Canadiens de Montréal

L'idole de l'idole

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Guy Lafleur est vu par plusieurs comme un des athlètes québécois ayant eu le plus d’influence dans l’histoire de la nation.

Jean Béliveau figure assurément dans cette liste. Et s’il y a eu le no 10, c’est un peu parce qu’il y a eu le no 4 auparavant.

«Pour moi, c’était une idole», a raconté Lafleur, mercredi, au lendemain de la mort de Béliveau.

«À 10 ans, au tournoi international Pee-Wee de Québec, j’avais eu l’occasion de le rencontrer et de prendre une photo avec lui. Il est devenu un genre de parchemin pour moi dans ma carrière et après le hockey.

Béliveau a accueilli «Flower» quand ce dernier est arrivé avec les Canadiens. Ainsi, le «Gros Bill» allait devenir un des artisans de la carrière d’un de ses plus émérites successeurs.

«Il est devenu un ami quand je suis arrivé avec les Canadiens de Montréal. Je suis demeuré chez lui deux semaines à mon premier camp d’entraînement. Côtoyer régulièrement Jean Béliveau, c’était un grand privilège.»

«Je me souviens qu’un beau matin, on déjeunait ensemble et il m’avait dit : "Tu vas voir Guy, une carrière ça passe vite. Moi ça fait 20 ans et c’est déjà terminé."»

Le dernier entretien

Lafleur est parmi les derniers qui ont parlé à Béliveau avant sa mort. Malgré la vie qui le quittait, la légende gardait la même sagesse qu’à l’époque où il est devenu le mentor du «Démon blond».

«J’ai vu Jean Béliveau il y a à peu près un mois et demi. Il était très malade. Il m’a dit de profiter de chaque moment...»

«Il m’a toujours encouragé, Jean, autant dans mes belles années avec les Canadiens qu’après ma première retraite, mon retour au jeu et ma dernière retraite. Il avait toujours le bon mot.»

«Tu ne peux pas remplacer un gars comme Jean Béliveau.»

Par amour

Béliveau était si parfait et c’est expressément pour cette raison qu’il n’a jamais voulu devenir entraîneur-chef d’une équipe de la LNH, surtout pas des Canadiens de Montréal; probablement l’emploi le plus éreintant qui existe en raison de la pression et des attentes.

«S’il ne voulait pas être entraîneur, c’est probablement parce qu’il ne voulait pas avoir de problèmes, a expliqué Lafleur. Ce n’était pas dans sa personnalité. C’est un homme droit qui a toujours voulu faire plaisir aux partisans.»