Série mondiale 2014

Historique Bumgarner!

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Le nom de Madison Bumgarner était sur les lèvres de bien des amateurs de baseball, jeudi, au lendemain du triomphe des Giants de San Francisco, à la Série mondiale.

Lui-même un ancien lanceur ayant atteint les ligues majeures, le Québécois Derek Aucoin n’y a pas été dans la demi-mesure au moment de commenter les récentes performances de Bumgarner.

«On n’a jamais vu ça et on ne reverra plus jamais ça, a indiqué l’ancien porte-couleurs des Expos de Montréal. C’est vraiment historique! Honnêtement, je me considère privilégié d’avoir vu ça de mon vivant.»

Élu joueur par excellence de la Série mondiale, «MadBum» a œuvré pendant 21 manches durant le duel de sept rencontres contre les Royals de Kansas City. Le gaucher a permis à un seul adversaire de croiser le marbre, présentant une moyenne de points mérités de 0,43.

Après deux victoires obtenues plus tôt dans la série, Bumgarner est venu fermer les livres en lançant cinq manches en relève lors de la rencontre décisive.

«Ce n’est pas supposé d’être facile de même, a repris Aucoin, maintenant analyste pour la chaîne TVA Sports. On dirait qu’il n’a même pas transpiré. Il n’avait pas l’air stressé. Quand on le regardait au monticule ou sur le banc entre les manches, il avait plutôt la face du gars qui doit décider s’il met des pantalons noirs ou des pantalons bruns en se levant le matin.»

Le flegme de Bumgarner a aussi grandement impressionné Rodger Brulotte, ineffable référence dans le monde du baseball au Québec.

«Son calme et la maîtrise de ses tirs, a retenu Brulotte. Bumgarner a été incroyable. Il n’a démontré aucun signe d’impatience au monticule, jusqu’à la dernière manche quand son voltigeur a commis une erreur sur le coup sûr de (Alex) Gordon. Il aurait pu être dérangé, mais il a gardé son calme.»

Selon Brulotte, il faut effectivement remonter à très loin pour relever une telle domination par un lanceur en Série mondiale.

«Ça remonte probablement aux années 70», a-t-il avancé, saluant néanmoins au passage les prouesses de Randy Johnson, Andy Pettitte et Mariano Rivera au fil des ans.

Brulotte rappelle qu’un certain Mickey Lolich, des Tigers de Detroit, avait récolté trois victoires durant la Série mondiale de 1968, battant d’ailleurs Bob Gibson et les Cardinals de St. Louis lors du septième et ultime match. Dans cette finale, Lolich avait réussi trois matchs complets, conservant une moyenne de 1,67 en 27 manches lancées.

À sa décharge, Aucoin n’était pas encore né en 1968… La tenue de Bumgarner avec les Giants de 2014 navigue pour sa part dans les mêmes eaux. L’histoire parlera dorénavant, à deux époques différentes, de Lolich et Bumgarner.

Dynastie

Le terme «dynastie» était parmi les plus populaires, jeudi, dans les rues de San Francisco.

Le réputé quotidien San Francisco Chronicle a notamment utilisé le mot en grosses lettres sur la couverture de sa publication, lançant par ailleurs un magazine et une édition commémorative.

«Madison Bumgarner mène les Giants à leur troisième titre en cinq ans après un improbable parcours éliminatoire leur conférant une place dans l’histoire», pouvait-on lire sur le journal.

Des «t-shirts» sont aussi vendus par le San Francisco Chronicle alors que la traditionnelle parade est prévue vendredi sur Market Street. L’Halloween aura définitivement une saveur particulière pour les partisans des Giants.

Si le cœur est à la fête, certains journalistes n’ont pu patienter avant de soulever certaines interrogations.

«Pablo Sandoval va-t-il revenir ou a-t-il joué son dernier match avec les Giants?», demandait notamment Al Saracevic.

Pour l’instant, les fans des Giants préfèrent simplement se rappeler que «Panda» a capté la fausse balle de Salvador Perez pour permettre à l'équipe de remporter un troisième championnat en cinq ans.