Louis Jean

Bettman fait monter les enchères

Bettman fait monter les enchères

Louis Jean

Publié 08 décembre 2014
Mis à jour 08 décembre 2014

«Nous n'avons pas tenu de vote, nous n'avons pas d'entente et nous n'avons pas pris de décision sur l'expansion.»

C'est ce qu'a affirmé le commissaire de la Ligue nationale de hockey, Gary Bettman, au terme de la première journée de la rencontre des gouverneurs qui se déroule à Boca Raton en Floride.

«Nous avons fait une mise à jour sur l'intérêt que certains marchés ont démontré.»

Rien de nouveau là-dedans.

Mais après avoir pesé ses mots et fait quelques mises en garde, Bettman a dit que William Foley, l'homme d'affaires qui veut amener une équipe à Las Vegas, avait fait une demande à la ligue.

Il voulait vendre des billets de saison virtuels pour connaître et surtout démontrer à la LNH le sérieux de sa démarche et connaître l'intérêt réel. La demande a été approuvée.

Maintenant, est-ce que cela veut dire que si les ventes de billets vont bien, il y aura une expansion à Sin City? Pas nécessairement.

Il y a plusieurs étapes à franchir avant de formellement se lancer dans une expansion, mais disons que si les données sont favorables, les choses pourraient débouler rapidement.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que la Ligue nationale est très intriguée par Las Vegas. William Foley est très agressif et veut convaincre la LNH.

Et Québec dans tout ça?

Est-ce que le climat est plus favorable pour un retour des Nordiques? «Il n'y a pas de température. Rien n'a changé», a rétorqué Bettman.

Qu'est-ce que ça veut dire? Que la LNH suit de très près le dossier, apprend à connaître intimement l'entreprise et développe des liens de plus en plus serrés. La ligue est bien consciente qu'en septembre, un amphithéâtre sera prêt a recevoir une équipe et que les futurs propriétaires n'attendent que la confirmation.

Mais à force d'analyser l'approche de la LNH, discuter avec des gens en connaissance de cause et regarder l'incertitude et la fragilité de certains marchés (Panthers entre autres), il semble de plus en plus clair que le retour des Nordiques risque de passer par un déménagement et non une expansion.

On dit que Gary Bettman garde toutes ses options ouvertes. En annonçant que Las Vegas a entamé des démarches pour valider sa capacité d'accueillir une équipe de la LNH, la pression vient de monter sur les autres marchés intéressés à faire de même.

Soudainement à Seattle, les investisseurs vont se rendre compte qu'ils pourraient manquer le bateau. Comment vont-ils réagir?

Toronto aimerait obtenir une deuxième concession. Si la démarche est sérieuse, c'est le temps de partir la machine.

Les enchères sont en train de monter et c'est précisément ce que veut la LNH.

Ce qu'il faut comprendre, c'est que l'intérêt de Las Vegas et l'intrigue que la ligue y démontre n'est pas un volte-face, ni un désaveu pour les Nordiques. Au contraire.

Gary Bettman sait pertinemment que si une équipe doit déménager rapidement, ce qui est loin d'être impossible, il doit se garder une porte ouverte.

Et cette porte de sortie, selon ce que j'en déduis, c'est Québec.