Boxe

De douloureux souvenirs pour Kovalev

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Lorsque Jean Pascal parle de son affrontement contre Sergey Kovalev, il fait souvent référence au célèbre film «Rocky IV». Il n’a pas tout à fait tort, car la réalité et la fiction ont plusieurs similitudes.

On peut facilement comparer le Russe au personnage d’Ivan Drago, un puissant cogneur qui détruisait tous ses adversaires sur son passage.

Dans ce drame sportif, Apollo Creed, le bon ami de Rocky, succombe à ses blessures lors de son affrontement avec Drago. Kovalev, lui, a vécu une situation similaire, mais dans la réalité.

Ça s’est déroulé le 5 décembre 2011, alors qu’il se mesurait à son compatriote Roman Simakov en Russie. Le protégé de Main Events a dominé outrageusement son opposant avant de l’emporter au septième round par knock-out technique en déployant sa force de frappe foudroyante.

Quelques jours plus tard, Simakov rendait l’âme à l’hôpital en raison d’une hémorragie au cerveau. Il faut préciser que le pugiliste avait subi d’importants traumatismes qui n’avaient pas été bien traités avant son duel contre Kovalev.

Dérangé par ce drame

Kovalev baisse encore les yeux quand il est question de ce drame. Il a de la difficulté à mettre des mots sur ce qui est arrivé.

«Je n’aime pas en parler, a indiqué le pugiliste originaire de Kopeysk lors d’une entrevue avec le Journal de Montréal. Il m’arrivait souvent de repenser à ce combat dans les premiers mois après les événements, mais je suis passé à autre chose.

«Ça me dérangeait davantage sur le plan mental que physique.»

Par contre, il estime que ce sont les risques du métier.

«La boxe est un sport dangereux et tout le monde peut se blesser à un moment ou à un autre.»

Sa promotrice Kathy Duva a admis que son protégé avait eu de la difficulté à se remettre de cet incident, mais pas autant que l’on pourrait penser. La preuve ? Il a réussi un knock-out rapide contre Darnell Boone lors de son retour entre les câbles.

Pascal conscient du danger

Même s’il n’est pas un peureux, Jean Pascal est conscient du danger que représente un combat contre Kovalev.

«Je l’ai toujours dit: la boxe n’est pas un jeu, a souligné le pugiliste d’InterBox. Dès qu’on monte sur le ring, on met notre vie en danger.

«C’est important d’être toujours prêt, car c’est là que les malheureux incidents, comme celui de Simakov, peuvent survenir.»

Pour revenir au célèbre «Rocky IV», on se rappelle que l’Américain l’avait emporté sur le Russe devant une foule hostile. Pascal espère qu’il pourra écrire le même scénario, mais avec des partisans qui crieront en sa faveur.

«Dans cette nouvelle mouture du film, je ne suis pas Apollo Creed, mais bien Rocky Balboa», a expliqué le pugiliste québécois sur un ton confiant.