. J’ai mis les efforts qu’il fallait et je suis très content d’être rendu.»

Épreuves

Tout au long de son épopée, Dion a fait fi des tempêtes, du froid (-50 degrés Celcius), des rafales de plus de 150 km/h, d’un incendie, des bris d’équipement, ainsi que les sastrugi, ces pics de glace très durs formés par le vent.

«Je peux vivre avec l’inconfort et l’effort, mais ce qui a été le plus difficile, ce fut la séparation avec les personnes que j’aime le plus au monde, estime-t-il. Ça faisait longtemps que je n’étais pas parti de la maison plus de deux semaines. Ça m’est tombé dessus comme une tonne de briques. Ç’a pris du temps pour que je m’en remette, que je sois plus positif et que je passe à travers. Maintenant que la fin approche, ce n’est que du bonheur.»

Noël en Antarctique

Pour la première fois, les deux petites filles de Frédéric Dion, âgées de 3 et 6 ans, ont vécu un Noël sans leur père.

«Elles ont participé avec moi à l’élaboration du projet, a-t-il mentionné. Elles m’ont laissé des messages dans mes sacs de nourriture. On s’y prépare en famille depuis longtemps. Mais elles ont hâte de me revoir et moi aussi. J’ai appelé à la maison aujourd’hui [jeudi] et mes filles ont vu le père Noël, alors c’est le bonheur!»