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O’Reilly, le pacifique

Publié | Mis à jour

Ryan O’Reilly a retenu une leçon importante quand il jouait dans les rangs pee-wee en Ontario.

Plus jeune, il ne recevait pratiquement jamais de conseils reliés au hockey de la part de sa mère, Bonnie. Son père, Brian, s’occupait principalement de cette responsabilité.

O’Reilly a dévoilé son secret derrière sa discipline monastique sur une glace de la Ligue nationale de hockey.

«Je me souviens qu’à l’âge de 12 ou 13 ans, j’avais reçu un bon coup de bâton d’un rival et je m’étais promis de me venger, a raconté le numéro 90 de l’Avalanche du Colorado quelques heures avant d’affronter le Canadien de Montréal, samedi. À ma présence suivante, je l’avais frappé avec un coup d’épaule à la tête. Ma mère avait piqué toute une colère à notre retour à la maison en voiture.»

«Elle m’avait boudé pendant quelques jours, a-t-il poursuivi. Elle ne comprenait pas pourquoi j’avais répliqué d’une façon violente. Honnêtement, elle ne se souciait pas vraiment du nombre de buts que je pouvais marquer, elle voulait surtout que je contrôle mes émotions. Je n’ai jamais oublié ce moment.»

Un gentilhomme

Le mot discipline rime maintenant avec O’Reilly.

L’an dernier, il a gravé pour une première fois son nom sur le trophée Lady Byng, décerné au joueur démontrant le meilleur esprit sportif tout en conservant des statistiques remarquables.

En 80 matchs au cours de la saison 2013-2014, le joueur de centre de 23 ans a amassé 64 points (28 buts, 36 aides) et il n’a passé que deux minuscules minutes au banc des punitions.

À ses cinq premières campagnes avec l’Avalanche, O’Reilly n’a jamais visité le cachot pour plus de 18 minutes en une saison. Il a des chiffres impressionnants à ce sujet avec deux minutes de punition en 2013-2014, quatre en 2012-2013, 12 en 2011-2012, 16 en 2010-2011 et 18 en 2009-2010.

Son record personnel est de 26 minutes. Ça remonte à sa deuxième année dans la Ligue de hockey junior de l’Ouest avec les Otters d’Erie.

«Je déteste me retrouver au banc des punitions, a-t-il dit en souriant. J’ai une théorie bien simple à ce sujet. Tu ne peux pas marquer un but quand tu te retrouves au cachot. Je trouve aussi qu’il n’y a pas un pire sentiment quand ton équipe se fait marquer en désavantage numérique après une de tes pénalités.»

Le bon positionnement

Patrick Roy a offert une explication logique au jeu discipliné de son attaquant.

«Ryan joue toujours à l’intérieur des règles du jeu, a d’abord répondu l’entraîneur-chef de l’Avalanche.

«Défensivement, il est toujours en bonne position et il n’a pas besoin d’accrocher un rival pour récupérer le jeu. Sa bonne lecture du jeu lui permet aussi de se tenir loin du banc des punitions.»

Au premier coup d’œil, O’Reilly a plus le look d’un méchant garnement avec sa grosse barbe et son sourire édenté. Mais, les apparences sont souvent trompeuses...

En cinq parties depuis le début du calendrier régulier, O'Reilly a obtenu deux points (1 but, 1 aide) et il a toujours un zéro dans la colonne des minutes de punition.