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«Je donnerais tous mes trophées pour la ravoir» - St-Louis

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Martin St-Louis a mis la main sur plusieurs honneurs au cours de sa carrière.

Coupe Stanley, médaille olympique, trophée Art Ross, trophée Hart, etc. La liste est longue. Tous ses honneurs sont accompagnés par de nombreux souvenirs.

Mais tout ça, ce n’est que matériel. S’il en avait le pouvoir, il échangerait tous ses trophées et tous ses honneurs pour avoir la chance d’être avec sa mère, décédée en mai dernier.

«Mes trophées, j’en suis fier, mais je les donnerais tous pour la ravoir», a-t-il indiqué lorsque rencontré en compagnie de son père, Normand, par la chaîne TVA Sports.

La plaie est encore ouverte. Les souvenirs de cette rude épreuve sont toujours très présents. À quelques reprises, son père et lui ne trouvaient pas les mots pour décrire leur tristesse.

La date du 9 mai 2014 restera à jamais gravée dans leur mémoire. Normand St-Louis peine d’ailleurs à raconter cette sombre journée.

«Mon épouse m’avait dit en matinée qu’elle avait mal sur le côté droit. Elle m’a dit qu’elle irait s’étendre, s’est-il souvenu.

«J’ai vu qu’elle dormait bien, alors je suis allé m’étendre dans une autre pièce. Ensuite, elle m’a appelé et m’a dit qu’elle avait encore mal. J’ai composé le 9-1-1.

«Quand je suis arrivé à l’hôpital, les médecins l’ont tout de suite amené pour qu’elle se fasse opérer. On a attendu pendant 30 minutes, puis, le médecin est venu nous voir pour nous dire qu’elle était décédée.»

Décisions difficiles

Martin, lui, était dans l’avion, à quelques minutes d’atterrir à Pittsburgh, lorsqu’il a appris la nouvelle qui a bouleversé le cours de sa vie.

Il a reçu l’appel de son père. Ensuite, le néant. Le néant dans sa tête, le néant devant lui.

«Je me suis dit : "qu’est-ce que je fais? À qui puis-je bien dire que ma mère est morte?" Quand je l’ai finalement dit, je me suis mis à pleurer.»

Il n’y avait plus rien à faire. Sa mère, France, était décédée d’un infarctus, à 63 ans.

Malgré tout, St-Louis a disputé tous les matchs de la série opposant les Rangers de New York aux Penguins de Pittsburgh.

Une décision qui n’a pas été facile à prendre.

«Il m’a demandé ce que j’en pensais. Tu ne peux rien faire de plus, tu ne peux rien changer, a soutenu Normand St-Louis.

«C’était bon pour tout le monde qu’il joue. France aurait voulu ça. Si les rôles avaient été inversés, elle aurait souhaité que les choses se passent ainsi.»

Pour sa famille

Le 11 mai, soit deux jours après le décès de sa mère, St-Louis a trouvé le fond du filet, à la fête des Mères de surcroît.

Un moment des plus émotifs.

«Ces séries de la coupe Stanley, je vais m’en souvenir assez longtemps, a souligné St-Louis. C’était mon boulot de jouer. Pas juste pour moi. Pour mon père, pour ma sœur et pour tout le monde qui aimait tellement ma mère.

«Ça m’aidait, mais je sais que je les aidais dans ces moments difficiles. Chaque fois qu’on gagnait ou que je marquais un but, on pensait à elle.»