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Le 50$ qui a changé la vie de Bérubé

TVA Sports / Jennyfer Exantus

Publié | Mis à jour

Jean-François Bérubé a traversé de nombreuses épreuves avant de pouvoir soulever la coupe Stanley en plein cœur du Staples Center, en juin dernier.

Sa route pour se rendre dans les hautes sphères du hockey a été parsemée d’embûches. Ses parents ont déboursé bien des sous pour lui donner une chance de se rendre aussi loin.

Mais c’est un 50$ en particulier qui a tout changé.

Un beau jour, Jocelyn Deschênes, un entraîneur des gardiens de but qui avait pris Bérubé sous son aile, a lu dans un journal que le défunt Junior de Montréal tenait un camp d’entraînement ouvert au public.

À l’époque, Bérubé venait de terminer une saison avec les Stars de Lachute, dans le junior AA Laurentides-Lanaudière.

«Il n’y avait aucune restriction, tout le monde pouvait se présenter et ça coûtait 50$. Je croyais même que c’était pour une collecte de fonds, a raconté le gardien de 23 ans lorsque rencontré par la chaîne TVA Sports.

«Il y avait plus de 100 joueurs à ce camp et une vingtaine de ceux-là étaient des gardiens. Je suis allé là-bas pour créer la surprise et pour faire l’équipe.»

Bérubé, originaire de Repentigny, ne voulait pas rater sa chance. Avant de se joindre aux Stars, le Québécois avait été retranché du midget AAA et peinait à se trouver une équipe dans le AA. On lui avait même proposé de tenter sa chance au midget B. Une voie qu’il ne voulait surtout pas emprunter.

Après avoir joué une saison avec les Stars, son rêve d’un jour faire le saut dans la Ligue nationale avait quelque peu perdu de sa superbe.

Il a donc redoublé d’efforts pour finalement se tailler une place au sein du Junior, avec lequel il a joué pendant trois saisons.

Quand les astres son alignés…

Au repêchage de 2009, l’apothéose. Le nom de Bérubé est prononcé par les Kings de Los Angeles.

«Je ne m’étais pas fait d’attentes, mais on dirait que les astres sont toujours alignés pour moi», a souligné Bérubé, un grand sourire aux lèvres, et arborant fièrement son chandail des Kings.

De 2011 à 2013, le choix de quatrième tour des Kings a joué dans la ECHL. Il a par la suite disputé une première campagne complète en 2013-2014 avec les Monarchs de Manchester, dans la Ligue américaine.

«Je ne l’ai pas eu facile au cours des deux dernières années. J’ai joué dans la ECHL, et c’est un peu comparable au junior AA, a soutenu Bérubé.

«Les joueurs de cette ligue sont de plus en plus âgés et leur rêve commence à être loin derrière eux. C’était dur, mais ça m’a aidé à m’ajuster.

«Dans la Ligue américaine, la compétition est plus féroce et l’enjeu est beaucoup plus important.»

Soulever la coupe Stanley

Bérubé a trimé dur, mais ses efforts ont grandement été récompensés lors du grand bal du printemps.

C’est qu’il a fait partie des «black aces», ces joueurs que les Kings rappellent par mesure préventive lors des séries éliminatoires.

«On s’est fait accueillir comme si on faisait partie de l’équipe. On ne se sentait pas exclus ou comme des réservistes», a-t-il précisé.

En tant que troisième gardien, il a pris part aux entraînements de l’équipe, et c’est pourquoi il a pu soulever le Saint Graal du hockey le 13 juin dernier.

Celui qui n’a pas encore eu la chance de disputer un match dans la LNH ne verra pas son nom sur la coupe, mais ce moment restera à jamais gravé dans sa mémoire.

«C’était stressant. On aurait mieux aimé être sur la glace que dans le vestiaire parce qu’on ne contrôlait rien. On ne pouvait pas aider l’équipe, a-t-il expliqué.

«Quand ils ont marqué le but gagnant en prolongation, c’était assez chaotique. On se sautait dans les bras. On est ensuite allés sur la glace. L’énergie dans le Staples Center était incroyable, c’était inoubliable.»

Ce moment, Bérubé s’en souviendra toujours. Mais lorsqu’il raconte son parcours, assis dans les estrades de l’aréna où il a joué avec les Stars de Lachute, il se souviendra surtout des obstacles qu’il a traversés pour y parvenir.