Canadiens de Montréal

Tous unis sous la bannière bleu-blanc-rouge

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Preuve que le rayonnement de Jean Béliveau dépassait grandement les simples limites du sport, plusieurs représentants de la classe politique, anciens et actuels, se sont déplacés à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal pour rendre un dernier hommage à l’ancien joueur du Canadien de Montréal.

Qu’ils soient issus du milieu municipal, provincial ou fédéral, qu’ils représentent les rouges ou les bleus, pour une fois, ils étaient tous sur la même longueur d’onde. Pour eux, le légendaire numéro 4 fut l’un des plus grands ambassadeurs qu’ils aient connus.

«Mon père m’a fait rencontrer des tas de gens extraordinaires. Petit, j’ai pu rencontrer des rois, des princes et des présidents. Cependant, je n’ai jamais senti mon père plus fier que le jour où il m’a présenté Jean Béliveau», a soutenu Justin Trudeau, chef du Parti libéral du Canada.

Denis Coderre avoue que la grandeur d’âme de M. Béliveau fut un exemple à suivre. Le maire de Montréal assure s’en être lui-même inspiré.

«Ce que je retiens de M. Béliveau, c’est la proximité qu’il avait avec les gens. Pour lui, tout le monde était important et il était primordial de respecter les autres. C’était quelqu’un d’une grande humilité et d’une grande sobriété, mais c’était un leader de tous les instants. C’est ma définition du mot capitaine», a déclaré M. Coderre quelques instants avant le début de la cérémonie.

Le magnétisme de M. Béliveau était tellement puissant que plusieurs partis politiques ont tenté de le faire adhérer à leur idéologie.

Ce fut le cas de Jean Chrétien, premier ministre du pays de 1993 à 2003.

«J’ai voulu lui offrir le poste de gouverneur général du Canada, mais pour des raisons personnelles, il a refusé. J’ai respecté son choix», a rappelé M. Chrétien.

Feuille d’érable et fleur de lys

Difficile de sortir la partisanerie de la politique. Même jusqu’à ce qu’il soit conduit à son dernier repos, M. Béliveau aura été au centre d’un débat entre fédéralistes et nationalistes.

«Le Canada a perdu un citoyen extrêmement respecté par tout le monde dans tout le pays. J’admire M. Béliveau depuis mon enfance. Il était plus grand que son sport. Il fait déjà partie du Temple de la renommée du hockey, il fait maintenant partie de l’histoire du Canada», a fait valoir Stephen Harper, l’actuel premier ministre canadien.

Au moment de se présenter devant les journalistes rassemblés sur le parvis de l’église, Bernard Landry y est allé d’un discours similaire, cette fois à la faveur de la «nation québécoise».

«Les succès de Jean Béliveau ont coïncidé avec la Révolution tranquille. L’épopée Maurice Richard a joué un grand rôle dans notre aventure nationale. À ce niveau, les deux se sont complétés», a déclaré celui qui fut à la tête du Québec de 2001 à 2003.

Une opinion qui a rejoint, en quelque sorte, celle de Philippe Couillard, actuel premier ministre du Québec.

«On est venu célébrer la mémoire d’un grand Québécois avec la famille. Un grand Québécois nous quitte. On a encore le Québec à bâtir, mais il nous a tracé la voie.»

Jean Béliveau conduit à son dernier repos - TVA Sports