Photo : Sylvier Bernier (centre) avec Patrice Bergeron (gauche) et Louis Garneau. Crédit : Agence QMI

Cyclisme

Granfondo : avec et pour les vieux amis

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Dans l’espoir de contrer l’isolement, une solution simple existe: se regrouper. Plus de 2800 cyclistes et joggeurs ont occupé la route 138 de Trois-Rivières à Saint-Augustin, dimanche, unis pour la cause des Petits Frères visant à briser la solitude chez les aînés.

Le Granfondo Garneau Québecor est une randonnée cyclosportive de 110 kilomètres qui en était à sa sixième présentation. Cette année, on avait ajouté une épreuve de course à pied de 10 kilomètres.

Au final, les 2700 cyclistes et 150 coureurs, qui avaient chacun déboursé respectivement 125 et 50 $ pour leur journée d’efforts, verseront plus de 100 000 $ pour l’entretien du chalet des «Vieux Amis» au lac Saint-Joseph et pour poursuivre l’oeuvre des Petits Frères auprès des personnes âgées seules.

«Je voulais y participer pour la course, mais aussi pour la cause en soi. On ne sait jamais, ça pourrait m’arriver à moi aussi», a exprimé Jean-Pierre Roy, de Saint-Augustin, un fringant coureur de 75 ans qui venait de franchir les 10 kilomètres en un chrono respectable de 1 h 08 min.

Sylvie Bernier a vite accepté

Noble hasard, l’âge de ce participant correspond au premier des deux critères pour adhérer à la confrérie des «Vieux Amis» des Petits Frères. Vivre seul, sans lien affectif ou contact social s’avère l’autre condition à laquelle répondent les 871 hommes et femmes âgés d’au moins 75 ans bénéficiant cette année des services dans le réseau québécois de l’organisme.

«Dans notre société, l’individualisme prend une place de plus en plus importante et conduit parfois, malheureusement, à l’exclusion de nos personnes aînées. C’est triste parce qu’elles représentent tellement de vécu, d’expérience et de sagesse. Les champions de notre journée d’aujourd’hui, ça devrait être elles», a raconté l’ex-plongeuse Sylvie Bernier, ambassadrice des saines habitudes de vie pour Québec en forme qui agissait comme présidente d’honneur de ce premier défi de 10 km à pied.

«Alors quand Louis (Garneau), qui est un ami, m’a demandée de m’associer à la journée, c’était tout naturel pour moi de dire oui.»

Les lièvres et les tortues

Dans la fournaise de ce dimanche, certains cyclistes n’ont pas traîné, dont le Montréalais Fabien Lemaire. La tête dans le guidon, il a mis le chrono le plus de rapide, 2 h 31 min, pour compléter le parcours de 110 km. D’autres ont pris plus de cinq heures. Entre amis, la sortie servait de prétexte pour aider les «Vieux Amis».

Bien avant le flot de cyclistes, Louis Lévesque était entré fièrement bon dernier de la course à pied de 10 km en 1 h 27 min. Ce travailleur de nuit dans un marché à grande surface, porteur du dossard 3350, ne voulait pas rater le rendez-vous.

«Cinquante piastres, je ne trouvais pas ça cher pour la cause», a expliqué le résidant de Beauport qui en a déjà vu d’autres avec ses 46 marathons et trois ultra-marathons.