Photo : George Parros a subi une commotion cérébrale mardi. Crédit : Agence QMI

Enrico Ciccone

Suis-je vraiment dans le champ?

Suis-je vraiment dans le champ?

Enrico Ciccone

Publié 03 octobre 2013
Mis à jour 04 octobre 2013

Suis-je dans le champ ou déconnecté de la réalité du hockey pour penser que le sport pourrait bien vivre sans les bagarres?

À la question, doit-on retirer les bagarres demain matin sans une refonte du livre des règlements ni une formation adéquate pour les arbitres, la réponse est non.

Pourquoi?

Parce qu’en ce moment, ni la ligue ni les arbitres ne protègent adéquatement les joueurs sur la glace. Que ce soit un joueur étoile, un joueur de rôle ou même un pugiliste.

Résultat : les joueurs doivent se protéger eux-mêmes contre l’abus, contre l’intimidation et contre les charges des adversaires.

J’ai toujours cru que la coercition allait de pair avec la prévention. Alors, pourquoi ne pas prévenir au lieu du guérir?

Les amateurs sont-ils si assoiffés de sang que cela pour les traiter d’hypocrites? Ou sont-ils des gens normaux, qui ont instantanément une montée d’adrénaline et d’émotion à la vue d’une bagarre, comme tout conducteur qui ralentit à la vue d’un accident pour voir du sang?

L’amateur, qu’il aime ou qu’il n’aime pas les combats, se lèvera naturellement de son siège face à une confrontation entre deux hommes et l’émotion, qu’elle soit positive ou négative, prendra le dessus.

Pourquoi ne rien dire?

Loin d’être un psychologue ou un philosophe, moi, qui déteste et qui détestait me battre, je suis le premier à me lever de mon siège quand il y a une bagarre au Centre Bell ou même à la télévision.

Plusieurs me diront que j’ai gagné ma vie en ayant cet outil dans mon coffre. Alors quoi, je devrais me la fermer et ne rien dire?

Mais qui donc est mieux placé que celui qui a été coupé au visage, qui a eu des fractures, qui a subi des opérations et qui est passé à deux doigts de perdre une main à cause des bagarres, pour en parler et changer sa philosophie?

J’ai très bien gagné ma vie en frappant, en fracturant et en faisant vivre les chirurgiens plastiques. Mais cela ne veut pas dire que j’aimais ça et que j’étais heureux dans ce que je faisais.

On a le droit de changer notre fusil d’épaule et de détester voir un membre de notre confrérie s’écrouler dans son sang.

Et même si ça n’arrive pas tous les soirs, et que la plupart des bagarres se terminent sans trop de dommages, une mort pourrait être de trop.

Personnellement, je trouverais ça insupportable.

Je prends les devants et je dis ceci à tous ceux qui vont me traiter d’hypocrite : SI PENSER DE CETTE FAÇON FAIT DE MOI UN HYPOCRITE, ALORS DONNEZ-MOI LE DRAPEAU DE L’HYPOCRISIE, ET JE LE PORTERAI BIEN HAUT.