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Trop d'impôts pour les joueurs à Montréal?

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À lire les nombreux articles sur le sujet, c’est à croire que Montréal effraie tellement les joueurs à cause de son taux élevé d’imposition, que plusieurs grands noms préfèrent aller jouer dans des marchés ennuyants plutôt que de voir fondre leur salaire de moitié.

Pourtant, c’est faux.

Jonathan Bicher, un fiscaliste de Montréal, explique plutôt qu’il est avantageux pour un Américain de venir jouer pour les Canadiens.

«Le taux d’imposition du Québec est très élevé, mais le système canadien offre une certaine flexibilité», a-t-il expliqué.

Cette flexibilité permet notamment aux joueurs étrangers de profiter d’un outil intéressant : les conventions de retraite, aussi appelés dans le jargon «RCA».

«Ça peut vous mettre dans une position où vous pouvez réduire votre taux d’imposition. On peut réduire le taux de 50% à 43%. Ce qui est souvent mieux que dans certains états des États-Unis.»

En effet, quelques états saignent à blanc les portefeuilles de certains athlètes. La Californie est peut-être toujours ensoleillée, mais cela n’est pas gratuit.

Oui, le taux d’imposition de l’Ontario et du Québec frôle le 50%, mais ces conventions de retraite permettent de le diminuer.

Prenons l’exemple d’un joueur américain gagnant 10 millions par saison. Normalement, avec un taux de 50%, il se retrouverait à payer 5 millions $ en impôts. Mais, avec le «RCA», il peut placer 2 millions $ dans ce fond pour sa retraite et se retrouver à payer 50% sur 8 millions $, ce qui représente 4 millions $ en impôts.

«C’est un peu comme un REER, mais qui prend des stéroïdes, quoique je ne devrais pas dire ça en parlant d’athlètes!»

Au fond, grâce au «RCA», ce joueur paierait en impôts ce qu’il aurait payé s’il avait joué pour une équipe au bas taux d’imposition.

Pour la retraite

Quant à l’argent investi dans ces conventions de retraite, il pourra être récupéré dans le futur.

«Cet argent placé pour la retraite pourra être récupéré au moment où l’on paye moins d’impôts.»

D’ailleurs, ne vous demandez pas pourquoi autant de joueurs prennent leur retraite en Floride (+/- 40%) et non pas en Californie (+/- 50%).

«Financièrement, Los Angeles est le pire endroit où jouer, mais deux coupes Stanley en trois ans, ça console», a indiqué Jarret Stoll.

Taxe ou pas, au final, ce qui compte vraiment, ce sont les bagues et les partisans.

(D'après un reportage de Frédérique Guay)