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Matchs de baseball au Stade olympique: retombées limitées... pour l’instant

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Après le succès incroyable des matchs du baseball majeur disputés au Stade olympique en mars dernier, le promoteur evenko a décidé de faire venir à nouveau les Blue Jays de Toronto qui affronteront cette fois-ci les Reds de Cincinnati en avril 2015.

Malgré l’engouement évident pour le baseball dans la métropole, il est encore difficile de chiffrer les retombées.

En dépit de nos appels répétés chez Tourisme Montréal, organisme qui fait la promotion des activités dans la métropole et qui chiffre certaines retombées, personne n’était en mesure de nous communiquer l’ampleur de l’impact économique de ces matchs de baseball pour Montréal ou pour le Québec.

Même réponse chez l’Association des hôtels du Grand Montréal, qui n’avait aucune donnée à communiquer concernant les deux populaires matchs.

Ce manque d’information étonne notamment le professeur Philip Merrigan, économiste et spécialiste du marketing sportif à l’UQAM, surtout au moment où un groupe d’hommes d’affaires montréalais tente de ramener les Expos à Montréal.

«Je leur donnerais ce conseil pour la prochaine fois. Ce n’est pas compliqué de connaître les retombées. S’il y a 48 000 personnes, on arrête 500-600 de ces personnes à la fin du match, on leur pose des questions. Ça aiderait afin de favoriser le retour des Expos à Montréal. Car le nerf de la guerre, c’est le tourisme», de répondre M. Merrigan en entrevue à la Chaîne Argent.

Jusqu’à 3 millions $ de retombées ?

Voyons donc les chiffres que nous connaissons. L’événement est assurément intéressant pour evenko. La moyenne du prix des billets était de 50 $ lors des matchs présentés en mars dernier et environ 96 000 personnes se sont présentées, ce qui permet d’entrevoir des revenus de près de 5 millions $.

En vertu des chiffres d’evenko, on peut déduire que 4000 à 8000 personnes venaient de l’extérieur du Québec (6 % hors-Québec, 2 % hors-Canada).

Selon le spécialiste du marketing sportif Jean Gosselin, les visiteurs dépensent entre 350 $ et 400 $ (nuitées comprises) lors d’un voyage à Montréal. Selon nos calculs conservateurs, l’argent neuf injecté dans l’économie d’ici (des retombées nettes) serait donc d’environ 1,4 million $ à plus de 3 millions $ pour les deux matchs.

«C’est pas le deal du siècle pour Montréal actuellement. Ça peut ressembler à un gros congrès. Cela dit, c’est loin d’être négligeable, car on fait parfois des pieds et des mains pour aller chercher ce type de congrès. En plus, c’est une activité intéressante, car elle arrive à un moment où il y a moins d’activités», d’affirmer M. Gosselin.

Ce dernier a toutefois ajouté que les matchs entre les Jays et les Reds pourraient être encore plus courus. L’an passé, pas moins de 180 journalistes s’étaient accrédités pour l’événement. «L’an passé, vraiment, ça avait pris tout le monde par surprise. Le baseball est encore très populaire à Montréal», de constater M. Gosselin.

Cela dit, même si les retombées sont limitées à l’heure actuelle, il faut voir l’impact dans le temps. Dans un monde idéal, si les Rays de Tampa Bay déménagent un jour à Montréal, les retombées économiques pourraient être importantes avec 82 matchs à domicile.

«On peut penser qu’environ 10 à 15 % des gens viendront de l’extérieur, ça fait beaucoup d’argent neuf injecté. On peut espérer atteindre ce plateau lors de certains matchs notamment ceux contre les Red Sox de Boston. Il faut se rappeler que les gens du Nord-Est américain, les gens de Plattsburgh ou de Burlington, ce sont de véritables amateurs de baseball. Et dans le temps leur équipe, c’était les Expos, car ils étaient plus près de Montréal», a rappelé le professeur Merrigan.

Et la suite ?

Alors que des tractations semblent se dessiner dans le dossier du retour des Expos, ce dernier croit qu’un plan d’affaires faisant place à plus de privé est nécessaire.

«Dans le contexte actuel où le gouvernement Couillard demande aux Québécois de faire des efforts, Québec ne peut pas mettre 600 millions $ pour un stade ! Même moitié-moitié, je ne suis pas sûr que cela passe. Le privé devra s’impliquer davantage. Je pense qu’une entreprise comme Bell pourrait avoir un intérêt combiné avec la famille Bronfman», a-t-il affirmé.