Football

Les Carabins remportent la Coupe Dunsmore!

Richard Boutin et Roby St-Gelais

Publié | Mis à jour

Les Carabins de l’Université de Montréal ont remporté la première coupe Dunsmore de leur histoire en disposant du Rouge et Or de l’Université Laval par la marque de 12-9 en prolongation, samedi, dans une bataille défensive présentée au PEPS.
 
La victoire des Carabins les propulse à la Coupe Uteck où ils accueilleront samedi prochain au CEPSUM les Bisons du Manitoba qui ont causé toute une surprise en disposant des Dinos de Calgary par un pointage de 27-15, enlevant les honneurs de la coupe Hardy.
 
Pour le Rouge et Or, qui avait remporté les 11 derniers titres provinciaux, il s’agit d’une première défaite à domicile après 70 victoires d’affilée. Leur dernier revers remontait au 14 septembre 2004, une défaite de 14-13 face aux Bleus.
 
Laval n’avait pas perdu en séries éliminatoires contre une équipe québécoise depuis un échec de 29-21 en demi-finale face aux Stingers de Concordia en 2002.
 
Laval a créé l’égalité 9-9 avec une minute au quatrième quart, mais un placement de 22 verges de Louis-Philippe Simoneau sur la première série en prolongation a fait pencher la balance du côté des visiteurs. Sur une tentative de placement de 47 verges, Boris Bede a tenté de créer l’égalité, mais son botté a raté la cible.
 
Un rêve pour Maciocia
 
«J’ai toujours rêvé de gagner avec une équipe de Montréal et j’ai eu la chance de le faire avec une formation qui n’y avait jamais goûté, a exprimé l’entraîneur-chef Danny Maciocia. Toutes les personnes qui ont contribué à cette équipe méritent une partie de la victoire. Tout le monde a travaillé très fort au sein de ce programme depuis 2002. On va savourer ce moment, mais on doit aussi rapidement penser à notre prochain match.»
 
Déçu de la tournure des événements, Glen Constantin regardait déjà vers l’avenir.
 
«On n’avait pas perdu une fois à domicile depuis 10 ans et ça défiait les lois de la statistique, a mentionné l’entraîneur-chef du Rouge et Or. Même chose pour nos 11 championnats québécois consécutifs. C’est certain que cela allait arriver à un moment donné.»
 
«On ne reverra plus jamais ça une telle domination, a poursuivi le pilote des perdants. Je suis très fier de tout ce que nous avons accompli au cours des 12 dernières années en travaillant toujours sans compromis. On repart à neuf et je suis toujours aussi motivé à recommencer. Toutes les défaites sont crève-cœur, mais nous avons un bel avenir avec la présence de plusieurs jeunes et d’autres joueurs de talent qui se grefferont.»
 
La victoire historique des Carabins avait une grande valeur aux yeux de Maciocia.
 
«On a pris certaines décisions au cours des quatre dernières années en changeant la philosophie et la structure. On a parlé du mot valeur en trouvant des gens qui avaient les mêmes que nous pour bâtir sous le thème de la famille. C’est mission accomplie.»
 
Byron Archambault a reçu le titre de joueur par excellence de la rencontre.
 
Archambault s’illustre
 
Auteur de 8,5 plaqués, dont un sac du quart en prolongation qui repoussait le Rouge et Or de l’Université Laval à la ligne de 40 verges pour tenter le placement, Byron Archambault rayonnait à la suite de la victoire des Carabins de l’Université de Montréal, samedi.
 
«Je n’ai pas de mots pour décrire cette sensation, a raconté le secondeur et joueur défensif par excellence sur la scène québécoise. C’est le fruit de tellement d’heures de travail. Nous avons fait face à plusieurs défis cette année et nous les avons relevés avec une équipe mature et unie, une véritable famille. Nous avons l’équipe la plus tissée serrée et c’est pour cela qu’on a été capable de rester fort jusqu’à la fin.»
 
À l’origine d’une réception cruciale en prolongation alors que les Carabins se retrouvaient en situation de deuxième essai et 16 verges à franchir, Philip Enchill a placé son équipe en excellente position pour tenter un placement deux jeux plus tard.
 
«Ce fut un travail de toute la ligne offensive, a expliqué celui qui a capté cinq ballons pour 104 verges. On avait un bon appel de jeu et je n’ai fait qu’un gros attrapé. À 9-9, on s’est dit que c’était notre journée et qu’on allait l’avoir.»
 
Dans la défaite, Shayne Gauthier a disputé un fort match. Le secondeur a redonné espoir à son équipe en provoquant un échappé de Sean Thomas-Erlington recouvert par Vincent Chabot alors qu’il restait moins de deux minutes au cadran avec le Rouge et Or en retard par trois points.
 
Laval s’est rendu à la ligne de 15 des Carabins, mais deux passes incomplètes dans la zone des buts ont mené à un placement de 23 verges.
 
«J’ai donné un coup de casque sur le ballon, a-t-il expliqué. Je n’étais pas trop conscient d’avoir provoqué un revirement. On voulait redonner le ballon à l’attaque et nous l’avons fait dans une meilleure position. On se donnait une bonne chance d’aller au moins en prolongation. La ligne offensive des Carabins a été capable de contenir notre front et de donner le temps de lancer au quart-arrière.»
«On voulait marquer l’histoire» - Gabriel Cousineau
 
Le quart-arrière des Carabins de l’Université de Montréal, Gabriel Cousineau, se pinçait presque après la victoire historique des siens pour s’assurer qu’il n’était plus en train de rêver à ce scénario.
 
«On voulait marquer l’histoire en réalisant quelque chose qui n’avait jamais été fait [remporter la coupe Dunsmore], a réagi le joueur de quatrième année qui a obtenu des gains de 312 verges par la voie aérienne. J’y rêvais quand j’étais jeune. J’avais mes billets de saison en 2002, à la première année du programme. On a réussi à faire que mon rêve devienne une réalité.»
 
Cousineau a rendu hommage à Philip Enchill dont l’attrapé sur une passe de 26 verges a ensuite conduit au placement victorieux en prolongation.
 
«Ce sont dans les grands moments que les grands joueurs ressortent. Je pense qu’il [Philip] a fait un attrapé incroyable. Je lui ai fait confiance et il ne m’a pas donné tort.»
 
Simoneau en confiance
 
Ancien des Élans de Garneau, le botteur Louis-Philippe Simoneau était confiant d’envoyer le ballon entre les poteaux lorsqu’il s’est exécuté lors de l'engagement supplémentaire pour inscrire un quatrième placement en cinq tentatives.
 
«On le pratique assez durant la semaine et la position sur le terrain était excellente», a analysé l’étudiant en relations industrielles.
 
Pour cette verte recrue de 19 ans, la sensation de battre la grosse machine du Rouge et Or de l’Université de Montréal sur ses terres était indescriptible, surtout que la formation lavalloise n’avait pas subi pareil sort à ses 70 sorties précédentes au PEPS.
 
«C’est juste incroyable. Tout le monde poussait dans la même direction et on l’a eu. On ne peut pas être plus heureux.»