Canadiens de Montréal

«L'homme de hockey le plus respecté au monde» - Geoff Molson

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Le propriétaire du Canadien de Montréal Geoff Molson a difficilement retenu ses larmes lorsqu’il s’est adressé aux médias mercredi pour rendre hommage à Jean Béliveau, décédé mardi soir à l’âge de 83 ans. Ses deux familles – sa véritable famille et celle du Tricolore – partagent leur deuil avec toute la planète hockey.

«C’est une journée difficile pour la famille, mais aussi pour tout le monde, qui perd un si grand homme», a dit Molson d’entrée de jeu, avant de prendre une pause, incapable de terminer son idée.

L’émotion était palpable, alors que le président du Canadien rappelait que le grand Jean Béliveau avait fait partie de la vie de trois générations de Molson, sur près de sept décennies.

«La relation entre ma famille et lui remonte au tout début. Mon grand-oncle Hartland Molson et mon grand-père Thomas Molson lui ont fait signer un contrat. Il a travaillé avec eux pendant de nombreuses années, puis avec mon père. Je l’ai côtoyé à mon tour depuis mon arrivée avec le Canadien en 2009», a indiqué le président du club, ajoutant que son grand-père avait même employé Béliveau à la brasserie familiale après sa carrière.

Geoff Molson n’avait qu’un an lorsque Béliveau a pris sa retraite, mais il a vu de nombreuses vidéos de lui. Enfant, il voyait l’ancien numéro 4 comme un «géant» et il était en admiration chaque fois qu’il le croisait.

«Ma famille a connu tellement de beaux moments avec lui, je suis très fier de le connaître depuis si longtemps», a-t-il ajouté.

Un homme respecté

Béliveau, qui aura droit à des funérailles nationales, a été l’idole de tout un peuple, autant pour ses exploits sur la glace que pour son attitude à l’extérieur de la patinoire.

«C’est probablement l’homme de hockey le plus respecté du monde. Il a touché des centaines de milliers de personnes dans plusieurs domaines», a souligné Molson.

Ce dernier qualifie de grande chance le fait d’avoir pu compter sur un homme de sa prestance dans l’entourage du Tricolore pendant tant d’années.

«Les joueurs – actuels ou passés – reconnaissent que c’est un des plus grands ambassadeurs de leur sport. Comme il était là à chaque match, à son siège derrière le banc des joueurs ou dans les corridors, les joueurs savaient qu’un des plus grands hommes de hockey était toujours derrière eux», a précisé Molson, les yeux rougis.

Il serait étonnant qu’un autre joueur ait un jour le même impact sur l’équipe et sur la communauté. Mais le simple fait d’aspirer à suivre ses traces est déjà une grande réalisation, selon le propriétaire du Tricolore.

«C’est une grande ambition que d’aspirer à quelque chose qui se rapproche de ce qu’a fait Jean Béliveau. Si quelqu’un réussit à atteindre le niveau de classe de M. Béliveau, ce sera tout un accomplissement.»

C’est pourquoi l’équipe est en train d’élaborer un plan pour rendre un hommage le plus juste possible à ce grand disparu.

Une dernière rencontre

Geoff Molson est une des dernières personnes à avoir vu le «Gros Bill» avant son décès.

«Je m’informais souvent de son état auprès de son épouse ou de sa fille. Quand on m’a dit qu’il était de plus en plus affaibli, j’ai voulu aller le voir. Vendredi dernier, j’ai passé une quinzaine de minutes avec lui. Même s’il était faible, son esprit était toujours avec nous et il était heureux de recevoir de la visite. Quand je suis parti, il m’a dit “merci”», a raconté Molson.

Visiblement ému, il s’est contenté de conclure le récit de sa dernière rencontre en disant: «C’était très bien parce que c’est ce qu’il est. Il est reconnaissant.»

Le départ de Jean Béliveau laissera un grand vide. Un vide qui sera d’ailleurs bien visible derrière le banc des joueurs, là où il a pris place comme spectateur pendant des années. Qu’adviendra-t-il de ce fameux siège?

«C’est un siège unique. C’est extrêmement rare d’avoir une personne de sa trempe derrière le banc du CH. Tellement de bons souvenirs y sont rattachés qu’on fera en sorte que cela soit gravé dans nos mémoires pour longtemps», a promis Molson.