Canadiens de Montréal

Digne de Monsieur Béliveau

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Un seul siège était bien en vue dans l’amphithéâtre du Centre Bell pendant la chapelle ardente pour Jean Béliveau, samedi.
 
Ce siège, qui lui a si longtemps appartenu, était occupé par un faisceau lumineux venant du plafond et le dossier recouvert de son numéro 4.
 
Cette image poignante et à fendre le cœur risque de rester gravée à tout jamais dans la mémoire des partisans venus offrir leurs condoléances à la famille.
 
C’est dans le respect, la solennité et la sobriété que les amateurs ont pu aller saluer le grand Jean Béliveau. De son vivant, on disait que les gens arrêtaient de parler lorsqu’ils voyaient le «Gros Bill» entrer dans une pièce, trop impressionnés par sa prestance, sa présence. C’est le même effet qu’ont ressenti des milliers de personnes lorsqu’elles ont foulé le tapis rouge menant à son cercueil.
 
Tout près, l’épouse de M. Béliveau, Élise, s’y tenait bravement en compagnie de leur fille Hélène et de leurs petites-filles Magalie et Mylène pour recevoir les messages de sympathie de la population.
 
On y retrouvait sa statue de bronze et les trophées qu’il a gagnés, mais également deux énormes bannières: une le montrant avec la coupe Stanley et l’autre d’un passé plus récent, lorsqu’il tend le flambeau bien haut.
 
De nombreux anciens joueurs du Tricolore tenaient à venir lui rendre hommage. Ils en sont évidemment tous ressortis les yeux rougis.
 
«La présentation est de toute beauté et j’espère que les gens vont venir voir mon capitaine. Jean a touché tout le monde et il mérite que tout le monde lui dise un dernier merci pour tout ce qu’il a fait sur et à l’extérieur de la patinoire», a dit Yvan Cournoyer, qui peinait à utiliser le passé en parlant de son ami disparu.
 
Dickie Moore, un autre ex-numéro 12 dont le nom flotte également au plafond du Centre Bell, était touché par cet hommage.
 
«C’était magnifique. La famille Molson a vraiment fait quelque chose de spécial. Je pense que Jean aimerait être ici et dire merci, pour célébrer avec nous», a-t-il mentionné.
 
Une présence, un grand vide
 
L’ancien président du Canadien de Montréal Pierre Boivin a bien résumé l’héritage de M. Béliveau, qui restera à tout jamais dans l’entourage de l’équipe.
 
«Jean était une présence. Il n’avait pas à être physiquement ici pour avoir une grande influence sur tout le monde dans l’organisation. Je pense à lui comme notre conscience. Il sera toujours avec nous et j’espère que de nombreuses personnes vont toujours admirer ses valeurs et la manière qu’il a mené sa vie pour être un modèle.»
 
Le président des Anciens Canadiens, Réjean Houle, est bien conscient que le départ d’un tel ambassadeur laissera un grand vide dans la grande famille de l’équipe.
 
«On est un groupe d’anciens joueurs de toutes les époques qui tiennent à garder le flambeau très haut. Le grand Jean parti, c’est à nous de prendre la relève», a-t-il affirmé, la gorge serrée.