Alex Harvey

Photo : Alex Harvey dans le dernier droit avant Sotchi Crédit : REUTERS/Allessandro Garofalo

Paul Rivard

Des nouvelles d'Alex

Des nouvelles d'Alex

Paul Rivard

Publié 29 janvier 2014
Mis à jour 29 janvier 2014

Au nombre des athlètes québécois sur qui on fonde de beaux et bons espoirs en vue d’un podium russe, il y a le skieur de fond Alex Harvey.

Ses réalisations en Coupe du Monde et, surtout, au fameux «Tour de ski», présenté pendant la pause des Fêtes (pause pour nous… certes pas pour lui), ont non seulement rassuré ses compatriotes, mais elles ont fait de Harvey un prétendant régulier aux honneurs, lors des grands rendez-vous de ce sport.

***En passant, si vous avez raté le portrait de 30 minutes, consacré au fondeur de Saint-Ferréol-Les-Neiges, pendant les Fêtes, vous pourrez le revoir en rediffusion à TVA Sports, le 6 février, à 19h00, ainsi que le 7 février, à 00h30 et 17h00 ***

On a peu entendu parler de lui, lors des derniers jours mais, comme me l’a confié son agent Denis Villeneuve, ce n’est pas parce qu’il est en vacances. Alex est présentement en camp d’entraînement à Seiser Alm, dans les Dolomites, au Nord de l’Italie, pour sa préparation finale.

Le programme

À tous ceux qui se demandent si Alex fera TOUTES les épreuves, à Sotchi, la réponse est non. À 99%. Il sera assurément aux départs du sprint individuel, du sprint par équipe et du 50 kilomètres. Il fera peut-être le 30 km ou le 15 km. Pour le relais 4x10km, n’y comptez pas trop. Comme l’équipe canadienne a peu de chances de performer, le quatrième membre de l’équipe régulière récupérant lentement d’un problème au genou, tous s’entendent sur le fait qu’il doit préserver son énergie pour des épreuves où il y a chance de médailles.

Alex arrivera à Sotchi le mardi 4 février, mais il ne participera pas à la cérémonie d’ouverture comme plusieurs autres athlètes de tous les pays qui choisissent de faire l’impasse sur cet événement, si prestigieux et inoubliable soit-il dans leur carrière. La raison pour laquelle ils sont aux Jeux reste la plus importante. Performer au maximum de leur condition et éviter tout déplacement ou toute fatigue.

En compagnie de son entraîneur, Louis Bouchard, Alex travaille sur les derniers petits détails. Je partage avec vous quelques notes qui m’ont été envoyées par courriel. Vous saurez donc tout sur celui qu’on surnomme déjà la «Formule Un» du ski de fond canadien.

Détails de la préparation

«L’altitude (2 000 mètres) et les 4 à 5 heures de ski par jour en «zone 1» vont permettre à Alex de bonifier toute la forme qu’il a accumulée jusqu’ici. Le plan de cette année est exécuté à la lettre et, nous avons été en mesure de le constater, les résultats sont au rendez-vous. Début de saison progressif en vue d’être prêt pour le Tour de ski considéré comme une période de surcharge d’entraînement, voulu, il va sans dire.

Alex a profité d’un très bref repos après le Tour pour tester de nouveau sa forme lors du week-end suivant de compétitions en Pologne. Avec une victoire au sprint et une quatrième place «prudente» au 15 km du lendemain, le test s’est avéré on ne peut plus positif.

Le programme à Seiser Alm est de «presser le citron» (Expression de Louis Bouchard lui-même). Même avec les super résultats des dernières semaines, Louis croit fermement qu’Alex doit encore monter sa forme d’un cran!

À travers les longues sorties en «zone 1» (20 heures au cours des cinq dernières journées!) Alex fait aussi des séances d’entraînement en intensité, mais celles-ci à plus basse altitude. L’objectif de l’entraîneur, c’est en quelque sorte de «fatiguer» Alex.

Le séjour à Seiser Alm, d’une durée de 9 jours, conduira ensuite l’athlète à la compétition de Toblach (Tyrol du sud, Italie) où il devrait participer au 15 km (classique départ individuel) du samedi (1er février) et au sprint de dimanche (2 février). Question de gérer les attentes, Alex va arriver à Toblach avec une certaine fatigue qu’il aura volontairement accumulée les semaines précédant la compétition.

L’enjeu à Toblach ne sera pas nécessairement d’obtenir de percutants résultats, mais plutôt de remettre la machine en marche avec toutes ses vitesses. Ensuite, en fonction de l’état du moteur et de la boîte de transmission, Louis apportera les ajustements nécessaires la semaine avant le début des Jeux. C’est là que Louis devrait ressortir son tournevis magique! Combien de tours à droite, combien de tours à gauche, c’est le magicien qui devra décider … C’est complexe une Formule 1, mais quand c’est au point, ça donne des résultats comme ceux des dernières semaines. »