Photo : Alex Harvey, 18e au skiathlon. Crédit : REUTERS/Sergei Karpukhin © Thomson Reuters 2014

Sports amateurs

«Alex, on t'a laissé tomber»

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Un mauvais fartage a bousillé l'entrée d'Alex Harvey aux Jeux olympiques de Sotchi, dimanche, quand il a dû se contenter de la 18e place au skiathlon de 30 kilomètres.

Dans la première moitié jouée en style classique, des skis sans la retenue requise dans les montées a coulé le Québécois pour la suite du concours remporté au sprint par Dario Cologna en 1 h 8 min 15 s.

Le Suisse a prouvé qu'il était rétabli d'une opération ligamentaire à une cheville, subie en début de saison, alors qu'il a résisté à l'assaut du Suédois Marcus Hellner, champion olympique déchu de cette épreuve, suivi du Norvégien Martin Johnsrud Sundby.

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Mea culpa des farteurs

Le farteur en chef de l'équipe canadienne, Yves Bilodeau, a pris le blâme au nom de ses collègues pour le mauvais choix de cire pour les skis en style classique, plus sensibles que ceux en style libre utilisés dans les 15 derniers kilomètres de l'épreuve.

La température extérieure a soudainement augmenté durant le deuxième tour et, les conditions de neige ayant changé, le choix d'une cire plus dure ne convenait plus.

«On lui a dit après la course: “Alex, on t'a laissé tomber. On ne t'a pas donné ce qu'il te fallait pour pouvoir t'exprimer”», nous a avoué Bilodeau.

«Avec mes skis de style classique, c'était déjà game over après le deuxième tour. Je n'avais pas d'adhérence du tout. J'ai perdu 45 secondes sur l'avant de la course en poussant à 100 %, alors que les gars devant étaient encore à 75 ou 80 %», a exprimé Harvey, le ton calme malgré la déception.

Le mal était fait

Au terme des trois premières boucles de cinq kilomètres, le Québécois accusait 48 secondes de retard sur un peloton de tête costaud de 18 concurrents qui s'était formé, dont l'éventuel trio du podium, ainsi que les Russes Vylegzhanin et Chernousov, le Norvégien Petter Northug et le Français Maurice Manificat.

À sa sortie de l'aire de transition, Harvey a cru pouvoir gruger l'écart en chaussant ses skis de style libre, mais à condition que la meute à l'avant ralentisse. Ce qui ne fut pas le cas. Le mal était fait.

«En skate (NDLR: style libre), je voulais voir comment je me sentais. Avec des skis égaux aux autres, c'était vraiment bon. J'ai même laissé le groupe avec lequel je skiais et j'ai rattrapé les autres devant moi, mais dans le dernier tour, ça ne donnait plus grand-chose», a réalisé l'athlète de 25 ans, recalé à 1 m 44 s du gagnant.

«Le fartage, c'est la seule explication parce que le focus et la forme étaient là. Il y a deux jours, Alex a fait des intensités avec Devon (Kershaw) et il avançait comme un avion», a partagé son entraîneur, Louis Bouchard.

«Ça arrive»

Les saisons de six mois vécues en Europe tricotent les mailles serrées dans l'équipe canadienne. Athlètes, entraîneurs et farteurs gagnent et échouent ensemble. Une réunion au terme de la déception de dimanche a été convoquée. Ensemble, la page a été tournée.

«Physiquement, je sais que je suis dans le coup», a rappelé Harvey, confiant pour la suite des choses, dont le sprint individuel de mardi.

«Les skis, ça arrive, et je sais que les farteurs vont le prendre dur, mais ils vont rebondir. En ski de fond, ça arrive souvent, mais on espère toujours que ça ne nous arrivera pas à nous. Mais aujourd'hui [dimanche], c'est à nous que c'est arrivé.»

«C'est une chance olympique qu'on vient de brûler», a exprimé Bilodeau.