Sotchi: destination gambling?

Photo : Ce chien est probablement le seul "usager" du village des médias Crédit : TVA Sports/Paul Rivard

Paul Rivard

Les «autres» Jeux de Sotchi

Les «autres» Jeux de Sotchi

Paul Rivard

Publié 09 juillet 2014
Mis à jour 10 juillet 2014

Des installations olympiques qui tombent en décrépitude et dans l’oubli ce n’est pas nouveau.

C’est exactement le sort que la majorité des observateurs prédisaient à ces Jeux pharaoniques que Vladimir Poutine et sa Russie se sont organisés dans un endroit de villégiature nommé Sotchi, en bordure de la Mer Noire, dans le but d’en faire exploser le développement commercial et touristique.

Mais outre ce sort peu prestigieux, un autre, visant à éviter le premier, risque de tomber sur cette station balnéaire près des sites olympiques de février 2014.

Selon le vice-Premier ministre russe, Dmitry Kozak, on voudrait y créer une zone de jeux de hasard afin d’éviter que le tout ne tombe en faillite.

Il faut dire que des douzaines de compagnies privées avaient mis l’épaule à la roue pour supporter économiquement ces projets à faible viabilité et qu’ils attendaient éventuellement un retour d’ascenseur du Kremlin.

Les Jeux de Sotchi ont coûté 51 milliards. Une bonne partie de ces investissements ont servi à améliorer les infrastructures routières et à construire une station de ski de l’envergure des centres européens renommés.

Ce projet de Vladimir Poutine comprenait 14 sites de compétitions pour une capacité totale de 145 000 spectateurs.

Après les Jeux, les projets d’avenir de ces sites ont constamment été modifiés, passant de centres commerciaux à des installations pour les fédérations sportives. Maintenant, c’est l’option «gambling» qui semble séduire le plus.

Curieusement, il n’existe qu’une seule zone de jeux de hasard en Russie, et elle se trouve tout près, dans la ville d’Azov sur les bords de la mer du même nom, à 550 kilomètres au nord de Sotchi.

En 2009, la Russie avait fermé la plupart des casinos à travers le pays et restreint les activités de paris à certaines zones éloignées des grandes villes et de la présence des touristes.

Autre pari risqué

Pour y être allé et y avoir constaté à quel point ces infrastructures olympiques avaient poussé comme des champignons, je me suis rapidement joint à tous ceux et celles qui ne prédisaient pas un grand avenir à l’après-Jeux, dans la région de Adler (30 km. de Sotchi) où se trouvait le parc olympique.

Un mois seulement après la cérémonie de clôture, quand tout le monde a plié bagages, voici ce qu’on découvrait sur le blogue d’un photographe russe, Alexander Valov.

Même si vous n’êtes pas familier avec le russe, vous retrouverez l’essence de l’expression : «une image vaut mille mots». Imaginez plusieurs images…

Sotchi était devenue ce qu’on craignait, une ville-fantôme. La seule chose qu’on n’avait pas prévu, c’est que ça se produirait aussi vite. Nous verrons maintenant si les adeptes du jeu feront vivre l’endroit plus longtemps que les adeptes des Jeux.

Un pari que je n’oserais me risquer à prendre.