Canadiens de Montréal

Bon voyage Monsieur Béliveau

Publié | Mis à jour

Ça y est, le grand Jean Béliveau a fait son dernier tour de piste. À l’image du grand homme qu’il a été, ses funérailles nationales ont été empreintes de respect, de dignité et de classe. Comme l’a exprimé Ken Dryden: «Ce n’est pas le temps de dire au revoir. C’est le temps de dire merci.»

La cérémonie religieuse a été célébrée mercredi à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal, bondée d’amis, de membres de la famille, de hockeyeurs – retraités ou non –, de nombreux politiciens de tous les paliers de gouvernement et même de partisans.

À voir :

Quelques instants avant l’arrivée du cercueil recouvert d’un grand drapeau du Canadien de Montréal, c’était le silence le plus complet. Puis, pendant un moment, ce n’est pas un flambeau que d’ex-Tricolore ont tenu à bout de bras, mais bien le cercueil de leur ex-coéquipier, leur capitaine.

L’émotion était à son comble lorsque Serge Savard, Yvan Cournoyer, Guy Lafleur, Phil Goyette, Robert Rousseau et Jean-Guy Talbot s’avançaient dans l’allée, suivis de la famille et de la deuxième grande famille de Jean Béliveau, tous les anciens joueurs du Tricolore et la formation actuelle avec la direction.

Beaux témoignages

Ce qui aura retenu l’attention, ce sont les hommages de cinq hommes de hockey, Dickie Moore, Cournoyer, Savard, Dryden et le président et propriétaire du CH, Geoff Molson.

Parsemés d’anecdotes, ces émouvants discours ont su arracher quelques larmes aux gens présents.

Tous soulignaient la grande perte que l’on a subie le 2 décembre.

«J’ai été chanceux et lui, il était bon. Tu seras un coéquipier et un ami pour toujours», a dit Moore, âgé de 83 ans.

Cournoyer a eu du mal à contenir ses larmes durant son allocution.

«En raison de notre différence d’âge, on a développé une relation qui était presque celle d’un père et de son fils», a-t-il souligné.

Même s’il a lui-même porté le «C» sur son chandail pendant des années, Béliveau restera toujours «son capitaine».

«Ça fait 51 ans que tu es mon ami, mon capitaine. Nous ressentons tous un grand vide dans notre cœur. Ô capitaine, mon capitaine. Bon voyage», a-t-il laissé tomber avant de fondre en larmes.

De son côté, Savard a terminé son hommage en disant: «Jean, le Rocket est assis à la table d’honneur de nos légendes nationales. Il t’invite à te tirer une chaise et à t’asseoir à ses côtés.»

Le grand joueur

À peu près tout a été dit depuis l’annonce du décès de M. Béliveau. Tous ont vanté la classe et le respect qui habitaient ce grand gentleman. On s’est aussi remémoré ses prouesses sur la glace.

Molson a d’ailleurs bien résumé le comportement irréprochable du joueur, rappelant que M. Béliveau avait été à l’époque le premier à traverser la patinoire avec la coupe Stanley, de manière à ce que tous les partisans puissent la voir de près. «Ses victoires, c’était notre triomphe», a noté Molson.

Dryden a rappelé qu’à la suite de tous les succès du Tricolore, on en vient à oublier que l’équipe n’a pas toujours été légendaire, que ce sont des joueurs comme Maurice Richard et Jean Béliveau qui ont transformé la formation et l’ont rendue si dominante.