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Un Yakupov transformé

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Sur le strict plan des statistiques, Nail Yakupov n’a rien fait de magique en ce début de saison avec les Oilers d’Edmonton. Un but, deux aides, trois points et un dossier de -6. On ne parle pas de chiffres éloquents pour le premier de classe au repêchage de 2012.

Dans l’entourage des Oilers, il y a pourtant un discours unanime à son sujet. Le Nail Yakupov de cette année est un joueur nouveau.

«C’est le jour et la nuit entre le Yakupov de cette année et celui de la dernière saison, a dit l’entraîneur-chef des Oilers, Dallas Eakins, dimanche. Son niveau de confiance est nettement plus haut. Il comprend bien comment jouer sans la rondelle, il obtient de très bonnes chances de marquer et ça manque de peu. Les statistiques vont se replacer par elles-mêmes s’il continue ainsi. Et il a été très robuste pour nous. Il est électrisant avec la rondelle.»

«Il n’a pas encore beaucoup de points, mais il travaille très fort cette année, a renchéri l’ailier David Perron. Je ne dirais pas qu’il n’avait pas l’équipe à cœur la saison dernière, mais je crois qu’il s’est présenté cette saison avec une nouvelle attitude.»

Une meilleure relation

Eakins et Yakupov n’ont pas toujours entretenu une relation très harmonieuse. Loin de là. À sa première saison l’an dernier à la barre des Oilers, Eakins lui a indiqué le chemin de la passerelle de presse à trois reprises.

À cette époque, on racontait que le torchon brûlait entre les deux hommes. Eakins cherchait à s’établir comme le shérif en ville et Yakupov lui servait d’exemple. Mais, en ce début de saison, il s’agit d’une autre histoire.

«Nail est un jeune homme très différent de l’an dernier, a raconté Eakins. C’était une saison difficile à vivre, mais au bout du compte, c’est important de le vivre, car ça te rend plus fort, tu apprends des leçons. Et il pourra aider les joueurs plus jeunes que lui qui vont vivre la même chose.»

Une question pour Dieu

Après des débuts prometteurs à Edmonton avec une récolte de 31 points (17 buts, 14 aides) en 48 matchs lors de la saison du lock-out, Yakupov a frappé un mur à sa deuxième campagne. Il n’a obtenu que 24 points (11 b, 13 pts) en 63 rencontres en plus de présenter un horrible différentiel de -33.

Questionné sur cette chute assez drastique, le Russe de 21 ans a offert une réponse des plus excentriques.

«Tu peux parler à Dieu et lui poser la question, a-t-il affirmé. Il est mieux placé que moi pour y répondre. Lui, il a toutes les réponses. Moi, je n’ai pas de réponse. »

Après une petite pause, Yakupov y est allé d’une longue énumération pour relativiser les choses. C’était assez étrange comme explication.

«Je suis en santé, j’aime la vie, la vie est magnifique, ma famille vit avec moi à Edmonton, mes amis sont en santé et je suis heureux de jouer dans la Ligue nationale de hockey [LNH], a mentionné l’ailier droit. Vous savez quoi, je fais de mon mieux sur la glace. Je ne fais rien de mal à l’extérieur de la patinoire. Je ne bois pas et je ne fais pas le clown. Je suis sérieux lors de nos entraînements. J’ai aussi les mêmes jambes, les mêmes bras et la même tête. Je mange aussi la même nourriture que l’an dernier.»

Ilya Bryzgalov, l’un des joueurs les plus particuliers des dernières saisons dans la LNH, n’aurait pas offert une meilleure réponse. Yakupov a possiblement appris de Bryzgalov qui a été son coéquipier pendant 20 matchs l’an dernier à Edmonton.